La rentrée scolaire, prévue ce dimanche 4 janvier 2026, s’est faite sous le signe de l’incertitude. Depuis le 1er janvier, un impitoyable bras de fer secoue le secteur des transports : chauffeurs de bus, taxis et transporteurs de marchandises ont déclenché un arrêt de travail illimité, bloquant routes et gares dans plusieurs wilayas.
Le déclencheur ? Deux raisons qui se conjuguent : la flambée des prix du carburant et l’application imminente d’un nouveau Code de la route jugé sévère par les professionnels. Pour les chauffeurs, le texte « criminalise la profession » en plaçant toute la responsabilité sur leurs épaules et en imposant des sanctions disproportionnées. Des amendes allant jusqu’à 13 000 dinars et, dans les cas extrêmes, jusqu’à 20 ans de prison pour certaines infractions — vitesse excessive, usage du téléphone au volant, non-respect du port de la ceinture, et pour la première fois, même récupération de déchets jetés depuis les véhicules.
Dans ce contexte, les parents et les élèves redoutent le pire. « Comment allons-nous amener nos enfants à l’école ? » s’inquiète une mère de trois enfants à Alger. Les taxis sont rares, les bus ne circulent pas régulièrement, et même les grandes lignes inter‑wilayas sont touchées.
Les autorités tentent d’éteindre l’incendie. Le ministère de l’Intérieur et des Transports a organisé plusieurs rencontres avec les syndicats pour tenter de trouver un compromis. À l’issue des discussions, une hausse des tarifs de transport a été actée pour répondre aux coûts supplémentaires des chauffeurs. Une décision qui vise à équilibrer les besoins des transporteurs et la capacité financière des citoyens, tout en incitant au retour rapide au travail.
Mais la tension reste palpable. Naftal, le distributeur public de carburant, a mis en garde contre des sanctions sévères pour les transporteurs qui refuseraient de reprendre le ravitaillement, menaçant de résilier les contrats et de déclencher des poursuites légales. La société considère que la grève compromet gravement la mission de service public, alors que le pays entame une nouvelle année scolaire et économique.
Sur le terrain, les conséquences sont visibles : embouteillages dans les rues, arrêts de bus vides, files interminables aux stations-service, et citoyens contraints de réinventer leur mobilité, parfois à pied ou en covoiturage improvisé. La grève ne touche pas seulement les transporteurs ; elle met en lumière une fracture profonde entre les décideurs et ceux qui font tourner la vie quotidienne du pays.
Les syndicats maintiennent leur posture : la sécurité et la reconnaissance de la profession passent avant tout. Ils réclament un dialogue sérieux sur le Code de la route, ses sanctions et ses implications pour une profession qui, selon eux, subit depuis des années des pressions économiques et sociales considérables.
Alors que la rentrée scolaire est lancée, le message est clair : la vie quotidienne des Algériens dépend désormais de la capacité des autorités et des syndicats à trouver un compromis rapide. Les prochains jours seront déterminants pour savoir si les transports reprendront normalement, ou si cette crise sociale s’inscrira dans la mémoire collective comme le premier grand blocage de l’année.
Pour les élèves, les parents et les travailleurs, la question reste la même : arriveront-ils à temps à l’école, au travail, et aux rendez-vous quotidiens ? En attendant, les rues restent silencieuses, les stations de carburant bondées, et la colère contenue des transporteurs plane comme un nuage noir sur la rentrée scolaire 2026.
Mourad Benyahia


Bonjour,
Je suis tout à fait d’accord s’agissant de certaines corrections touchant au Code de la route. Je pense qu’il est temps de faire quelque chose. Il y a plus de chauffards sur la route . Ces gens là , mettent la vie d’autrui en danger. Il est impératif d y’instaurer une certaine discipline. J’encourage vraiment cette initiative. Nous sommes en 2026 et le citoyen algerien doit se montrer comme un être civilisé , repespectueux envers les autres. J’ai vu sur presque toutes les routes algériennes des conducteurs fous, roulent à tout va.