20 mai 2024
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4e anniversaire du Hirak : une rencontre sous le signe de la solidarité

4e anniversaire du Hirak

A l’occasion du 4ème anniversaire du Hirak, mouvement de dissidence populaire, Riposte Internationale s’est associée au LFPA, AL, MJC, ACDA, CFDA pour convier des ami-e-s de l’Algérie provenant d’horizons politiques divers, venus tous soutenir la cause du soulèvement populaire et celle des détenu.e.s politiques et d’opinion en Algérie.

Plusieurs invité.e.s se sont succédés à la tribune.  A l’ouverture du meeting, le Président de Riposte Internationale, Ali Aït Djoudi , a pris la parole pour remercier chaleureusement les invité.e.s pour leur amitié et leur soutien au mouvement de dissidence populaire et aux détenu.e.s politiques et d’opinion. Le meeting animé par Ouerdia Ben Mamar et Lyes Djebaïli. 

Pierre Laurent, vice-président du Sénat a tenu à exprimer sa solidarité envers les détenu.e.s politiques et d’opinion ainsi qu’envers ceux, victimes de répression qui sont amenés à quitter l’Algérie. Il a rappelé le contexte de l’émergence du Hirak en indiquant que ce mouvement s’inscrit dans la lutte pour une véritable souveraineté populaire. Patrick Baudoin, Président de la Ligue des Droits de l’Homme, a rappelé avec force la solidarité de la Ligue envers la LADDH et les détenu.e.s politiques et d’opinion et de tous les peuples en lutte.

Pour l’administrateur d’Amnesty International, M. Emmanuel Janeau, Amnesty fait un travail de suivi concernant l’Algérie depuis plusieurs années. L’organisation documente notamment la situation des violations des droits humains dont le bilan de ces dernières années est plutôt alarmant.

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Me Aissa Rahmoune, vice-président de la FIDH, a évoqué la dissolution de la LADDH et l’annonce de sa dissolution par les réseaux sociaux non pas, comme une anomalie, mais comme un fonctionnement qui tend à se banaliser dans l’institution judiciaire algérienne. Il a insisté sur le fait que le procédé de cette dissolution, ne correspond nullement aux principes du procès équitable.  Selon lui, l’absence de tout procès répond à une logique, celle de priver les membres de la Ligue et les Algérien.ne.s d’un procès qui exposerait les faits. Maître Aissa Rahmoune, a mentionné la traque des amoureux le 14 février dernier, où des agents de sécurité ont sillonné les plages et certains autres endroits pour mettre fin aux rencontres des amoureux.  « Le régime veut tuer l’amour en Algérie » s’est-il écrié dans cette énumération des confiscations des libertés même les plus élémentaires d’entre elles.

Mme Marie-Christine Vergiat, a emboîté le pas à Maître Aissa Rahmoune dans ce triste constat de la forte aggravation de la situation en Algérie comme l’atteste « les dossiers d’Algériens qui arrivent par nombre » au niveau de leur réseau. Au nom d’Euromed Rights, il l’assuré de son soutien envers la ligue et les Algériens en lutte.

Mme Nadia Chabane a fait le parallèle avec le climat d’insécurité dans lequel vivent les Tunisiens où l’inféodation de la justice au pouvoir politique, fait que les Tunisiens « attendent tous les jours minuit » pour faire le bilan de toutes les personnes arrêtées dans la journée. La solidarité entre les peuples est un impératif pour lutter contre les régimes autoritaires communs. Elle déplore que la Tunisie soit devenue « une wilaya » algérienne qui reçoit des ordres du pouvoir algérien et qui, aujourd’hui manque à sa solidarité et à ses engagements internationaux envers les Algériens refugiés en Tunisie, qui jouissaient jusque-là de la protection gouvernementale, y compris sous le régime de Ben Ali.

Najat Ferrous,conseiller Fédéral CGT internationale, a tenu à exprimer son soutien aux algériens et aux syndicalistes empêchés d’exercer leurs droits syndicaux. Stéphane Enjarlan du syndicat Solidaires à dressé un bilan de la lutte syndicale en Algérie faite d’obstacles et d’empêchement à l’exercice des droits syndicaux. Il a dénoncé le « clonage » des syndicats comme une pratique particulière à l’Algérie et surtout une tentative de fragiliser le mouvement syndical voire d’étouffer les luttes syndicales.

