L’un des fondements de la promesse électorale de Donald Trump à sa base MAGA (Make America Great Again) était que les Etats-Unis ne seraient plus les gendarmes du monde afin de se concentrer sur les intérêts des citoyens américains. Mais il avait oublié de leur dire quelles étaient les frontières de leur pays.
Le monde s’est réveillé avec stupéfaction après l’annonce d’un coup de folie qui dépasse chaque jour celui du précédent. Voilà que Donald Trump revient aux vieux démons des Etats-Unis, avoir la mainmise sur les politiques et gouvernements de l’Amérique Latine. L’opération des troupes spéciales américaines est plus qu’une intervention dans la capitale vénézuélienne mais au-delà, une exfiltration du Président du pays, Nicolas Maduro.
On ne peut pas imaginer la dimension de mon opinion face à l’un des tyrans les plus populistes de ce monde, muselant les opposants et terrorisant leurs peuples. Mais on ne peut pas plus se réjouir qu’un Président américain, aussi fou que versé dans le populisme antilibéral, puisse s’immiscer dans les affaires internes d’un pays étranger. C’est aux peuples de ces pays souverains de décider de la nomination de leurs dirigeants ou de leur destitution, y compris par la force si c’est légitime.
Ce commandant en chef d’une mission de voyous est mal placé pour donner une leçon au monde de démocratie et de libération des peuples opprimés. Commençons à rappeler à cet ignorant de l’histoire contemporaine de son pays, est-il instruit en quoi que ce soit d’autre, les glorieuses interventions militaires dans le monde.
L’héritage des échecs interventionnistes américains
Conforme à son désir de puissance narcissique, c’est dans le réseau social lui appartenant que Donald Trump a diffusé cette image désormais célèbre du Président vénézuélien dans l’avion qui l’emmène aux États-Unis.
Le palmarès des échecs militaires américains à l’étranger après la fin de la seconde guerre mondiale est aussi long que la liste des Prix Nobel obtenus par ce pays qui avait tout pour rayonner dans ce monde sans un interventionnisme impérial.
Commençons par ce dont se souvient ma génération, la déroute américaine au Vietnam avec l’image incrustée dans les mémoires, celle d’un hélicoptère qui évacuait les membres de l’ambassade des Etats-Unis, dans la précipitation et le déshonneur. C’était l’image ultime du désastre de la politique interventionniste, aussi condamnable que vouée à l’échec.
Nous l’avons dit, la liste est longue, citons les autres échecs les plus notoires. Tout avait pourtant commencé avec une défaite majeure, celui de la Baie des cochons en 1961. Les Etats-Unis avaient programmé l’invasion de Cubains en exil afin de renverser Fidel Castro.
Au Chili, en 1973, le soutien au coup d’état contre Salvador Allende (comme pour le Vietnam, un objectif anticommuniste) a mis en place la terrible dictature de Pinochet. En 2013 l’intervention américaine en Irak s’est terminée par une déstabilisation durable du pays.
Quant à la guerre d’Afghanistan, en répression après l’attaque terroriste islamiste sur le sol américain du 11 septembre 2001, les Etats-Unis voulaient empêcher ce pays de redevenir une base terroriste. Nous avons vu ce qu’a donné cette bataille contre Al-Qaïda, l’échec et le retrait des américains qui ont permis au Talibans de reprendre le contrôle du pays. Bravo, la lutte contre le terrorisme islamiste !
Vient ensuite l’invasion de l’Irak en 2003. Un pays qui a sombré dans le chaos de la guerre civile avec une émergence d’Al Quad puis de l’état islamique de Dach. Encore bravo l’Amérique !
L’intervention des Etats-Unis en Lybie en 2011 avec leurs alliés de l’Otan s’est terminée par une guerre civile entre les différentes factions qui a plongé le pays dans le chaos. Que dire encore de l’intervention américaine sinon encore une fois, bravo !
Les États-Unis n’ont jamais compris que la démocratie ne s’exportait pas, surtout lorsque l’objectif est douteux et contre la volonté des peuples. Ainsi, dans la longue liste, on peut rajouter l’intervention en 1954 au Guatemala, le renversement de Jacob Arbenz qui a eu pour conséquence 40 ans de guerre civile et de dictature.
Là où passent les interventions armées américaines, suivent les plus horribles dictatures. Comme mission de propagation de la démocratie, le monde en a connu de meilleures.
On peut légitimement penser qu’il y a un risque que la loi des séries se vérifiera au Venezuela. Décrite comme un succès opérationnel, ce qui est incontestable, mais j’attends de voir la suite pour l’avenir du pays.
