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Salah Sid, bénévole de Taftilt ilemziyen : « Yennayer est un des grands catalyseurs de notre culture millénaire»

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Poète rêveur et révolté, Salah Sid cache derrière ses mots un univers de vers et de rêves. Autodidacte, passionné de tout ce qui a trait à la littérature, il croit non seulement au dialogue et au génie populaire, mais aussi à la force de la parole et au pouvoir des mots. D’ailleurs, cet « enfant populaire de Tazmalt » n’en démord pas : « La poésie a de beaux jours devant elle ». Et c’est à ce titre qu’il publie un recueil de poèmes « Latakhat El Matar » (Éclaboussures de pluie), où il a déversé son cœur et son âme.

Dans cet entretien, il nous livre ses impressions, étant bénévole de l’association «Taftilt ilemziyen », sur les journées poétiques de Tazmalt que cette dernière compte organiser entre le 10 et 12 janvier prochain, à la maison des jeunes de Tazmalt, à l’occasion de Yennayer 2976.

Le Matin d’Algérie : La ville de Tazmalt s’apprête sous les auspices de l’APC et de l’association « Taftilt ilemziyen » à fêter Yennayer 2976, du 10 au 12 janvier prochain, à la maison des jeunes « Assam Tayeb et son fils Hmimi », et il semble que cette année porte une grande nouveauté, pouvez-vous en dire davantage ?

Salah Sid : Je vous remercie tout d’abord de cette tribune que vous m’avez offerte pour m’exprimer. En vérité, face à cette question si importante je ne sais quoi dire au juste : s’agit-il de fêter Yennayer ou bien fêter la poésie ? Peu importe, les deux festivités sont d’une égale « symbolique ». Elles ne sont, dirais-je même, qu’une manière de revendiquer notre existence, de nous exprimer et surtout de résister à l’effacement identitaire et à la disparition. La poésie n’est-elle pas, après tout, un appel à la renaissance : renaître à soi, sortir tel un papillon de sa chrysalide pour voler de ses ailes, faire renaître le monde et l’illuminer. Autrement dit, sans poésie, plus rien de nouveau sauf les dates et les années qui se suivent ! Et c’est en effet notre objectif par cette initiative : rappeler au monde que la poésie est bel et bien là et que la fête de Yennayer est un des meilleurs moyens pour la véhiculer.

Le Matin d’Algérie : Justement au sujet des « journées poétiques de Tazmalt », ou je préfère personnellement le mot « poésiades », comment cette idée vous-elle frôlé l’esprit?

Salah Sid : L’idée des « Journées poétiques de Tazmalt » est venue suite à une sorte de « culpabilité existentielle » si j’ose le mot ici. On a senti, dans notre association, comme un devoir de nous ressourcer, de nous abreuver et de nous « réenraciner » dans notre culture millénaire. C’est une soif insatiable d’amour et de liberté, par ces temps durs, cette « traversée du désert », le terme n’étant pas exagéré, que vit la culture dans notre pays ! Du coup, on s’est dit : « tant que les poètes et la poésie existent, pourquoi pas alors leurs journées ?» L’idée a donc germé depuis longtemps dans nos esprits pour voir le jour en ce « Yennayer », et c’est tant mieux ! Yennayer est, en quelque sorte, un des grands catalyseurs de notre culture millénaire et il nous appartient, chacun à sa manière et selon ses capacités, de faire en sorte que cet élan mobilisateur se poursuive…

Le Matin d’Algérie : Pouvez-vous nous parler des procédures de ce concours poétique en trois langues tamazight, arabe et français ainsi que des modalités de participation pour le public intéressé ?

Salah Sid : En effet, notre concours de poésie est ouvert à toutes les catégories d’âges : jeunes, moins jeunes et adultes et aux deux sexes. De prime abord, il faut avoir l’âge requis (à partir de 15 ans et plus). Et puis, les textes poétiques en lice doivent être originaux et il va falloir que la participation doive se faire dans une seule langue sur les trois choisies, à savoir tamazight, arabe et français. Par ailleurs, nous exigeons pour les mineurs une autorisation parentale en bonne et due forme, et le jour « J », une déclamation obligatoire de poèmes sur scène étant demandée. Nous comptons par ces exigences-là permettre un juste équilibre entre les trois langues et une réelle promotion linguistique et culturelle dans la diversité et le respect du vivre-ensemble.

Le Matin d’Algérie : Il est rare que des manifestations poétiques de ce genre soient organisées dans le cadre associatif. C’est en soi une très bonne réussite. Quel y sera, en effet, la place du livre, comme vecteur d’épanouissement culturel ?

Salah Sid : La place du livre dans notre festivité est très importante et fortement symbolique. Nous y consacrons d’ailleurs un grand espace d’exposition et de dédicaces pour nos auteurs invités, non seulement pour la promotion, mais aussi et cela l’objectif en vérité, pour rappeler à nos concitoyens que lire est un acte civilisationnel et un acte de résistance. Notre culture a besoin d’un nouveau souffle et d’une réelle dynamique promotionnelle sur plusieurs niveaux. Nos enfants et nos jeunes doivent, à mon sens, prendre le pli de toucher au livre, de le voir et de vivre avec. Cela crée une synergie relationnelle, un rapport fusionnel au livre. Par ces temps de disette culturelle, cela « boostera » sans doute le regard positif de la société vers tout ce qui est « immatériel ». Il faut sortir de cette « torpeur » sociétale pour aller vers l’éveil des consciences et la poésie, comme art majeur, n’est là, à mon humble avis, que pour raffermir cette intention, la nôtre, au travers de cette prometteuse initiative.

Le Matin d’Algérie : Pour le mot de la fin, compterez-vous, malgré toutes les difficultés logistiques et administratives que vous affrontez, organiser des manifestations culturelles de ce type dans l’avenir ?

Salah Sid : Absolument, c’est de bonne guerre ! Nous allons continuer à nous battre sur le terrain, à militer dans tous les sens, à nous mobiliser pour le bien dans notre patrimoine commun. En ce sens, nous comptons organiser des manifestations culturelles de ce type malgré (comme vous le dites) toutes nos difficultés logistiques. A cet effet, nous relancerons toutes les activités culturelles et artistiques qui faisaient autrefois les lumières de notre chère ville. Il est d’autant plus primordial de promouvoir l’art et la littérature, d’aller avec de la créativité et de l’expression vers des horizons nouveaux, à la fois prometteurs et plus lumineux. Aussi serait-il vital d’aider notre société à s’émanciper et à aller de l’avant, dans le sens de son progrès et de son salut. Nous sommes déterminés à redorer le blason de notre culture au niveau local : dans les quartiers, les écoles et dans tous les lieux où la société est appelée à construire son espace vital.

La culture n’est-elle pas, avant et après tout, la nourriture de l’esprit ? Autant comme le manger pour le corps, elle (la culture) est un baume pour l’âme et un adjuvant nécessaire pour son épanouissement. C’est pourquoi, nous espérons qu’avec cette manifestation poétique, notre ville en tirera le plus gros profit, que ce soit en ce qui a trait au partage culturel avec le public, l’effet promotionnel, en particulier, pour Tamazight, l’attrait vers le livre comme vecteur civilisationnel, le vivre-ensemble linguistique et surtout la diversité. Je pense finalement que cela ne se réalisera qu’avec le soutien des médias dans votre honorable journal fait partie.

Propos recueillis par Kamal Guerroua

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