Le communiqué commun rendu public hier lundi à l’issue de l’échange téléphonique entre Abdelmadjid Tebboune et Emmanuel Macron évoque une prochaine rencontre des deux chefs d’Etat.
Pour l’heure, le lieu ou le format de cette rencontre au sommet ne sont pas connus. Cependant cette information laisse entendre qu’Abdelmadjid Tebboune pourrait finalement faire sa visite d’Etat cette année à Paris. Est-ce le prix du renoncement à évoquer l’alignement de Paris sur Rabat concernant le dossier sahraoui. Ce qui, rappelons-le, a été à l’origine de la crise entre Alger et Paris.
Car, il faut souligner que le communiqué commun a complètement éludée cette question. Paris et Alger affichent néanmoins leur volonté de reprendre la coopération, nous dit-on. Déjà, on est loin des accusations et guerre à coups de petites déclarations dans la presse. Ce qui est de bon augure. Et à Paris, Emmanuel Macron semble avoir repris la main sur le dossier Algérie.
En attendant donc cette éventuelle visite d’Etat, les présidents ont acté la visite de Jean-Noël Barrot, ministre des Affaires étrangères. Celle du ministre français de la Justice, Gérald Darmanin à Alger aura pour dossier à traiter celui des Algériens en situation irrégulière. L’expulsion prochaine d’influenceurs algériens sera aussi traitée certainement. Voilà qui va conforter Bruno Retailleau et ses supporters !
Cependant, presque tous les dossiers évoqués dans le communiqué commun touchent en premier lieu la France. « Esprit d’amitié », de « réconciliation » et « refondation de la relation », se gargarise le communiqué conjoint. Il souligne la volonté d’apaisement entre les deux pays et met en avant plusieurs chantiers tels que le renforcement de la coopération sécuritaire et surtout migratoire.
Cela laisse entendre que les autorités algériennes ont cédé. Autrement à quelle contrepartie Tebboune va-t-il s’attendre en consentant accepter les centaines d’Algériens sous OQTF en France par exemple ?
Sur le plan de la coopération économique, la France annonce soutenir l’Algérie dans sa renégociation des accords d’association avec l’Union européenne.
Après plusieurs mois de mise en sommeil, la reprise « sans délai » des travaux de la commission mixte des historiens qui travaillent sur la conquête coloniale de la France en Algérie est également annoncée. La commission doit se réunir prochainement en France et rendre ses conclusions aux deux chefs de l’État, d’ici à l’été 2025. Là aussi, ira-t-on jusqu’à la fin de l’entretien de l’amnésie et la condamnation de la colonisation et la restitution des biens culturels pillés ?
La rédaction