Reniflez le pétrole, vous trouverez Donald
Bien entendu que l’excuse de vouloir remettre à la justice américaine un homme condamné pour narcotrafic ne tient pas une seule seconde. D’ailleurs, Donald Trump ne s’en cache pas. Il veut avoir le contrôle total des énormes gisements pétroliers. Prenant le relais du Président, le ministre des affaires étrangères américain, Marco Rubio, le clame lui aussi dans toutes ses interventions médiatiques.
Donald Trump a prévenu, les prochains sur la liste seront la Bolivie et Cuba, puis d’autres, s’ils ne coopèrent pas dans cette spoliation assumée. Toujours sous l’excuse du trafic de drogue qui est massivement exporté vers les Etats-Unis. C’est la seule vérité factuelle qui est incontestable mais qui sert, nous l’avons dit, à trouver excuse aux ambitions impériales de Donald Trump.
Là également, si nous nous en tenons à l’excuse du trafic de drogue, Donald Trump n’a peut-être jamais entendu parler de l’échec pitoyable de l’intervention américaine contre les cartels de la drogue en Bolivie. Les opérations ont été menés y compris par des bombardements des sites suspectés d’abriter des plantations illégales (enfin, disons que leur existence n’est pas arrivée aux oreilles sourdes des dirigeants).
Donald, le petit-fils de Monroe
Je renvoie à mon article à propos de ce qu’on appelle la doctrine Monroe sous le titre « Monroe tu n’es jamais parti ! ». Comme il est indispensable de l’évoquer dans cette affaire, la reproduction d’un passage du texte s’impose.
« …/… James Monroe fut le cinquième Président des États-Unis. Dans un discours annuel devant le Congrès américain avait théorisé et mis en place ce qu’on appellera la doctrine Monroe. Elle se résume par la formule » L’Amérique aux Américains « . Cela ne vous dit rien ?
Mais oui, bien sûr, comment l’éviter, il s’impose tous les matins au monde, Donald Trump. Son slogan de la première campagne, America first, puis dans la seconde, Make America Great Again. Il n’a en fait rien inventé ni crée une autre doctrine, c’est tout simplement celle de James Monroe qu’il ressuscite. Ressusciter ? Nous reviendrons sur cela plus loin. James Monroe annonce sa doctrine dans un message annuel au Congrès, en 1823.
Le pilier de la doctrine Monroe est de refuser que le continent américain reste une terre de colonisation par les puissances européennes (ce qu’il a toujours été depuis Christophe Colomb et les suivants).
La conséquence est que toute ingérence dans la souveraineté des Etats du continent américain sera considérée comme une action inamicale envers les Etats-Unis (un mot très diplomatique dans sa modération, on sait ce que cela veut dire en réalité).
Dès lors, s’ouvre la période qu’on appellera la politique isolationniste américaine. Eh oui, celle que Donald Trump a vendu aux électeurs de sa base. La différence, bien minime en fait, est que Donald Trump ne veut pas seulement dominer le continent par une promesse de protection, mais rattacher juridiquement plusieurs pays à la souveraineté américaine (Canada, Groenland et maintenant, l’Amérique latine).
Pendant la Présidence de Théodore Roosevelt (pas Franklin Roosevelt qui fut Président plus tard), s’ajoutera ce qu’on appelle le » Corollaire « . L’Amérique justifiera dorénavant son intervention militaire pour maintenir l’ordre dans l’ensemble du continent américain …/… ».
En fait, cette doctrine n’a jamais réellement disparue même si elle avait pris des formes plus masquées. Avec Donald Trump, rien n’est caché, tout est dit et assumé par lui, la doctrine Monroe est portée à son point ultime. D’ailleurs la presse américaine attribue au Président le surnom de Donroe (contraction de Donald et de Monroe).
Une illégalité assumée par l’empereur américain
Donald Trump se fiche totalement de l’illégalité, il nous l’a montré dans tous ses actes impériaux et nous en sommes convaincus.
Avec l’affaire du Venezuela, c’est à un niveau culminant, assuré et revendiqué. Le coup de force du Président américain est illégal par deux considérations juridiques. Pour l’extérieur des États-Unis, la première est la violation de l’article 2 de la charte des Nations unies et du droit international.
L’article 2, dans son paragraphe 4, précise : « Les Membres de l’Organisation s’abstiennent, dans leurs relations internationales, de recourir à la menace ou à l’emploi de la force, soit contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique de tout État, soit de toute autre manière incompatible avec les buts des Nations Unies. »
La seconde faisant référence à la Convention de Vienne de 1961 sur les règles diplomatiques internationales, confirme le principe de la Charte. Ainsi l’opération de Donald Trump ne contrevient pas seulement aux usages de bonne entente dans les relations internationales mais au droit international lui-même.
