Selon Xavier Driencourt, invité sur les plateaux de la radio Europe1 ce vendredi matin, le nouveau prestataire de service pour les demandes de visas en Algérie aurait enregistré 100.000 demandes en une seule journée. C’est dire combien les Algériens admirent la nouvelle Algérie de Tebboune-Chanegriha dans laquelle tout le monde baigne dans le bonheur.
Concernant les relations entre l’Algérie et la France, et notamment l’affaire Boualem Sansal, Xavier Driencourt mise sur la formule « donnant-donnant » en affirmant que ce qui avait pesé sur la balance, ce sont les suspensions des voyages sans visas pour les hiérarques du pouvoir et leurs familles. On s’en doutait bien. Seuls leurs intérêts comptent.
Concernant la relance de la coopération entre la France et l’Algérie, Xavier Driencourt martèle qu’il ne faut pas surestimer la visite de Monsieur Barrault ce dimanche. Quant au coup de fil entre nos deux présidents, il s’en amuse gaiement en usant de la formule sarcastique : « c’est embrassons-nous Folleville ».
Pour l’affaire Boualem Sansal : « Les Algériens vont réagir en fonction de ce que l’on mettra sur la table », estime Xavier Driencourt. Il s’agit donc bien de troque commerciale et non d’un quelconque geste humanitaire si notre écrivain est libéré. D’ailleurs, concernant l’appel du procureur de Dar El Beida, notre ambassadeur n’hésite pas à clamer haut et fort que « de toute façon il est sous ordre de sa hiérarchie, c’est-à-dire Tebboune ».
Il remarque au passage qu’on appelle la justice algérienne « la justice du téléphone ». Et de rajouter clairement que « le droit algérien, tout le monde s’assied dessus ». Voilà qui a le mérite d’être clair.
Le sort de Boualem Sansal « va dépendre des négociations qui vont s’ouvrir à partir de ce dimanche » rajoutant que « le curseur de la grâce présidentielle dépendra de ces négociations, et la réaction des Algériens va dépendre de la rançon que nous aller payer ». Une façon de traiter nos gouvernants de voyous.
Quant au Sahara occidental, l’affaire semble close, toujours selon notre ancien ambassadeur.
En attendant, Boualem Sansal croupit dans les geôles de Koléa. Et les 240 détenus d’opinion, on n’en parle plus ! En a-t-on jamais parlé d’ailleurs ?
Kacem Madani