Donald Trump a dévoilé vendredi la composition du Conseil de la paix pour Gaza, une instance appelée à piloter la sortie de guerre d’un territoire palestinien dévasté par plus d’un an de combats. Evidemment, ici manifestement il n’y a nulle place ni à l’OLP, ni à un quelconque mouvement palestinien. Le contrôle est américain.
Le président américain, qui présidera lui-même ce conseil, a convié autour de la table le secrétaire d’État Marco Rubio, l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair, ainsi qu’un aréopage de diplomates, d’hommes d’affaires et de proches politiques.
L’annonce intervient alors que la bande de Gaza porte encore les stigmates d’une guerre d’une ampleur inédite. Lancé après l’attaque du Hamas contre Israël, le conflit a provoqué la mort de dizaines de milliers de Palestiniens (plus de 70 000 morts palestiniens) rasé des quartiers entiers, détruit hôpitaux, écoles et réseaux essentiels, et plongé plus de deux millions d’habitants dans une crise humanitaire extrême. Un cessez-le-feu fragile, obtenu le 10 octobre sous la pression de Washington, a mis fin aux combats ouverts sans pour autant faire disparaître les tensions. Plus de 100 enfants sont tués ces derniers jours dans des attaques israéliennes.
Deux jours avant la présentation du Conseil, Steve Witkoff, émissaire spécial de Donald Trump, avait annoncé le lancement de la deuxième phase du plan Trump pour Gaza. Celle-ci prévoit le désarmement du Hamas, le retrait progressif des troupes israéliennes et le déploiement d’une Force internationale de stabilisation, conformément à une résolution entérinée par le Conseil de sécurité de l’ONU en novembre.
Le Conseil de la paix devra superviser cette transition ainsi que l’action d’un comité palestinien temporaire et technocratique de quinze membres, chargé d’administrer le territoire dans l’attente d’une solution politique durable.
Outre Marco Rubio et Tony Blair, sa composition inclut Steve Witkoff, Jared Kushner – gendre de Donald Trump et médiateur officieux –, le président de la Banque mondiale Ajay Banga, ainsi que le financier Marc Rowan et le conseiller Robert Gabriel. Cinq des sept membres sont Américains. C’est dire la mainmise américaine sur Gaza, ce qui n’est pas loin du plan initial de Trump quand il parlait de la riviera de Gaza alors que celle-ci était à feu et à sang..
Selon la Maison Blanche, chacun sera responsable d’un secteur clé : gouvernance, sécurité, reconstruction, investissements et financement international. Donald Trump, fidèle à sa rhétorique, a salué « le conseil le plus prestigieux jamais assemblé ».
Revoilà Blair !!!
La composante de ce conseil dit de paix pose beaucoup de questions. La nomination de Tony Blair, annoncée dès octobre, continue toutefois de susciter de vives réticences dans le monde arabe, en raison de son rôle dans l’invasion de l’Irak en 2003. Le diplomate bulgare Nickolay Mladenov a par ailleurs été désigné Haut représentant pour Gaza, tandis que le général américain Jasper Jeffers commandera la force internationale chargée de sécuriser le territoire et de former une police palestinienne.
La reconstruction devrait s’appuyer largement sur le plan égyptien arabo-islamique adopté en mars 2025 avec le soutien européen, en réponse à une précédente proposition de Donald Trump visant à placer Gaza sous contrôle américain.
Sur le terrain, la réalité reste loin des annonces. De nouvelles frappes israéliennes ont été menées cette semaine, dénoncées par le Hamas comme une « violation » du cessez-le-feu. Le mouvement de résistance palestinienne, qui avait rejeté dès octobre la création du Conseil de la paix, y voit une résurgence d’une logique de tutelle internationale rappelant « l’ère des mandats et du colonialisme ».
Avec agences

