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Désactivation du passeport de Boualem Sansal : l’écrivain est-il toujours citoyen algérien ?

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La désactivation du passeport biométrique algérien de Boualem Sansal, révélée par Le Soir d’Algérie dans son édition du 29 novembre 2025, soulève une question sensible : quelle est désormais la situation juridique de l’écrivain, considéré depuis toujours comme Algérien malgré sa double nationalité ?

Si cette mesure est confirmée, elle pourrait placer l’auteur dans une position inédite, contraint de solliciter un visa pour entrer dans son pays d’origine. 

Une mesure administrative lourde de conséquences

Selon Le Soir d’Algérie, les autorités auraient procédé à la « désactivation » du passeport de Sansal. Concrètement, le document aurait été retiré du système informatique officiel, le rendant inutilisable.

En pratique, cette opération assimile son détenteur à un ressortissant étranger pour les formalités d’entrée : Boualem Sansal ne pourrait se rendre en Algérie qu’avec son passeport français, accompagné d’un visa. Un document que les autorités algériennes ne risquent pas de lui accorder. Au-delà de la simple contrainte administrative, cette situation interroge, car le passeport constitue l’un des principaux attributs matériels de la nationalité.

Désactivation de passeport : quelles implications sur la nationalité ?

Sur le plan juridique, la désactivation technique d’un passeport n’équivaut pas au retrait de la nationalité algérienne, lequel obéit à une procédure spécifique et exige une décision formelle. Mais la portée symbolique et pratique de la mesure reste considérable : elle prive le citoyen de son droit le plus élémentaire, celui de pouvoir entrer librement dans son propre pays.

Cette action peut dès lors être perçue comme une sanction politique, voire comme un prélude à un débat plus large sur le statut national de l’écrivain — particulièrement dans un contexte où les relations entre Sansal et les autorités sont extrêmement tendues.

Un contexte explosif marqué par des déclarations controversées

L’affaire survient quelques semaines seulement après la libération de Boualem Sansal. Arrêté en novembre 2024 à la suite de propos polémiques tenus sur une chaîne française d’extrême droite, où il avait affirmé que certaines régions algériennes appartenaient autrefois au Maroc.

Il a finalement été gracié le 10 novembre 2025 par Abdelmadjid Tebboune, pour des raisons qualifiées d’« humanitaires », à la suite d’une demande officielle du président allemand Frank-Walter Steinmeier. L’Allemagne devait ensuite assurer son transfert et la prise en charge de ses soins. L’écrivain, lui-même, dans une de ses réponses à la presse, affirme n’avoir jamais demande de grâce à Tebboune.

Manifestement, les déclarations de Sansal dans les médias français après sa libération — notamment sur France 2 et France Inter — semblent avoir ravivé les tensions. L’auteur y évoquait son souhait de revenir en Algérie pour, selon ses mots, « corriger l’injustice subie », une posture interprétée par certains comme un défi ouvert aux autorités.

Un risque de crispation diplomatique avec Paris ?

La possible désactivation du passeport de Sansal intervient alors que les relations algéro-françaises semblaient amorcer un timide dégel. Une mesure perçue comme punitive à l’encontre d’un écrivain franco-algérien pourrait raviver des tensions déjà fragiles, au moment même où des signaux de rapprochement étaient enregistrés.

Une question centrale demeure. Tant que les autorités n’auront pas communiqué officiellement, une interrogation majeure reste en suspens :  Boualem Sansal est-il toujours, aux yeux de l’État algérien, un citoyen à part entière, ou la mesure prise à son encontre inaugure-t-elle une remise en cause plus profonde de son appartenance nationale ?

Samia Naït Iqbal

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22 Commentaires

  1. Je ne comprends pas que Le Matin d’Algérie continue , lui aussi, à reprendre le narratif du pouvoir sur les raisons de son incarcération. Pour moi, Boualem Samsal n’a jamais remis en question les frontières algériennes actuelles héritées par l’Algérie à son indépendance en 1962 que l’ONU a d’ailleurs reconnu. Oui à aucun moment . Ces déclarations et les vidéos existent encore sur le Net, il a dit simplement , et c’est son opinion et sa connaissance de l’histoire qui peuvent être certes critiquée et c’est normal :

    1/- qu’avant la colonisation française en 1830 , une partie de l’ouest de l’Algérie appartenait au royaume du Maroc que la France coloniale a quand réussi à annexer, à intégrer dans le département français qu’était l’Algérie de l’époque et qui est devenue l’Algérie d’aujourd’hui.

    2/- qu’il existait aussi un prétendu accord entre la monarchie marocaine et des dirigeants du mouvement national quand à une aide du Maroc à la lutte de libération nationale en contrepartie de la restitution, dès l’indépendance, de cette partie controversée de l’Ouest algérien. C’est ce qu’il a dit et textuellement.

    Bon, il est vrai qu’il a décidé aussi de se rendre en Israël, mais c’est son problème, c’est peut être qu’il est de religion juive . Il a aussi critiqué l’islam et l’islamisme, c’est connu mais c’est son opinion. De toute façon la sanction en ce qui concerne l’islam , elle revient normalement à Allah, et à lui seul, et non à la justice de Tebboune .

    • « Je ne comprends pas que Le Matin d’Algérie continue , lui aussi, à reprendre le narratif du pouvoir sur les raisons de son incarcération. »

      Là vous prenez un raccourcis trop rapide. J’ai dit que son incarceration était une erreur . bien que je ne partage pas les opinions de Sansal. Sansal n’a jamais été inquiété pour ses romans. Et c’est bien pour ses déclarations à Frontières et son indéniable proximité avec ceux qui haïssent le plus tout ce que représente l’Algérie qu’il a été incarcéré. Je vous accorde seulement que ses déclarations ne sont pas de nature à soulever les éléments tant elles sont souvent d’une lamentable absurdité.

      Mais sa proximité avec la fachosphère n’es pas une invention. Il l’a reconnu , en ajoutant qu’il ne choisi pas ses amis pour leur opinions. Meme si tous ceux qu’il a choisis appartiennent à cette fange.
      Avec tout le respect que je vous dois je crois que vous êtes victimes des approximations de Sansal lequel apparemment vous n’avez pas lu. Sinon vous n’auriez pas écrit : il est peut-être de religion juive. Si vous aviez lu ses romans vous auriez su que Sansal a traité les trois prophètes du monothéisme de : « les trois imposteurs. Sauf que c’est seulement l’Islam qui le mobilise.

    •  »qu’avant la colonisation française en 1830 , une partie de l’ouest de l’Algérie appartenait au royaume du Maroc que la France coloniale a quand réussi à annexer, à intégrer dans le département français qu’était l’Algérie de l’époque et qui est devenue l’Algérie d’aujourd’hui ».
      Ne saviez-vous pas que la ville de Mascara était la capitale de l’Émir Abdel-Kader et que Tlemcène était déjà une ville algérienne, tout cela avant 1830?
      Pense-vous que askar Abid Al Boukhari (mercenaires subsahariens), fondateur de la royauté de Marrakech, avait le savoir-faire de cartographier et délimiter les frontières?
      Par ailleurs, il faut bien savoir que la frontière naturelle qui sépare les 2 pays depuis l’antiquité, c’est le Fleuve Moulouya ; donc, cherchez l’erreur et qui a annexé quoi?

      • « Par ailleurs, il faut bien savoir que la frontière naturelle qui sépare les 2 pays DEPUIS L’ANTIQUITE, c’est le Fleuve Moulouya ; donc, cherchez l’erreur et qui a annexé quoi? De quels 2 pays parlez-vous à cette époque-là. Pourriez-vous les nommer svp ?

