Après près de dix ans d’instruction et de débats judiciaires, la justice a tranché. Bernard Bajolet, ancien directeur de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), a été condamné jeudi 8 janvier par le tribunal correctionnel de Bobigny (région parisienne) à un an de prison avec sursis.
L’ancien ambassadeur de France en Algérie, aujourd’hui âgé de 76 ans, Bajolet, a été reconnu coupable de complicité de tentative d’extorsion de fonds et d’atteinte arbitraire à la liberté individuelle par personne dépositaire de l’autorité publique. Une peine plus lourde que celle requise par le parquet, qui avait demandé entre six et huit mois d’emprisonnement avec sursis.
L’affaire remonte au 12 mars 2016. Ce jour-là, Alain Dumenil, homme d’affaires franco-suisse aux multiples démêlés judiciaires et commerciaux, est interpellé à l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle par des policiers de la police aux frontières. Sous couvert d’un contrôle administratif de son passeport, il est conduit dans une salle isolée. Deux hommes en civil le rejoignent alors. Ils ne déclinent pas leur identité mais se présentent comme appartenant aux services de renseignement français.
Selon l’accusation, ces agents lui réclament le remboursement de 15 millions d’euros, estimant qu’il aurait trompé la DGSE au début des années 2000. À l’époque, les services de renseignement l’auraient sollicité pour tenter de redresser des investissements financiers déficitaires, réalisés à partir d’un fonds occulte détenu par l’État. Ce capital, constitué plusieurs décennies plus tôt, devait garantir une autonomie financière de la DGSE en cas de crise majeure, notamment une occupation étrangère ou l’effondrement des institutions gouvernementales.
La pression exercée sur Alain Dumenil ne s’arrête pas à une simple demande financière. Les deux hommes lui montrent un album contenant des photographies de membres de sa famille, une mise en scène perçue comme une menace à peine voilée. Furieux, l’homme d’affaires annonce son intention de porter plainte. Les agents quittent alors la pièce sans donner suite à la rencontre.
Lors de l’audience, tenue en novembre dernier, le procès a parfois dépassé la seule responsabilité individuelle de Bernard Bajolet pour interroger plus largement les méthodes des services secrets français. L’ancien patron de la DGSE a reconnu avoir donné son accord de principe à une rencontre avec Alain Dumenil, tout en niant avoir envisagé le recours à la contrainte ou à l’intimidation. « Les choses ne se sont pas passées comme elles auraient dû », avait-il concédé à la barre.
À l’issue du délibéré, ni Bernard Bajolet ni ses avocats n’ont souhaité réagir publiquement à la décision du tribunal. Cette condamnation marque néanmoins une étape judiciaire rare, mettant en cause, pour des faits pénalement sanctionnés, un ancien chef des renseignements extérieurs français.
La rédaction/AFP


Qu’en est-il au pays L’ALGERIE) ou les caporaux et leurs supplétifs MERCENAIRES …S’ACCAPARENT à l’abri de tout contrôle 22 milliards US dollars/ANNUEL.. C’EST A DIRE 50% e la manne gazopetrolière…