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CAN 2025 : arbitres, palais, FIFA… le football en otage

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On nous a vendu une compétition, on a eu une administration du résultat. Et quand le résultat a l’air administré, ce n’est pas un ressenti. C’est une odeur. Une odeur de système. De fric.

La CAN 2025 n’a pas été un tournoi, c’était une démonstration. Pas une démonstration de football, une démonstration de pouvoir. Le jeu a servi de décor, comme une musique de fond, pendant que l’essentiel se jouait ailleurs. En loge, en couloir, en oreillette. Le terrain n’était plus le centre de gravité, seulement la scène.

Dès le départ, une phrase circulait déjà dans les coulisses, lâchée par des conseillers lucides comme on lâche une vérité sale. « Donnez-leur la coupe et laissez-nous tranquilles. » Voilà le climat. Une CAN où certains entraient sur le terrain en sachant qu’ils ne jouaient pas seulement contre une équipe, mais contre une mécanique. Quand cette idée existe avant même le coup d’envoi, ce n’est plus de la paranoïa. C’est un diagnostic.

Ce diagnostic a pris une dimension sinistre quand Mohamed Soumaré, journaliste et consultant sportif malien, l’un des premiers à interroger publiquement l’organisation et les coulisses du tournoi, a été retrouvé mort dans sa chambre d’hôtel à Rabat. Même si les causes doivent être établies, l’effet a été immédiat. Le tournoi a basculé dans une atmosphère où poser des questions devenait un sport à risques.

Dans cette mécanique, les arbitres ont cessé d’être des arbitres. Ils sont devenus des instruments. Des penalties évidents non sifflés, des buts disséqués jusqu’à l’absurde, et à l’inverse des décisions généreuses accordées à d’autres sans la même rigueur. La VAR n’a pas corrigé. Elle a trié. Elle n’a pas éclairé le jeu. Elle a orienté le récit. Elle a servi de gant blanc à la main sale. On ne triche plus à l’ancienne. On triche en UHD, avec ralentis, angles choisis et ce silence tendu où l’on attend une décision qui semble déjà écrite.

Quand l’arbitrage devient un outil, la compétition change de nature. Ce n’est plus qui joue le mieux, c’est qui est le mieux protégé. À ce stade, parler de chance ou de détails relève de la plaisanterie. Ce qui s’est produit relevait d’une logique répétée, d’une cohérence trop propre pour être accidentelle. Plus on revoyait les images, moins on comprenait les décisions. Le football connaît des injustices. Là, il avait un scénario.

À cette lourdeur s’est ajouté le mesquin. Des ramasseurs de balles s’acharnant sur les serviettes du gardien du Sénégal, comme s’ils disputaient leur propre finale contre un bout de tissu. Une image petite, ridicule, révélatrice. La CAN n’a pas seulement été sale en haut, elle a été pingre en bas. Quand on en est à faire la guerre aux serviettes, c’est que la compétition a perdu le sens de la grandeur, et même celui de la décence.

Autre scène lourde de sens. Moulay Rachid, présent lors de la cérémonie, détourne le regard et ignore la passation du trophée. Ni distraction ni caprice. Un signal. Cette victoire devait servir d’image de continuité et de succession. Elle a échoué. L’absence du jeune prince n’est pas anodine. Voulue ou non, elle signifie que l’image était jugée trop mauvaise pour être transmise. Le regard fermé de Moulay Rachid acte une chose simple. Ce jour-là, il ne perd pas seulement une scène. Il perd une position dans le récit du pouvoir.

Au cœur de ce dispositif, Fouzi Lekjaa a trouvé une porte grande ouverte. Il n’a rien inventé. Il a su entrer dans un système existant, s’y installer, et l’utiliser comme une infrastructure. Quand un ministre devient chef d’orchestre sportif, ce n’est pas du talent. C’est une fusion. Football et État, ballon et cabinet, compétition et protocole, même table, mêmes réseaux. Le terrain devient l’endroit où l’on exécute. Et pendant qu’on exécute, on gère aussi les autres nations. On les oppose, on les excite, on les dresse les unes contre les autres, comme si le football avait besoin d’ennemis permanents pour tenir debout.

La contestation, elle, a été méthodiquement étouffée. Des entraîneurs qui questionnent, qui protestent, puis immédiatement le même traitement. Disqualification morale, insinuations, rappels à l’ordre. La conférence de presse n’était plus un espace d’explication, mais un tribunal. L’entraîneur du Sénégal chassé, celui de l’Égypte pris à partie. Et cette scène inouïe de journalistes marocains transformés en milice verbale, posant des questions pour cogner, pas pour comprendre. Du journalisme de tribune, version micro. Une CAN où certains médias ne couvraient plus l’événement. Ils y participaient comme acteurs hostiles.

À cela se sont ajoutés des malaises troublants chez certains joueurs. Des états physiques dégradés, des indisponibilités soudaines, sans communication claire ni explication transparente. Rien de prouvé, rien d’établi officiellement. Mais assez pour renforcer un climat déjà saturé de défiance. Quand même les corps deviennent des zones d’ombre, le tournoi cesse d’être un simple jeu.

Il faut alors nommer les responsables sans détour. La CAF est devenue une antenne. Patrice Motsepe n’a pas présidé l’Afrique du football. Il en a organisé la domestication. Et au-dessus, Gianni Infantino joue son rôle favori. Gardien du produit, pas du jeu. Il sanctionne le bruit, pas la fraude. La justice sportive arrive toujours après la comptabilité.

Il faut enfin le dire clairement. Le Maroc aurait pu gagner sans tout cela. C’était une grande équipe, capable de gagner par le football, simplement. Mais à force de vouloir verrouiller l’issue avant même que le ballon ne circule, le jeu a été sacrifié. Ce n’est pas la grande équipe du Maroc qui a perdu. Ce sont les perturbateurs. Lekjaa, Motsepe, Infantino. Eux ont perdu, parce qu’ils ont réussi à faire perdre au football africain une part de sa crédibilité. Vivement qu’on se débarrasse d’eux. Vivement que le football africain respire à nouveau.

Zaim Gharnati

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