  2. Le régime continue de s’enfoncer dans le ridicule et le peuple avec.
    Sansal était l’écrivain inconnu de tous , grâce à ces décideurs , il est devenu l’icône mondiale connue de tous et l’achat de ses livres ont connu une nette augmentation.
    Ce pouvoir ne cesse d’être le symbole de l’échec.
    On dirait le personnel à la tête du pays sont dénué de tout sens de réflexion et de stratégie a la chose politique.
    Il deviennent un danger pour le pays et son peuple sans parler de l’image de l’Algérie a l’international.
    Sans aucune animosité et dans l’intérêt de tous , ils doivent quitter immédiatement le pouvoir et le céder pacifiquement au peuple et faciliter son accompagnement pour organiser une transition et faire émerger une nouvelle classe politique plus adaptée au monde actuel avec tout ses défis dans un cadre démocratique.
    L’Algérie a besoin d’une nouvelle forme de gouvernance avec une nouvelle classe politique en dehors de ce système qui perdure depuis 62.

  3. Iben, vraiment, je ne suis pas surpris. Moi qui ai toujours été opposé à la déchwarisation de la nationalité, je dois reconnaître que — pour une fois — la décision a un certain raffinement , un raffinement un chouia perverse certes , mais tout de même un raffinement : on lui lâche la bride, mais on lui laisse le bât et le chwari et même une corde à la patte.
    Un fil d’Ariane à rebours.
    Un coup de sabot à la Madjer.
    Car il faut dire la vérité : à sa sortie, au lieu d’un profil bas, d’un minimum de sobriété — enfin, de cette prudence qui évite d’ajouter de l’huile sur un brasier déjà fumant — monsieur s’est mis à claironner sur toutes les ondes. Radio, télévision, micro, caméra… On aurait dit qu’il venait de scier les barreaux de sa prison pour en sortir et pas qu’il a été sortie comme un cornichon de son bocal pour lui éviter la décomposition. Modestie zéro, fanfare cent.
    Après tout, quand on passe des années à rogner méthodiquement le lien qui vous relie à un pays — en le théorisant à contresens, en le disséquant jusqu’à l’os, en le mythologisant à rebours — il ne faut pas feindre l’étonnement lorsque le lien finit par céder avec un crac sec. Les attaches, comme les légendes, supportent mal les intempéries.
    Et les déclarations de Sansal à sa sortie de prison semblaient taillées non pour sortir de l’impasse, mais pour y entrer un peu plus confortablement.
    Quant à la désactivation de son passeport, libre à chacun d’y voir un piège élégant : non pour l’obliger à demander un visa impossible à obtenir, mais simplement pour rappeler que l’exil, parfois, ce n’est pas un choix — c’est une géo-localisation administrative.
    Et comment ne pas s’y perdre dans cet imbroglio ?
    Après les IST (Interdictions de Sortie du Territoire) et les NLPC (Ne Laissez-Pas Passer Consulaire), voici désormais la version maison des OQTF. Appelons-la ORTF : Obligation de Rester sur le Territoire Français.
    La bureaucratie a le sens de l’humour, quand elle veut. Un humour sec, réglementaire, sans appel.
    Tout cela s’inscrit parfaitement dans cette liberté d’expression extensible comme un chewing-gum : « académique » sur le papier, mais rétractable dès qu’elle chatouille un symbole, un mythe ou un tabou.
    Pour Sansal, qu’il se console : Steinbeck avait déjà tout dit dans Voyage avec Charley.
    On ne retourne jamais chez soi.
    Parce que ce « chez soi » n’existe souvent nulle part ailleurs que dans la brochure touristique de la mémoire.
    Et Sansal, lui, n’a jamais vraiment habité le lien — seulement sa fracture.
    Reste, bien sûr, la question qui dérange :
    Où se loge la responsabilité ?
    Chez celui qui dit ?
    Chez celui qui rapporte ?
    Ou chez celui qui écoute ?
    Dans certains systèmes, on finit d’ailleurs par punir les trois.
    Et même ceux qui n’ont rien dit,
    au cas où.
    Si tu dis la vérité, on te pend.
    Si tu mens, on te fusille.
    Si tu ne dis rien, on te guillotine.

