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Trois frères d’Anouar Malek arrêtés

La famille Anouar Malek paye pour les positions critiques de son fils et frère.

Des éléments de la gendarmerie ont fait irruption, dimanche 13 août 2023, dès potron-minet, au domicile du père, âgé de 90 ans, d’Anouar Malek, activiste et youtubeur installé à l’étranger.

Les gendarmes ont procédé d’abord à l’arrestation d e ses deux frères résidant à Chréa wilaya de Tébessa) avec leur père puis ils se sont dirigés vers une autre habitation pour arrêter l’aîné de la fratrie, selon le communiqué du Comité national pour la libération des détenus d’opinion (Cnld).

Le frère aîné a été relâché après son audition. Mais les deux autres frères de l’activiste et militant Anoua Malek ont été transférés de la brigade de la gendarmerie de Chrea vers Tébessa.

Ces deux derniers ont été déjà révoqués des rangs de la gendarmerie, après 23 ans pour l’un et 18 ans pour l’autre de service au sein de ce corps, pour le simple raison qu’ils sont les frères d’Anouar Malek, ajoute la même source.

Le neveu du youtubeur et activiste a été également arrêté il y a une quinzaine de jours à cause d’une vidéo qu’il a filmée et qui a été partagée sur une page d’un opposant à l’étranger.

Il est accusé « d’entretenir des liens avec une organisation terroriste, offense au président de la république et au premier ministre ainsi qu’au wali de Tébessa et diffusion de fausses informations de nature à nuire à l’intérêt national ». L’accusation est vite trouvée, la justice mise au garde à vous pour exécuter la sentence.

La grande démocratie à la Tebboune fait chaque jour ses preuves. A défaut de faire taire cet activiste à l’étranger les autorités s’en prennent donc à sa famille. Cette histoire rappelle celle de Noureddine Boukrouh, ancien ministre et journaliste. Réfugié en France, il avait publié un certain nombre de tribunes politiques qui ont eu le mérite d’irriter les autorités à telle point qu’elles se sont vengées sur sa famille.

Après avoir fait taire toute expression libre en Algérie, tout porte à croire que les autorités s’emploient à mettre la pression sur les familles des activistes basées à l’étranger. C’est manifestement la seule façon qu’elles ont trouvé de les faire taire.

Chaque semaine, des activistes sont arrêtés, certains sont condamnés à la prison ferme, d’autres soumis à d’impitoyables pressions. Près de 300 détenus d’opinion croupissent dans les prisons. Ainsi va « la nouvelle Algérie » de Tebboune-Chanegriha. Un jour prochain, on s’en souviendra. L’histoire jugera les errements, le désespoir et l’arbitraire institutionnalisés.

Yacine K.

 

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