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Zhang Zhan, symbole d’une Chine qui étouffe la liberté de la presse

Zhang Zhan

Zhang Zhan. Crédit image. DR

La situation de la liberté de la presse en Chine continue de se dégrader, et l’histoire de Zhang Zhan en incarne l’extrême brutalité.

Dans un pays où les journalistes indépendants sont considérés comme des « perturbateurs » et non comme des acteurs essentiels de l’information, le régime de Xi Jinping impose une ligne monolithique : les médias doivent servir le Parti.

Au pays du « soleil levant », les libertés se couchent devant la féroce répression imposée. En 2025, la Chine recule encore au Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF, occupant la 178ᵉ place sur 180. Le pays détient plus de 120 journalistes et collaborateurs de médias — le chiffre le plus élevé au monde. Derrière ces nombres se trouvent des vies brisées, des familles sous pression, et un appareil répressif qui s’abat sur quiconque tente de documenter la réalité.

Zhang Zhan, ancienne avocate devenue journaliste citoyenne, en est l’un des visages les plus connus. Son « crime » : avoir montré, en 2020, ce qui se passait réellement à Wuhan au début de l’épidémie de Covid-19. Arrêtée, jugée en quelques semaines, elle est condamnée à quatre ans de prison. Libérée puis de nouveau arrêtée en 2024, elle a écopé d’une nouvelle peine de quatre ans.

La répression s’est encore durcie en 2025. En novembre, les autorités ont tenté de la faire disparaître purement et simplement. La mobilisation rapide d’organisations internationales — dont Reporters sans frontières — a forcé Pékin à reculer. Mais le message était clair : le régime est prêt à franchir un seuil supplémentaire pour faire taire une voix jugée trop gênante.

Dans sa cellule, Zhang Zhan a mené une grève de la faim qui l’a conduite au bord de la mort. Les autorités l’ont nourrie de force, l’ont laissée menottée pendant des jours. Malgré ces traitements inhumains, elle persiste à défendre l’idée que la vérité doit être transmise, quoi qu’il en coûte.

L’appel lancé par RSF dépasse son seul cas : il rappelle l’urgence de soutenir celles et ceux qui risquent leur liberté, et parfois leur vie, pour que l’information continue d’exister en Chine. Le sort de Zhang Zhan n’est pas une exception : il est devenu le symbole d’une machine répressive qui se durcit et s’assume.

Mourad Benyahia 

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