Le tribunal criminel d’appel d’Alger (cour d’Alger) a rendu son impitoyable verdict dans l’affairTadjadite concernant Mohamed Tadjadit , connu sous l’appellation de « poète du Hirak ».
L’intéressé a été condamné à une peine globale de trois ans de prison, dont deux ans ferme et un an assorti du sursis, ainsi qu’au paiement d’une amende ferme de 100 000 dinars, a annoncé Me Fetta Sadat, membre du collectif de défense du prévenu, sur sa page Facebook.
Sur le plan civil, la juridiction a également retenu la responsabilité du prévenu et l’a condamné à verser la somme de 200 000 dinars à l’Agent judiciaire du trésor (AJT) à titre de réparation.
Selon Me Fetta Sadat, cette décision intervient alors que Tadjadit Mohamed faisait face à pas moins de six chefs d’accusation, dont trois qualifiés de crimes en lien avec la législation antiterroriste. Il est notamment poursuivi pour apologie d’actes terroristes, utilisation des technologies de l’information et de la communication à des fins de soutien à des entités terroristes, ainsi que pour la propagation directe ou indirecte de leurs idées.
À ces chefs d’inculpation s’ajoutent plusieurs délits, parmi lesquels l’outrage à corps constitué, l’exposition au regard du public de publications portant atteinte à l’intérêt national, ainsi que l’incitation à attroupement non armé. Les poursuites s’appuient sur plusieurs dispositions du code pénal, notamment les articles 100 alinéa 1, 146, 87 bis 12, 87 bis 4 et 96.
Lors de l’audience, le représentant du ministère public avait requis une peine de sept ans de réclusion assortie d’une amende ferme de 200 000 dinars. De son côté, le représentant du Trésor public avait réclamé une indemnisation civile d’un montant de deux millions de dinars.
La décision rendue en appel, bien que réduisant sensiblement les réquisitions du parquet, confirme néanmoins une condamnation pénale significative. Elle s’inscrit dans un contexte judiciaire marqué par une application rigoureuse des dispositions pénales relatives à la sécurité de l’État et à l’usage des réseaux sociaux, suscitant de vifs débats au sein de la défense et des milieux des droits humains. Pas seulement ce procès inique nous rappelle que le pouvoir n’est pas près de lâcher sa prise mortelle sur la société.
Quelque 250 Algériennes et Algériens sont détenus arbitrairement pour leur opinion. Et des dizaines, voire des centaines d’Algériennes et d’Algériens interdits de quitter le territoire national. A la lumière de cet état de fait, Tebboune peut toujours appeler les sans papiers algériens réfugiés en France à rentrer en Algérie…
La rédaction

