L’armée israélienne a confirmé, ce samedi, l’élimination de Raad Saad, le numéro deux des Brigades Al-Qassam, le bras armé du Hamas, lors d’une frappe aérienne ciblée sur son véhicule au sud-ouest de Gaza. Considéré comme l’un des principaux architectes militaires du mouvement, Saad était responsable de la production d’armes et de la reconstruction des capacités militaires du Hamas après la guerre menée depuis le 7 octobre 2023.
Selon les sources israéliennes, Raad Saad avait occupé plusieurs postes clés au sein du mouvement : il avait dirigé le « Légion de la ville de Gaza », participé à la création de la force maritime et piloté le département des opérations avant de prendre la tête du département de fabrication d’armes. Il est accusé d’avoir supervisé la production de la majorité des explosifs utilisés contre les soldats israéliens et d’avoir planifié de nombreuses opérations contre l’État hébreu. L’armée israélienne souligne que l’élimination de Saad constitue « un coup direct aux capacités armées de Hamas ».
La frappe a été approuvée personnellement par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. Selon les médias israéliens, Washington n’a été informé qu’après coup, ce qui souligne l’importance stratégique que Tel-Aviv accordait à cette cible et la volonté de neutraliser rapidement un responsable considéré comme critique. L’opération survient après plusieurs tentatives d’assassinat infructueuses ces dernières semaines, durant lesquelles Saad avait survécu à plusieurs frappes.
Le bilan humain immédiat est lourd. Selon des sources médicales locales, quatre civils ont été tués et plusieurs autres blessés, certains gravement, lors de l’attaque. Les habitants du sud-ouest de Gaza décrivent des scènes de chaos et de panique, tandis que les sirènes d’alerte aérienne se sont déclenchées dans la ville. Comme toujours, ces pertes collatérales risquent de nourrir la colère et la défiance envers Israël, tout en fragilisant davantage le fragile cessez-le-feu en vigueur.
Au-delà de l’impact militaire, la mort de Saad a des implications politiques et stratégiques. Pour Israël, il s’agit de neutraliser un élément clé capable de renforcer la production d’armes et la planification d’opérations contre l’État hébreu. Pour le Hamas, la disparition de l’un de ses commandants les plus expérimentés pourrait temporairement affaiblir la chaîne de commandement et compliquer la reconstruction de son arsenal. Toutefois, certains analystes estiment que cette action pourrait également provoquer des représailles et intensifier les tensions dans la bande de Gaza.
Sur le plan régional, l’élimination de Saad intervient dans un contexte de tensions persistantes entre Israël et les factions palestiniennes. Elle pourrait affecter les équilibres déjà fragiles dans la région et compliquer les efforts diplomatiques pour maintenir un cessez-le-feu durable. Les relations entre Israël et ses alliés, notamment les États-Unis, pourraient également être influencées par la manière dont la frappe a été coordonnée.
Enfin, cet assassinat d’un chef militaire illustre la nature asymétrique du conflit à Gaza, où chaque action militaire a des répercussions immédiates sur la population civile et le tissu politique local. La communication israélienne met en avant le succès stratégique et le renforcement de la sécurité nationale, tandis que les sources palestiniennes insistent sur l’impact humanitaire et les pertes civiles, illustrant le contraste persistant dans les narratifs médiatiques.
Mourad Benyahia

