L’Algérie franchit une étape décisive dans sa réforme linguistique universitaire en amorçant l’abandon progressif du français au profit de l’anglais comme langue d’enseignement. Cela nous rappelle étrangement la politique d’arabisation qui a conduit aux résultats que l’on sait.

Le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique est revenu dernièrement à la charge pour  ainsi instruire les universités de préparer l’introduction de l’anglais dès la rentrée 2025-2026, marquant une volonté affirmée d’adapter le système éducatif aux standards internationaux.

L’anglais imposé dès la première année universitaire

Dans le cadre de cette réforme, les établissements d’enseignement supérieur doivent soumettre, avant le 17 avril 2025, un plan détaillé visant à renforcer l’usage de l’anglais dans l’enseignement. Les facultés de médecine sont en première ligne, avec une obligation d’enseigner toutes les matières scientifiques en anglais dès la première année.

Pour assurer cette transition, le ministère exige que les enseignants atteignent au minimum les niveaux B2 et C1 en anglais, garantissant ainsi une qualité d’instruction conforme aux standards internationaux. Un programme intensif de formation et de suivi pédagogique est mis en place afin d’accompagner les enseignants dans cette adaptation.

Vers une généralisation de l’anglais à l’université

Parallèlement, le ministère a demandé aux conférences régionales de coordonner leurs efforts avec les universités pour accélérer la formation des enseignants à l’enseignement en anglais. Chaque établissement est tenu de poursuivre les initiatives en cours et d’envoyer un rapport détaillé sur les mesures prises pour assurer cette transition.

Cette réforme s’inscrit dans une ambition plus large d’internationalisation des universités algériennes et de développement des établissements dits de « quatrième génération », qui sont aujourd’hui au nombre de 23. L’objectif est d’accroître l’attractivité des universités algériennes à l’échelle mondiale et de faciliter les collaborations scientifiques avec des institutions étrangères.

Une ouverture vers l’international au détriment du français ?

Depuis 2022, 58 000 enseignants ont déjà été formés aux techniques d’enseignement en anglais, dans une démarche visant à faire de cette langue un vecteur principal d’apprentissage et de recherche. Cette évolution suscite toutefois des interrogations quant à l’avenir du français dans l’enseignement supérieur algérien.

Si le gouvernement met en avant la nécessité d’une meilleure intégration dans le paysage universitaire mondial, certains observateurs y voient une marginalisation progressive du français. La réforme pourrait ainsi refléter un changement stratégique dans la politique linguistique nationale, dans un contexte où la langue française reste historiquement ancrée dans le système éducatif.

Cette transition vers l’anglais marque un tournant décisif pour l’enseignement scolaire et supérieur en Algérie. Elle traduit également une dynamique idéologique portée par des courants dominants dans les rouages de l’Etat, prônant un patriotisme linguistique et culturel, souvent critiques à l’égard de l’héritage francophone du pays.

Sous couvert d’une adaptation aux standards académiques internationaux, ces tendances cherchent en réalité à réduire l’influence culturelle française en Algérie, dans une volonté affirmée de réorienter l’identité linguistique nationale. 

Samia Naït Iqbal

11 Commentaires

  1. On est toujours à un dernier train de raté.
    Pourquoi ne pas passer directement au chinois dans ce cas. Étant une des langues du présent, le chinois est certainement LA langue du très proche avenir. Non, parce que les motivations premières n’ont rien à voir avec la compétitivité des langues qu’on utilise.
    Quand on regarde bien, le pouvoir dans ce pays est à l’opposé de tout ce qui rapproche naturellement les gens. Il frappe d’interdit tout ce qui ne passe pas par lui, ne doit pas grand chose à ses officines. Il se trouve justement que la langue, les langues, sont les premiers outils qui rapprochent les gens, les unit; sinon c’est la forêt. Et c’est, consciemment ou pas, pour cette raison que l’école forme des muets polyglottes.
    Et puis, toutes ces bibliothèques, toutes ces archives, toutes cette documentation historique, scientifique, géologique, anthropologique écrite en français se retrouve jetée d’un coup à la poubelle. Si ce n’est pas un autodafé, dites moi ce que c’est.
    Et tous ces gens qui utilisent le français vont voir un de leurs capitaux linguistiques, après le berbère et la dardja, jeté par lemxax à la poubelle avec une facilité vertigineuse. Et la cette large fraction de la population qui vit dans les pays francophones qui vont devoir recourir à un interprète en rentrant au pays.
    Et puis, tant que l’arabe mort pollue toujours les cervelles des petits chérubins en tant que première langue de l’école. Une langue qui ne doit ne servir finalement à rien dans leur vie, n’est-ce pas un sabotage caractérisé. Et ce sont les mêmes qui défendent ce morbide qui s’acharnent à imposer le tourisme linguistique imposé à l’école.

