À partir du 21 janvier 2026, les citoyens algériens qui souhaitent se rendre aux États-Unis pour le tourisme ou les affaires devront faire face à une mesure exceptionnelle : le paiement d’une caution financière pouvant atteindre 15 000 dollars. Cette décision, annoncée par le Département d’État américain, s’inscrit dans le cadre d’une politique globale visant à limiter les dépassements de séjour et à renforcer le contrôle migratoire.
Selon le communiqué officiel, l’Algérie fait désormais partie des 38 pays concernés par ce dispositif, majoritairement africains, asiatiques et latino-américains. La caution sera fixée au cas par cas, lors de la prise de rendez-vous consulaire, et pourra s’élever à 5 000, 10 000 ou 15 000 dollars.
Le mécanisme est strict. Les demandeurs doivent remplir l’ESTA I-352 et verser la caution uniquement via la plateforme officielle Pay.gov, après instruction directe d’un employé consulaire. Les autorités américaines précisent que le paiement ne garantit pas l’obtention du visa, et qu’aucun remboursement ne sera accordé si la somme est versée sans instruction préalable.
Outre cette mesure financière, des contraintes supplémentaires concernent l’itinéraire du voyage. L’entrée et la sortie des États-Unis seront limitées à trois aéroports : Boston, New York (JFK) et Washington Dulles. Tout manquement pourrait entraîner un refus immédiat d’accès.
Le remboursement de la caution est prévu uniquement dans trois situations : départ des États-Unis dans le respect de la durée légale du séjour, non-utilisation du visa avant son expiration, refus d’entrée à l’arrivée.
En cas de dépassement de séjour, la caution sera conservée intégralement par les autorités américaines.
Cette décision soulève déjà des inquiétudes sur le plan social et économique. Pour de nombreux Algériens, une caution de 10 000 à 15 000 dollars correspond à plusieurs années de revenus moyens, rendant l’accès aux États-Unis pratiquement impossible pour une large partie de la population. Les professionnels du tourisme et du commerce redoutent également un impact négatif sur les déplacements d’affaires et les échanges culturels.
Officiellement, le gouvernement américain invoque des raisons de sécurité et d’administration, en s’appuyant sur un rapport du Département de la Sécurité intérieure sur les dépassements de durée de visas. Mais pour plusieurs analystes, cette mesure est aussi un signal d’avertissement aux voyageurs issus de certains pays, traduisant une défiance accrue envers les citoyens de régions jugées à risque.
Pour l’Algérie, pays dont les liens touristiques et commerciaux avec les États-Unis sont limités mais croissants, cette mesure représente un obstacle supplémentaire. Les futurs voyageurs devront désormais prévoir un budget conséquent avant même de poser le pied sur le sol américain.
Le 21 janvier 2026 marquera l’entrée en vigueur de cette politique stricte, qui pourrait transformer radicalement l’accès des Algériens aux États-Unis. Entre formalités renforcées et caution élevée, seuls les mieux préparés pourront encore franchir l’Atlantique.
Djamal Guettala

