L’augmentation de l’allocation touristique vient d’être annoncée, à l’issue du conseil des ministres de ce dimanche 8 décembre. Celle du hadj aussi. Combien coûteront-elles au Trésor public ? Mystère.
Encore des mesures populistes sans chiffrage économique. Une réunion consacrée à plusieurs dossiers dont celui du règlement définitif du dossier de la prise en charge des victimes des inondations de septembre dernier et à l’accélération de la mise en oeuvre du plan de modernisation du réseau ferroviaire.
Mais la décision qui va, sans doute, réjouir les Algériens concernés est l’augmentation du montant du pécule alloué, une fois l’année, à chaque Algérien désirant voyager, a l’étranger.
Une augmentation annoncée via le communiqué de la présidence de la République, diffusé, à l’issue de la dite réunion du Conseil des ministres.
En effet, le montant annuel de l’allocation touristique à été porté à 750 €, pour chaque voyageur algérien adulte et à 300 € pour chaque voyageur algérien mineur. Les augmentations prendront effet. à compter de janvier 2025.
Jusque-là, un Algérien est autorisé à dépenser, une fois l’année, l’équivalent de 15 000 dinars algériens en devises, soit entre 95 et 100 € maximum. Voilà qu’il est gratifié d’une augmentation sans bouger le petit doigt. Vive l’assistanat. La rente pétrolière y pourvoira.
Quant à l’allocation du Hadj, elle a été fixée à 1 000 dollars. Si le hadj est à celui qui peut le faire comme énoncé clairement dans le texte coranique, cette mesure ne peut être lue que sous l’angle clientéliste et populiste.
Il faut rappeler que la demande d’augmentation de l’indemnité de voyage est très ancienne et de nombreuses demandes ont été soumises à ce sujet, au gouvernement, par les parlementaires mais elles ont toutes échoué.
En 2023, la commission des Finances de l’Assemblée populaire nationale (APN) a demandé une révision de la petite bourse de voyage dont bénéficient les Algériens lorsqu’ils quittent le territoire national.
Cette mesure est inévitablement populiste et ne répond à aucune économie. Bien au contraire. Les autorités ne donnent aucun chiffre sur le coût de cette augmentation qui ne bénéficie nullement à l’économie nationale. Comme au demeurant celle pour le Hadj. Ce sont donc encore une fois des millions d’euros qui bénéficieront à une partie d’Algériens qui partiront à l’étranger dépenser l’argent public sans aucune retombée sur la consommation intérieure encore moins donc sur l’activité économique nationale.
Samia Naït Iqbal