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Qui a autorisé Ould Kaddour à faire du business avec les fonds de Sonatrach ?

Tribune

Qui a autorisé Ould Kaddour à faire du business avec les fonds de Sonatrach ?

Le nouveau PDG de Sonatrach, en prenant la parole par excès, a surpris plus qu’un par sa sortie lors de la présentation de ce qu’il appelle « stratégie SH2030 » devant les cadres et les travailleurs de l’aval pétrolier au siège de Sonatrach LRP (liquéfaction-raffinage-pétrochimie) en invitant bien entendu et comme le faisait son ami Chakib Khelil les «experts» qu’ils lui sont favorables et qui bénissent voire valident sa démarche.

En effet, à peine un peu plus d’une année depuis qu’il a pris les rênes de Sonatrach, il a pris la décision de l’orienter « business ». «Nous sommes une entreprise business-oriented, nous faisons des affaires, la stratégie financière est très importante», dira t-il. Or, faire des affaires, cela suppose anticiper des risques pour lesquelles le mastodonte n’est pas encore prêt de part son organisation, ses objectifs et surtout sa phase de développement.

En effet, ce dernier est caractérisé par une très forte bureaucratie qui, au stade actuel, ne lui permet pas une perspective claire pour une telle aventure financière. Sonatrach pourra le tenter s’il elle n’avait pas de responsabilité sociale beaucoup plus importante que celle de son profit vis-à-vis de la nation algérienne. C’est d’autant plus important que le paysage économique mondial a fortement évolué depuis la crise de 2008.

L’horizon du business est très sombre et les opportunités qui s’offrent aux affaires restent l’apanage des dinosaures comme les multinationales pétrolières qui attirent des novices comme les ambitieux managers dans leurs souricières. Les exemples de la vente de la raffinerie d’Augusta par ExxonMobil, l’association très inutile de Total et sa consœur Repsol sur le bloc 238 de Tin Fouyé Tabankort pour ne citer que ceux-là restent édifiants et l’avenir nous le dira.  

Sonatrach, pour faire des affaires, il faudrait d’abord qu’elle se débarrasse de son côté social qu’il lui collera à la peau jusqu’au décollage effectif de l’économie du pays pour lequel elle acte, qu’elle ouvre son capital sans conséquence pour la société, qu’elle maîtrise ses coûts soit en augmentant sa productivité soit en compressant son effectif, ce qui paraît au stade actuel pratiquement impossible sous peine de tout chambouler.

Maintenant sur le plan statutaire, tout porte à croire qu’Ould Kaddour outrepasse ses prérogatives en déviant Sonatrach de sa mission publique. Sonatrach n’est pas Aramco qui appartient à la maison royale mais à l’Etat qui détient l’ensemble de ses actions.

Son PDG est nommé par décret du président investi par le peuple uniquement pour assurer l’administration, la gestion et la guider vers la direction et l’orientation que lui indique son propriétaire. (Article 11-1 du statut de Sonatrach). Il est donc responsable du fonctionnement général  de la société et surtout il participe seulement à l’assemblée générale peut-être même sans lever le doigt mais prendre part seulement. Cette assemblée générale par contre dispose du pouvoir d’une réorientation et notamment de prise de participation des sociétés en Algérie et l’étranger dans un cadre réglementaire.

Ces organes qui régissent Sonatrach à savoir l’assemblée générale, le conseil  d’administration se sont- ils réunis pour la décharger de sa casquette sociale pour la réorienter business ? Y aurait-il un pilote dans l’avion pour rappeler à l’ordre ce PDG de ses dérives quotidiennes et selon toute vraisemblance sans limite euphorique. Pourquoi ?

Prétendre élever notre vieille mère Sonatrach parmi les cinq miss mondiales est réellement un pur fantasme.    

                                                                                                                      

Auteur
Rabah Reghis

 




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