Le Sénégal a écrit, ce mercredi soir, une page de plus dans sa quête continentale. Face à l’Égypte, géant historique de la Coupe d’Afrique, les Lions de la Teranga se sont imposés 1-0 au terme d’une demi-finale fermée, tendue, presque étouffante. Un but de Sadio Mané a suffi. Un but, mais un but qui pèse une finale.
Ce n’était pas un match pour les esthètes. C’était un duel de nerfs, d’organisation, de patience. Deux équipes qui se connaissent trop, deux nations marquées par leurs affrontements récents, leurs blessures, leurs désirs de revanche. L’Égypte a verrouillé, le Sénégal a insisté. Longtemps, rien n’a voulu céder. Peu d’espaces, peu de risques, beaucoup de calculs.
Les Pharaons, emmenés par un Mohamed Salah étroitement surveillé, ont joué la prudence. Bloc bas, lignes compactes, transitions rares. Leur ambition semblait claire : survivre, user l’adversaire, attendre l’erreur. Le Sénégal, lui, a porté le jeu. Il a tenu le ballon, tenté de déplacer le rideau égyptien, mais sans se découvrir. Comme si chaque passe savait que le moindre faux pas pouvait être fatal.
Puis il y a eu cette minute, la 78e. Celle où un match fermé bascule parfois sur un détail. Un ballon mal repoussé, une hésitation, et Sadio Mané, dans ce rôle qu’il connaît trop bien, surgit. Une frappe sèche, sans emphase, mais imparable. Le genre de geste qui ne demande pas d’explication. Le Sénégal venait de faire ce que l’Égypte n’avait pas réussi : frapper au bon moment.
Derrière, il a fallu tenir. Résister aux dernières poussées égyptiennes, même timides. Gérer la tension, le temps, les corps fatigués. Les Lions l’ont fait avec cette maturité qui distingue les équipes qui savent où elles vont. Sans panique. Sans tricher.
Pour l’Égypte, l’élimination a un goût amer. Le palmarès, l’histoire, les sept titres, tout cela ne pèse rien quand le présent vous échappe. Salah a lutté, mais seul, ou presque. Les Pharaons quittent la scène sans avoir réellement imposé leur loi.
Le Sénégal, lui, avance. Après avoir écarté le Mali en quart, il élimine l’Égypte en demi-finale. Deux victoires, deux fois 1-0. Deux matchs de maîtrise plus que de démonstration. C’est peut-être cela, aujourd’hui, la marque des équipes qui vont loin : savoir gagner sans briller.
Une finale attend désormais les Lions de la Teranga. Qu’elle soit contre le Maroc ou le Nigeria, elle portera une promesse : celle d’un football africain qui se joue autant dans la tête que dans les jambes. À Tanger, le Sénégal n’a pas seulement gagné un match. Il a gagné le droit de rêver encore.
Djamal Guettala