Pour ce qui est du droit interne des États-Unis, la chose est un peu plus compliquée que semble le dire beaucoup d’intervenants. Non pas que les experts en ce domaine se trompent lorsqu’ils s’expriment dans les médias (je n’oserais pas une telle prétention) mais leur intention est de faire un résumé rapide et pédagogique à l’adresse du public.
Ce droit interne aux États-Unis repose sur le War Power Resolution de 1973 qui est la recherche en ce domaine de l’intervention armée d’un équilibre entre le pouvoir du Président et celui du Congrès. D’une manière simplifiée, Donald Trump, en tant que chef des armées, peut décider d’une intervenir des troupes mais il doit en informer le Congrès sans obligation d’en demander l’autorisation.
Le projet en information doit être notifié au Congrès dans un délai de 48 heures. Au bout de 60 jours, le Président doit avoir l’autorisation du Congrès pour poursuivre l’engagement. Il a ensuite 30 jours supplémentaires pour le retrait total des troupes si l’aval n’est pas donné. Le pouvoir du Congrès porte aussi bien pour la durée que pour le financement dont il est le seul détenteur de la décision.
Mais Donald Trump, s’il ne comprend pas grand-chose, à rien, a de bons avocats et conseillers. Il a transformé cette intervention en opération de police et non de guerre suite à l’inculpation par un tribunal américain pour narcotrafic. Ni l’information ni l’autorisation du Congrès n’est donc nécessaire dans ce cas (fallacieux).
Cependant, à titre personnel, je pense que l’évocation d’une nature policière ne tiendra pas longtemps et que l’illégalité de l’opération de guerre sera confirmée.
En conclusion, si le monde n’a jamais véritablement connu une sérénité dans l’ordre juridique et diplomatique internationaux, avec Donald Trump, nous revenons aux empires précédant la première guerre mondiale.
Si tu me reconnais la souveraineté sur un empire territorial, je reconnais la tienne sur un autre territoire. Et si tu dépasses les frontières du partage, c’est la guerre. Voilà où nous mène la folie d’un homme et de certains autres.
Boumediene Sid Lakhdar


Ya si Boumediene, il n’y a pas de si ceci moi cela et si toi cela moi ceci. Maduro pouvait faire ce qu’il faisait et Trump fait ce qu’il peut faire. L’un peut faire le chikour du quartier venezuela et l’autre peut l’esquainter et le fait. Les compagnies Petrolieres Americaines ont la capacite’ de rentabiliser a 100% le sous-sol Venezuelien. En ce moment c’est du 40%, tout vole’ pour corrompre l’arme’e et les canailles etrangeres autour pour blablaer la souverainete’, etc. a commencer par la dictature Cubaine, Iranienne et genre. Bref, c’est la copie de l’AlKharia ! La difference est la location. Ca revient a nettoyer le quartier !!! Il fait mieux vivre a Caracas qu’a Washington, tant il est possible de se faire une vie normale. C’est comparer la vie a Alger et Paris. Ou est la difference sinon la culture liberale avec une Economie Integre’e. 8 millions de Venezueliens, les plus capables cultive’s, instruits helas eparpille’s a travers le monde. Le parametre maitre est la CULTURE. LES CULTURES DE VICES FINISSENT TOUJOURS PAR ACCOUCHER DE MONSTRES QUI DEVORENT LEURS PARENTS
« Donald, le prédateur du monde ».
Mais le monde est constitué que de prédateurs y compris les proies qui deviennent prédatrices à la première occasion. De puis le lion de la savane jusqu’à l’ acarien de matelas en passant par les hyènes, les chacals et les musaraignes.
Donald, avec tous les moyens incommensurables dont il dispose, a de quoi être non seulement le prédateur du monde mais le super prédateur et pourtant il n’est certainement pas le plus vorace ! Quand on voit ce dont certains en sont capables, avec les plus faibles, et avec des moyens Infiniment moindres.
Ps. On sous-estime souvent le rôle des super prédateurs dans la nature. Ils remplissent un rôle salvateur comme régulateurs des populations de leurs proies dont ils se nourrissent et autres prédateurs de moindre taille qui risquent par leur voracité et leur nombre conduire à la défaillance totale de l’écosystème et au péril de tout le monde.
Parlant des USA, ils sont peut être prédateurs, à côté d’autres puissants, parce qu’ils se sont donnés les moyens, mais en retour ils apportent énormément à l’humanité directement ou indirectement: progrès dans tous les domaines, savoirs, technologies, médecine,culture,… Contrairement à d’autres petits prédateurs, pas moins voraces, qui sont de purs prédateurs, à commencer des richesses de leurs propres peuples, sans rien apporter en retour dans aucun domaine ni pour eux même et encore moins pour le reste du monde. Pensez-vous que l’Iran, la Corée du Nord,ou même les arabes, …seraient moins prédateurs s’ils avaient les moyens; à fortiori avec les moyens dont disposent les USA?