Le Venezuela a annoncé ce jeudi 8 janvier 2026 la libération de « nombreux prisonniers » politiques, sans préciser le nombre ou la nationalité des personnes libérées. La militante et avocate Rocio San Miguel fait partie des prisonniers remis en liberté. Les États-Unis se félicitent d’un « exemple » de l’« influence » de Donald Trump.
Le Venezuela a annoncé ce jeudi 8 janvier 2026 la libération de « nombreux prisonniers », parmi lesquels figure la célèbre avocate et militante Rocio San Miguel. Cette annonce intervient alors que le Venezuela est mis sous pression par Washington depuis la capture le 3 janvier par des troupes américaines de Nicolas Maduro, et quelques jours après le début, lundi, du mandat de la présidente par intérim, Delcy Rodriguez.
Il s’agit de la première vague de libérations depuis l’enlèvement du président Maduro à Caracas, que Washington entend traduire en justice aux États-Unis pour, notamment, narco-terrorisme.
L’Espagne salue un « acte de justice »
Le gouvernement espagnol a annoncé dans la foulée la libération de cinq Espagnols, précisant qu’ils « s’apprêtent à rentrer en Espagne ». Parmi eux Rocio San Miguel, qui possède aussi la nationalité espagnole. Elle avait été arrêtée en février 2024, et son procès plusieurs fois reporté. Elle « va bien », a affirmé à l’AFP son avocate Theresly Malave au téléphone.
Le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, a salué « un acte de justice », la Maison Blanche un « exemple » de « l’influence » de Donald Trump.
Ces libérations sont « un geste unilatéral du gouvernement » afin « de favoriser la coexistence pacifique », a de son côté fait valoir Jorge Rodriguez, le président du Parlement du Venezuela, sans préciser le nombre ni la nationalité des détenus relâchés.
L’ONG Foro Penal, qui estimait avant jeudi à 806 le nombre de prisonniers politiques au Venezuela, dont 175 militaires, s’est félicitée de la « bonne nouvelle ». En septembre, un groupe d’experts de l’ONU avertissait d’un durcissement de la persécution pour motifs politiques au cours des derniers mois au Venezuela. Certains parmi eux ont été écroués à la l’Hélicoïde, une prison redoutée et gérée par les services de renseignements.
Journalistes arrêtés, prison et censure
Le 5 janvier, les forces vénézuéliennes ont temporairement arrêté 14 journalistes lors de l’investiture de la nouvelle présidente, Delcy Rodriguez, à l’Assemblée nationale à Caracas, la capitale, selon le Syndicat de la presse vénézuélienne, rapporte Reporters sans frontières. Depuis, quatre autres journalistes ont été arrêtés à la frontière : deux Espagnols, un Mexicain et un Colombien. Bien que tous aient été libérés quelques heures plus tard, au moins six journalistes sont emprisonnés depuis près d’un an en raison de leurs activités professionnelles, selon la même ONG.
Le Venezuela occupe la peu enviable 160e place sur 180 pays et territoires dans le Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF en 2025.
Avec RFI/AFP

