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Comores : la souveraineté en danger dans l’ombre des grandes puissances

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L’opposant comorien Saïd Larifou vient de lancer un appel solennel aux « forces vives de la nation ». Ce texte dépasse la dénonciation habituelle du pouvoir en place. Il pose une question autrement plus lourde : les Comores sont-elles en train d’être entraînées, sans débat national, dans les rivalités stratégiques qui redessinent aujourd’hui l’océan Indien ?

Depuis l’exil, Larifou parle d’un pays affaibli de l’intérieur. Pauvreté persistante, injustices sociales, institutions fragilisées, concentration du pouvoir : le tableau qu’il dresse n’a rien d’inédit. Mais son analyse ne s’arrête pas là. Selon lui, cette fragilité politique crée un terrain propice à des décisions engageant l’avenir du pays sans transparence ni contrôle citoyen.

C’est ici que son propos prend une dimension géopolitique. L’archipel des Comores, situé à un carrefour maritime stratégique entre l’Afrique orientale, le Moyen-Orient et les grandes routes commerciales de l’océan Indien, ne serait plus un simple État périphérique. Il deviendrait un espace convoité, observé, approché par des puissances militaires dont les rivalités s’intensifient.

Larifou évoque la présence récente d’acteurs liés à plusieurs grandes nations, qu’il interprète comme le signe d’un repositionnement stratégique discret. Ces éléments demandent à être vérifiés de manière indépendante. Mais leur simple évocation suffit à poser une question essentielle : un petit État peut-il préserver sa souveraineté lorsque son territoire acquiert une valeur stratégique nouvelle dans un monde en tension ?

L’opposant ne plaide pas pour l’isolement. Il reconnaît qu’un pays comme les Comores peut avoir besoin de coopérations sécuritaires. Ce qu’il dénonce, c’est l’opacité. L’idée que des engagements à portée militaire puissent être conclus sans information claire de la population, sans débat public, sans contrôle démocratique effectif.

Le risque, dans cette perspective, n’est pas seulement militaire. Il est politique et institutionnel. Un pouvoir fragilisé à l’intérieur peut être tenté de chercher à l’extérieur les appuis qui lui manquent à l’intérieur. À mesure que ces dépendances s’installent, la capacité de décision nationale se rétrécit. La souveraineté ne disparaît pas brutalement ; elle s’effrite, accord après accord, silence après silence.

Larifou met également en garde contre un autre danger : celui de voir les Comores devenir un terrain d’influence dans des conflits qui ne sont pas les leurs. Dans un environnement international marqué par la confrontation entre grandes puissances, certains territoires servent de points d’appui discrets, de relais logistiques, de symboles d’influence. L’archipel pourrait se retrouver intégré à des logiques stratégiques qui le dépassent, au moment même où sa population réclame avant tout développement, justice sociale et stabilité.

Son appel ne prend pourtant pas la forme d’une incitation à la confrontation directe. Il invite les acteurs politiques, la société civile et les élites comoriennes à exiger des explications claires sur la nature des engagements militaires du pays. Il établit un lien direct entre démocratie et souveraineté : un peuple tenu à l’écart des décisions majeures est un peuple dont l’indépendance devient fragile.

Sur le plan journalistique, ce texte relève de la tribune politique et comporte des affirmations qui nécessitent vérification. Mais il met en lumière un enjeu souvent relégué à l’arrière-plan du débat public comorien : la place de l’archipel dans un océan Indien redevenu un espace de compétition stratégique mondiale.

Au-delà des controverses partisanes, une interrogation demeure. Dans un monde où les rapports de force se durcissent, les petits États peuvent-ils encore définir librement leur trajectoire, ou sont-ils condamnés à devenir les pièces silencieuses d’un échiquier qui les dépasse ? C’est cette question, grave et dérangeante, que l’opposant comorien place désormais au centre du débat national.

Mourad Benyahia 

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