Anciens coéquipiers à Liverpool, Sadio Mané et Mohamed Salah se recroiseront une nouvelle fois en Coupe d’Afrique à l’occasion de la demi-finale entre le Sénégal et l’Égypte à Tanger le 14 janvier.
Sacré en 2022 pour l’un, toujours en quête d’un trophée continental pour l’autre, les deux joueurs partagent une histoire commune et un statut de cadres incontestables en sélection. Mercredi, le duel qui opposera le Sénégalais et l’Égyptien promet de consolider un peu plus leur légende sur la scène africaine.
Les retrouvailles approchent entre le Lion Sadio Mané et le Roi Mohamed Salah. Plus qu’un choc électrique sur le terrain, la première demi-finale de la CAN 2025 entre le Sénégal et l’Égypte, mercredi 14 janvier, prendra aussi des airs de réunion au sommet entre deux des plus grands ambassadeurs du football africain de ces dernières années.
Trois ans après leur ultime apparition commune sous les couleurs de Liverpool, en finale de la Ligue des champions 2022 face au Real Madrid sur la pelouse du Stade de France, la route du Lion recroisera celle du Pharaon à Tanger et promet un duel d’influence dans le jeu aussi bien que devant les buts. À 33 ans chacun, le Sénégalais et l’Égyptien ont cimenté leur statut de piliers en sélection depuis plusieurs années et réalisent au Maroc, malgré les années qui défilent, une Coupe d’Afrique réussie jusqu’à maintenant.
Les statistiques parlent d’elles-mêmes : l’attaquant sénégalais, auteur d’un but et 3 passes décisives, est au coude-à-coude avec son homologue égyptien (4 buts, une passe décisive) en termes d’efficacité globale dans la compétition. Mais ces chiffres démontrent surtout, malgré une influence semblable, une différence de dynamiques pour les deux hommes au sein de leur sélection.
Statuts similaires, parcours opposés
Sadio Mané a déjà atteint le sommet de l’Afrique avec son pays. Sacré champion d’Afrique en 2022 après une séance de tirs au but remportée face à l’Égypte de son coéquipier de l’époque, le Sénégalais permettait enfin aux Lions de la Téranga de mettre la main sur le trophée après une finale perdue deux ans auparavant. Il repartait en prime avec le titre de meilleur joueur de la compétition. Depuis, le vieux Lion s’est mué en figure tutélaire d’un groupe qui regorge de nouveaux talents (Ibrahim Mbaye, Lamine Camara, El Hadji Malick Diouf…) qui ne demandent qu’à être guidés vers les sommets. Et il remplit parfaitement son rôle : moins buteur mais toujours aussi précieux, Mané est devenu le meilleur passeur de l’histoire de la CAN (9) devant l’Ivoirien Yaya Touré et a conforté son statut de joueur le plus décisif de la compétition si l’on y ajoute ses buts inscrits (10). Le tout devant… Mohamed Salah (11 buts, 5 passes décisives), une nouvelle fois.
L’Égyptien a bien sûr aussi connu le succès au cours de sa carrière, mais il reste encore le « Roi sans couronne » en sélection nationale, symbole d’une génération de Pharaons à qui le titre échappe depuis 2010 et qui s’est inclinée deux fois en finale (2017 et 2022). Pour sa cinquième participation à la Coupe d’Afrique, il sait que son temps est compté et que la fin d’un cycle approche pour la sélection égyptienne, qui n’a pas vraiment assisté à l’éclosion de nouvelles pépites et doit donc toujours s’appuyer sur son capitaine et des cadres vieillissants. « Mo » a bien tenu son rang de guide offensif incontesté, occupant la troisième marche du podium des buteurs derrière Diaz et Osimhen avant les demi-finales, et n’a pas hésité à soulager les siens de la pression qui pèse forcément sur l’équipe la plus titrée du continent. « Personne, même en Égypte, ne veut remporter ce trophée plus que moi, confiait-il après la victoire contre la Côte d’Ivoire en quarts de finale. J’ai remporté presque toutes les distinctions. J’attends ce titre. »
Sur la scène africaine, les deux joueurs se retrouveront certainement pour la dernière fois ce mercredi. Avec la faim d’atteindre un nouveau sacre pour l’un, et la pression de conclure une quête qui s’éternise pour l’autre. Avant de disputer, l’été prochain, un probable dernier tour d’honneur sur la scène internationale lors de la Coupe du monde 2026.