    • Le Sansal me fait penser a Zelinsky, roule’ dans la merde puis dans le feu, par son insistance a faire popote avec le trio merdik franco-aanglais-allemand – qui lui promettent ce qu’ils N’ONT pour donner, encore moins vouloir donner… L’Ukraine avait de quoi emerger au dessus du trio, depuis les terres agricoles, a une population capable et de l’energie Russe a gogo… Puis, ils laissent des verre-de-terres penetrer la patate…

  4. Boulem Sansal et homme un vrai, courageux et sincère. Le monde doutais de ce qu’est la nature de ce régime, avec ce qu’il révèle sur cette dictature ,ils ne le laisseront plus entrer, ils ont horreur qu’on parle de leur possession. Rare sont les journalistes qui obtiennent des visas. En attendant ils s’enfoncent et le pays avec.

  5. Âamou Tebboune s’est senti humilié, froissé que Sansal dise qu’il n’avait jamais demandé de grâce.
    Bizarre, ce comportement de chochotte de la part d’un Berzidan qui se veut fort, au point de dégainer le mandat de dépôt à tout va.
    Du point de vue de Sansal, c’est cohérent :
    1. On ne demande pas grâce pour crime qui n’existe pas.
    2. On ne demande pas grâce à une marionnette non-élue et qui n’est Berzidan que par la grâce (celle-ci est vraie et réelle) des généraux.
    3. On ne demande pas grâce pour cause « humanitaire » quand on est en excellente forme (c’est Sansal personne qui l’affirme).

    Les dernières sorties de Sansal montrent bien que le Régime d’Alger était acculé au point de laisser Sansal partir. Mais pas question qu’il reviennent les défier une nouvelle fois. Alors quand il a annoncé sa volonté de refaire un tour chez lui, en Algérie, dan sles prochaines semaine, le Régime Puissant a tremblé et a fait la seule choses qu’il peut se permettre, en toute lâcheté, désactiver le passeport de Sansal.

    C’est renversant!

  6. Et si l’Algérie tebbounienne décidait de désactiver tous les passeports des Algériens détenant la double nationalité? Plusieurs membres du gouvernement actuels seraient impactés par une telle décision hautement stratégique, voire … révolutionnaire. Si ce n’est pas les membres du gouvernement qui en paieront directement le prix, très certainement les membres de leurs familles, pour la plupart tous installés à l’étranger aux frais de qui vous savez. Décidemment, ce Sansal , en prison ou libre, demeure un caillou dérangeant à l’extrême dans le soulier à la forme bizarre de Tebboune. Comme dit le proverbe africain: « Quiconque taquine un nid de guêpes doit savoir courir ». Et en matière de course, Tebboune fait encore pire qu’en matière de prédictions économiques.

  7. L’Algérie figure toujours en bonne place dans l’agenda « des pays à faire tomber » après la chute de l’Irak ,Syrie, Lybie ,Soudan, avec les résultats qu’ont connus. On a trouvé en Sansal ,un BHL bis pour ‘l’Algérie ,mais ce plumitif plagiaire n’aura pas de l’envergure pour ce job!

  8. L’Algérie figure toujours en bonne place dans l’agenda « des pays à faire tomber » après la chute de l’Irak ,Syrie, Lybie ,Soudan, avec les résultats qu’on connait. On a trouvé en Sansal ,un BHL bis pour ‘l’Algérie ,mais ce plumitif plagiaire n’aura pas de l’envergure pour ce job!

  9. Maintenant que le régime l’a libéré, il peut toujours perrorer sa suffisance taillée et entretenue par la fashosphere à l’égard de son pays d’origine. Mais, ne devrait-il pas tout simplement renoncer lui-même à cette appartenance, histoire d’être en phase avec lui-même et, surtout, de couper l’herbe sous les sabots de teboune ?

  10. Aucun d’entre nous n’est citoyen algérien. Les militaires nous ont tous déchu de notre nationalité le 6 juillet 62. Aucun d’entrs nous n’est considéré comme citoyen algérien.

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