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Le cerf-volant du général ! 

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L’Algérie possède plusieurs satellites, le saviez-vous ? Moi non ! Je n’ai déjà pas le temps de répertorier tout ce qu’elle n’a pas, liberté, laïcité, droit et justice et bien d’autres.

Le général-major Chanegriha, chef d’état-major, détaché auprès du ministre de la Défense, commandant des forces terrestres et grand vizir de l’État (Ouf, c’est long !), s’est amusé ce 15 janvier à annoncer le lancement de son gros jouet dans l’espace avec l’aide de ses amis démocrates chinois.

Je ne savais pas que nous avions des satellites, ce jeudi 15 janvier j’apprends donc que le premier, Alsat-1, fut lancé en 2002. Comment voulez-vous que je prête attention à tout ? J’étais occupé à suivre d’autres actualités. 

En 2002, la répression en Kabylie fut intense après le mouvement de révolte débuté en avril 2001. Á Béjaïa, des émeutes et répression féroce. Une répression de nouveau féroce avec le premier anniversaire de Massinnissa Guermah, la première victime de la guerre lancée par les amis de Chengriha (ce gars en a décidément beaucoup). Et beaucoup d’horreurs qui ont suivi, dénoncées comme un massacre par Amnesty International qui a relevé des tirs à balles réelles.

Mais comme il fallait du bruit pour couvrir celui des massacres, ce furent les élections législatives qui l’ont fait. Les urnes contre les tombes, c’est la réponse du gouvernement algérien.

Puis ce fut le lancement des satellites Alsat-2A en 2010 et Alsat-1B, 2B et Atlas 1N en 2016, une grande année. Cette année de 2010, un dispositif policier lourd pour contrer toutes les tentatives de marche vers la place des Martyrs, arrestations des manifestants du Comité National pour la Défense des Droits des Chômeurs, des églises protestantes et des lieux de culte non-musulmans subissent des fermetures administratives ou des pressions policières, harcèlement des syndicats autonomes.

Quant à Alsat-1B, 2B et Atlas 1N, en 2016, mon attention était encore une fois dirigée vers d’autres actualités. J’ai décidément le don d’être distrait par des événements sans importance et rater ce qui est l’essentiel, la puissance naissante de la maîtrise du ciel par nos fantastiques généraux, chevaliers du ciel.

Cette année-là, mort du journaliste Mohamed Tamalt, répression contre des mouvements sociaux,  arrestations et intimidations des défenseurs des droits de l’homme (comme le cas du collectif des familles de disparus, le CFDA), Plusieurs activistes ont été frappés d’interdiction de sortie du territoire.

Et je passerai sur la montée fulgurante de la répression par Abdelmadjid contre les libertés d’opinion et de la presse. Des arrestations massives pour des publications jugées être une « atteinte à l’intérêt national ». Vous rendez-vous compte de ce que j’ai risqué sans le savoir.

Puis arrive Alsat-3A en 2026, celui que j’ai raté ce jeudi 15 janvier. Lorsqu’on est un étourdi, on le reste à vie. Pourtant ce satellite est en relation directe avec ce qui a détourné mon attention.

Un contrôle strict (le mot est faible) des réseaux sociaux, notamment par la surveillance des plateformes ainsi que l’interdiction des journaux numériques comme celui où sévissent ces crimes en compagnie de charmants autres criminels, dangereux pour la sécurité du pays. 

La qualification pénale de cybercriminalité  se base sur des lois de plus en plus liberticides pour effrayer et museler les voix dissidentes. Rien de nouveau mais les nœuds des pendus peuvent toujours être serrés plus fort. En cas d’arrestation, mon avocat plaidera pour la nullité informatique de son client, une vérité incontestable, j’ai des témoins.

Monsieur  le général Chengriha, chef d’état-major, détaché auprès du ministre de la défense, commandant des forces terrestres (une seconde fois, je prends des risques d’étouffement), je souhaiterais vous faire part de mon irrésistible pensée en rédigeant ce papier au petit matin.

Vous connaissez certainement cette phrase si célèbre du dialoguiste Michel Audiard, « le jour où on mettra les « c… » en orbite tu n’arrêteras pas de tourner »

Mais, toi, mon général, tu finiras toujours par retomber sous l’effet de la gravité de tes actes. Celle-là est de moi.

Boumediene Sid Lakhdar

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