7.9 C
Alger
AccueilMise en avantAmendement constitutionnel : la sortie inhabituelle de la Présidence face aux spéculations...

Amendement constitutionnel : la sortie inhabituelle de la Présidence face aux spéculations sur l’opposition de l’ANP

Date :

Dans la même catégorie

spot_imgspot_img
- Advertisement -

Le directeur de cabinet de la Présidence de la République, Boualem Boualem, est sorti de sa réserve, samedi, pour démentir des rumeurs faisant état d’une prétendue opposition de l’institution militaire au projet de révision technique de la Constitution.

Une fois n’est pas coutume, Boualem Boualem, la voix de son maître est sorti de son silence pour s’expliquer sur des rumeurs d’une opposition de l’armée aux dernières décisions visant des réaménagements constitutionnels, qui agitent le landerneau algérois. Une intervention peu courante de la part d’un haut responsable de la Présidence, qui soulève en elle-même des interrogations sur la portée et la persistance des spéculations ayant circulé ces derniers jours.

À l’origine de ces rumeurs, des informations relayées par certains sites et réseaux sociaux affirmant que le report de l’examen du projet de révision constitutionnelle lors d’un récent Conseil des ministres serait lié à l’absence du ministre délégué auprès du ministre de la Défense nationale, chef d’état-major de l’Armée nationale populaire, le général d’armée Saïd Chanegriha. Ces mêmes sources y voyaient le signe d’un désaccord de l’institution militaire avec les aménagements techniques envisagés.

S’exprimant en marge de la rencontre consacrée à la présentation et à la discussion du projet de révision technique de la Constitution et du projet de loi organique relatif au régime électoral, organisée au Palais des nations, Boualem Boualem a catégoriquement rejeté ces interprétations. Il a précisé que les deux textes avaient été successivement examinés en Conseil du gouvernement, puis inscrits à l’ordre du jour du Conseil des ministres, avant que leur examen ne soit conjointement différé.

Selon lui, ce report n’a aucun lien avec l’absence du chef d’état-major, qu’il a attribuée à un congé de fin d’année, mais relève d’un choix délibéré visant à permettre un enrichissement des deux projets à travers des consultations plus larges avec les formations politiques.

« Il n’existe aucun rapport entre cette décision et une quelconque position de l’institution militaire », a-t-il insisté.

Reste que cette mise au point officielle, portée par le directeur de cabinet du président de la République lui-même, interroge.

Habituellement, ce type de rumeur est laissé sans réponse directe ou traité de manière indirecte par des canaux institutionnels plus classiques. Le fait que la Présidence juge nécessaire d’y répondre frontalement peut être interprété comme le signe d’une volonté de verrouiller le récit politique autour de cette révision, dans un contexte marqué par une forte sensibilité autour du rôle de l’armée dans les équilibres institutionnels.

En s’employant à dissiper toute ambiguïté sur l’attitude de l’ANP, l’exécutif cherche visiblement à prévenir toute lecture politique susceptible de fragiliser un processus présenté comme strictement technique et sans incidence sur les fondements du système politique.

Une démarche qui, paradoxalement, rappelle combien toute réforme constitutionnelle demeure indissociable, dans le débat public algérien, de la question sensible des rapports entre pouvoir civil et institution militaire.

En attendant, i reste à savoir si la grande muette interviendra dans le débat public pour démentir, elle aussi, ces « rumeurs » ?

La rédaction

Dans la même catégorie

Dernières actualités

spot_img

LAISSEZ UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici