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Un récit inspiré de personnages réels

« El Maisonnette » de Tahar Helissi

Un récit inspiré de personnages réels

El-Maisonnette est un roman inspiré de faits réels. C’est un peu l’Algérie qui vit d’insondables bouleversements. L’auteur, Tahar Helissi, dit Tahir, raconte l’histoire d’une Maisonnette durant une période où le pays vivait dans une sérénité, enfin de confiance sur presque tous les plans de manière générale. Cette histoire raconte des personnages réincarnés en personnes politiques indésirables durant les années 70 et 90.

L’histoire a été inspirée des faits réels, tirés des personnages qui étaient voyous et devenus plus tard des personnalités politiques et décideurs durant la décennie noire. Le romancier l’a intitulé El-Maisonnette ou mieux encore* Les diables sont des héros. Les noms des personnes décrites dans le texte sont imaginaires bien entendu et reflètent quelque part une vérité des pratiques abjectes qui ont été vécues par des personnes avant et durant la décennie noire. L’histoire débute au tout début des années 70 pour se terminer en 1988, lorsque le pays vivait dans la sérénité. Il décrit El-Maisonnette, une vieille bâtisse abandonnée, située à l’intérieur d’une gare, fréquentée généralement par des marginaux. Cette dernière a été squattée par un ou des groupes de gangs, marginaux. On les appelle les rejetés de la société ; ils s’y retrouvaient chaque jour pour boire et y reboire des boissons alcoolisés en fumant sans cesse les « calumets de la paix ». De là, un soir le groupe de malfrats en compagnie d’un petit homme ne dépassant pas une hauteur de 80 cm tout au plus (un nain) avaient préparé déjà un plan afin d’organiser un hold-up sauf que ce dernier avait coïncidé avec la fameuse date du 5 octobre 88 et depuis, la situation avait pris une autre tournure. Les personnages « voyous » dit Echayatines, ou diables, se sont transformés en hommes politiques dans le parti de l’opposition x et sont devenus héros dans le parti cité. En réalité ce sont des voyous portant des barbes et qamis mais sans conviction. Juste pour se racheter une réputation et se refaire une place au soleil.

L’annulation du processus électoral en 1992 chamboule tout. Le terrorisme, la terreur finit par profiter aux opportunistes. Il a aussi permis à ceux-là d’investir et d’occuper les postes de chefs dans les groupes de terroristes durant les années de braises.

Ceci, dit, les diables qui ont cru être, un moment donné, des barons et de grands caïds  ont fini par se retrouver au point de départ. En fait, dans ce roman, l’auteur parle de l’effondrement des échelles des valeurs non seulement humaines et beaucoup plus sociales. Aussi, il explique l’anarchie, le gain facile et l’attrait du pouvoir qui ont gagné les classes supérieures et les politiques.

L’auteur est un homme de terrain. En vrai, Tahar Helissi est un journaliste avant d’être un romancier. C’est un enfant des Aurès, cette terre rude, gorgée de sang et de sueur. Il est né à Batna, d’une famille originaire de Chaabat Ouled Chelih, commune distante de 16 km dont la population est totalement chaouie. Après les cycles primaire, moyen et le lycée, il rejoint l’université de Batna. De là, il devient journaliste et occupe le poste de directeur de l’agence de presse Echourouk de Batna.

Auteur
Abdelmadjid Benyahia

 




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