Par une directive du Département d’État entrée en vigueur ce 21 janvier 2026, l’administration américaine suspend sine die la délivrance de visas d’immigrant pour les ressortissants de 75 pays dont l’Algérie.
Cette mesure, justifiée par des impératifs de politique intérieure, marque un tournant restrictif dans la gestion des flux migratoires légaux.
Le paysage de l’immigration légale vers les États-Unis connaît un bouleversement majeur. Le Bureau des affaires consulaires du Département d’État a officialisé la mise en œuvre d’une suspension indéfinie du traitement des demandes de visas d’immigrant (résidence permanente) ciblant une liste de 75 pays.
Cette décision, annoncée initialement le 14 janvier, prend effet ce mercredi. Le fondement juridique et administratif de cette suspension repose sur une réinterprétation stricte de la notion de «charge publique» (public charge). Selon les communications officielles du gouvernement, les pays figurant sur cette liste ont été identifiés sur la base de critères statistiques liés au risque de dépendance de leurs ressortissants aux aides sociales américaines une fois installés sur le territoire.
L’objectif affiché par l’exécutif est de garantir que les futurs résidents permanents disposent de l’autonomie financière nécessaire pour ne pas peser sur les finances publiques.
Géographie d’une mesure globale
La liste des 75 pays concernés couvre une vaste zone géographique, touchant principalement l’Afrique, l’Asie du Sud-Est et l’Amérique latine.
Afrique : Algérie, Cameroun, Égypte, Éthiopie, Ghana, Maroc, Nigeria, République démocratique du Congo, Sénégal, Somalie, Tunisie, etc.
Amérique Latine/Caraïbes : Brésil, Colombie, Cuba, Haïti, Jamaïque, Uruguay, etc.
Asie/Moyen-Orient : Afghanistan, Bangladesh, Iran, Irak, Liban, Pakistan, Russie, Thaïlande, Vietnam, etc.
Le Département d’État a précisé que cette suspension restera en place le temps qu’une révision complète des politiques et procédures de filtrage soit effectuée.
Portée et exceptions de la directive
Il est crucial de noter que cette suspension est spécifique aux visas d’immigrant. À ce stade, les catégories suivantes ne sont pas visées par la restriction : Visas de non-immigrant : Les visas de tourisme (B1/B2), les visas d’étudiant (F-1) et les visas de travail temporaires restent, en théorie, soumis aux procédures habituelles.
Certaines dérogations peuvent être accordées au cas par cas pour des raisons d’intérêt national ou humanitaire urgent.
Cette décision provoque déjà des remous au sein de la communauté internationale et des organisations de défense des droits humains, qui y voient un frein brutal à la réunification familiale et à la diversité migratoire.
Pour les analystes, cette pause indéfinie est présentée par Washington comme une période de transition nécessaire pour « réviser les mécanismes de filtrage et d’audit » des dossiers.
L’impact à long terme sur les relations diplomatiques avec les 75 pays concernés reste, pour l’heure, l’une des principales inconnues de cette nouvelle orientation de la politique étrangère américaine.
La rédaction
# Lien direct (source gouvernementale) : Immigrant Visa Processing Updates for Nationalities at High Risk of Public Benefits Usage – travel.state.gov