Mme Cathy Billard, membre du Bureau du NPA, a tenu à exprimer de manière vive, son soutien au peuple algérien en lutte pour ses droits.

Mme Magda Mahfous, coordinatrice du Collectif des Femmes pour les Droits Humains en Égypte, a apporté son soutien au peuple algérien en proie à des violations des droits humains comme l’est le peuple égyptien. Elle a appelé à la solidarité contre les états autoritaires de la région.

Mme Nassera Dutour, en tant que présidente du CFDA, a abordé la question des disparitions forcées en Algérie que le régime actuel ne veut pas ouvrir. Elle a fait part des manœuvres en cours qui visent les locaux du CFDA à Alger. Des tentatives d’intimidations et/ou de fermeture. Elle a aussi averti de la nécessité de demeurer vigilant quant à la résurgence du phénomène de la disparition forcée, notamment au regard de certaines arrestations qui n’ont pas observé le droit en vigueur.

Mme Nedjma Benaziza, a, en tant que petite-fille de disparue, analysé les faits de disparitions forcées comme des faits qui incriminent en grande partie des services de sécurité de l’État algérien et appelle à lire les abus de justice aujourd’hui comme un prolongement de cet État du tout sécuritaire des années 1990.

Rachid El Manouzi, de la FEMED, la Fédération Euro-Méditerranéenne Contre le Disparitions Forcées, a insisté sur la solidarité infaillible de la Fédération envers les disparitions forcées en Algérie et plus généralement envers le peuple algérien.Mme Lana Sadeq, militante palestinienne a fait part de la situation des violations quotidiennes des droits humains en territoires occupés, non sans apporter son soutien aux militants algériens qui subissent l’arbitraire des arrestations et de l’emprisonnement.

Lama Al Attassi, présidente de l’Association Maison de la Syrie et militante politique, a évidemment évoqué la situation en Syrie et le devoir de solidarité envers les peuples qui souffrent et qui résistent, mais aussi la solidarité des démocrates et des peuples en lutte ensemble contre les régimes autoritaires. Elle a rappelé son statut de membre fondatrice de Riposte Internationale.

Notre camarade Sanhaja Akrouf a pris la parole en tant que membre du collectif pour la défense du journaliste El Kadi Ihsane, pour rappeler les circonstances très discutables de son arrestation et son emprisonnement arbitraire. M. Yous Nesroulah, membre de la Ligue des Droits de l’Homme, auteur de « Qui a tué à Bentalha? » a esquissé un aperçu de l’un des grands massacres dont il a été le témoin. Il fait le constat que nous n’avons pas été assez avertis quant à l’incrimination de certains militaires dans ce qui s’est passé dans les années 1990, et qui s’incarne aujourd’hui dans cette prise de pouvoir des militaires à peine dissimulée.

Le meeting s’est clôturé par la lecture d’une lettre que nous a adressée un groupe d’universitaires algériens qui a été lue par notre camarade Abdelaaziz Ould Ali et la déclaration de ce meeting lue quant à elle, par notre autre camarade, Ilyes Lahouazi, avant d’écouter le rappeur engagé Chaf Chaf, déclamer un texte en l’honneur des femmes.

Une vente dédicace de livres a été organisée pendant le meeting avec le livre témoignage de Louisa B, Femme donc coupable, qui fait le récit de la bataille et de la résilience d’une femme qui a réussi à mettre fin aux violences domestiques. Mehdi Bskri pour une œuvre de fiction, Sicilia, Hacène Hireche pour son ouvrage sur Slimane Azem dans lequel, il retrace l’itinéraire artistique du chanteur avec un répertoire de chansons engagées qui lui a valu des ennuis avec la puissance coloniale et le pouvoir algérien à l’indépendance. Sanhaja Arouf pour son livre Algérie, Seconde Révolution sur le Hirak. Riposte Internationale a participé avec son ouvrage Dissidence populaire, Regards Croisés, un ouvrage qui présente des analyses d’universitaires et des témoignages de militants sur la dissidence populaire tel un leitmotiv qui a fait émerger le mouvement du hirak pour une Algérie démocratique.

Ouerdia Ben Mamar

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