  2. A mon humble avis et cela reste juste un avis bien sûr et qui est donc soumis à argument contradictoire; cela cible certaines régions du pays à leur couper l’herbe sous les pays. Ces régions plutôt francophones et qui font la matière grise du pays sont sur la ligne de mire des islamistes pour rétrograder le niveau à niveler et tirer vers le bas tout en sachant que leurs rejetons sont dans les universités françaises avec passeports diplomatiques. Ou va donc l’Algérie!?

    • Au fond c’était ça.
      Je dirais en plus que l’arabisation islamisation s’inscrivent dans la continuité du conflit entre le groupe de la Soummam et celui de Tripoli. Un conflit qui remontent à plus de mil ans si l’on cherche dans le détail et l’on remonte encore plus loin.
      L’historien Mohamed Harbi l’a expliqué dans une vidéo sur YouTube.
      Lui, il ne parle pas d’une région spécialement mais d’une lutte entre francophones et arabophones autour des emplois qualifiés après 1962. Les francophones avaient de facto la main sur ces postes. Il ne dit pas (si mal mémoire et bonne) que les postes politiques sensibles sont, par contre, entre les mains s des arabophones du groupe de Tripoli.
      Ces derniers ont eu recours à la politique de terre brûlée en détruisant l’école par l’arabisation.

    • Bonjour Sali
      Qlik thy laghlav
      Cette région est déjà polyglotte ( kabyle, français, anglais, allemand et arabe)
      Le problème avec les kabyles est monstre quand ils se mettent à l’arabe ils sont excellents…

  3. La propagande algérienne est incohérente, elle veut quitter le français pour une langue qui représente l’Impérialisme et le Colonialisme ! Les britanniques sont de fantastiques colons qui ont pris le pouvoir dans bons nombres de territoires en exterminant des populations (usa, canada, Australie, Nouvelle Zélande…) ! et laisses leur langue dans d’autres !
    De plus, l’anglais pour 40 % vient du français (80 000 mots) ! Et le français est une langue complexe 25 % vient de l’anglais, 16 % vient de l’italien, 13 % de l’allemand, 6, 5 % de l’arabe, des mots turcs, persans, beaucoup de mots grecs dans des domaines particuliers !

  4. On essaye de traduire « le ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique » voilà le résultat approximatif de cette traduction en langue Anglaise

    « The Minister of Higher Education and
    Scientific Research »

  5. C’est comme si le pouvoir d’Alger voulait imposer aux algériens de devenir plus grands de taille ou d’être plus resistants aux maladies à partir de l’année 2026.
    Changer de langue d’enseignement devrait se planifier sur au moins une cinquantaine d’années, et encore ce serait un minimum. Sinon c’est comme une voiture qui fonce à 150 kmh et qui essaye de faire un brusque tournant. Pas très malin.
    Au fait, pourquoi pas un transit vers l’arabe classique?… Est-ce donc une admission que c’est une langue totalement inutile dans le monde moderne? Alors pourquoi l’utiliser dans le primaire et le secondaire?

  6. ce n’est pas une langue qui fait avancer un pays mais un peuple et ses neurones qui utilisent leur langue du terroir.
    La langue anglaise n’auras jamais de prise en Algerie, et elle produiras des supers analphabetes. Le Ghana est un pays anglophone n’est ce pas ? les pasy arabes du Moyen Orient utilisent bien l’anglais dans l’enseignement mais ils ne savent pas manufacturer une simple piece de mechanique. En fait les arabo-islamistes l’avaient dans leur plan depuis longtemps et la ils ont eu gain de cause. la science vas descendre des cieux dans la langue de Cheikh Sfire. .Quelle aubaine.
    Quand a nous Imazighen , notre language peut attendre dans les caves de l’oubli.

  7. On nous aurait menti ?
    Depuis 62 on nous dit que la langue kharabe et la seule langue des lumières, de la poésie, de la technologie, du savoir en un mot !
    Donc depuis tout ce temps on s’est foutu de nôtre gueule, pour nous dire que c’est l’anglais qui va nous sortir des queues interminables pour avoir un sachet de lait verdâtre ?
    On s’est foutu de nous pour nous dire que maintenant il faut appeler Allah God et le paradis,paradise ?
    Donc tout ceux qui ont prié depuis 62 en arabe cela ne compte pas et il faut repartir à zéro en égrenant les sourates en anglais ?
    Avoir fait d’un peuple des analphabètes bilingue, voilà qu’ arrive la version trilingue.
    Vous pouvez adopter la langue qui vous plaît, vous resterez toujours des importateurs de ketchup et de mayonnaise, a force de travestir l’histoire pour punir une région rebelle, vous allez tous un jour vous retrouver à parler l’hébreu.

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