Le journaliste, écrivain et homme politique Abdelaziz Gharmoul exprime (sur son réseau social Facebook) son profond agacement face au traitement médiatique de la récente communication entre le président français Emmanuel Macron et son homologue algérien Abdelmadjid Tebboune.

Pour lui, la presse algérienne a adopté un ton servile et maladroit, loin des exigences d’un journalisme rigoureux et indépendant.

Un langage dévoyé et un manque de professionnalisme

Abdelaziz Gharmoul dénonce l’absence de langage diplomatique et journalistique approprié dans la couverture de cet événement. Selon lui, le récit fait par certains médias algériens laisse transparaître une soumission injustifiable à l’ancienne puissance coloniale, comme si un simple appel téléphonique de Macron suffisait à faire plier l’Algérie. Cette façon d’aborder la relation franco-algérienne trahit une perte de souveraineté narrative et une infantilisation du discours officiel.

Une couverture médiatique qui manque de discernement

Pour Gharmoul, la manière dont la presse a présenté cet échange laisse entendre que les tensions entre les deux pays n’étaient qu’un épisode sans conséquence, un « tourbillon dans un verre d’eau ». Il réprouve cette attitude qui minimise les enjeux et présente l’Algérie comme un pays prêt à se soumettre aux exigences françaises au moindre signe de conciliation.

Une relation franco-algérienne à défendre, mais pas à n’importe quel prix

Si Gharmoul reconnaît la nécessité de privilégier la diplomatie pour résoudre les différends entre les deux nations, il insiste sur le fait que cela ne doit pas se faire aux dépens de la dignité et de l’indépendance de l’Algérie. Il regrette que la presse algérienne n’ait pas su trouver un équilibre entre la relation bilatérale et le respect des positions souveraines du pays.

Le comité d’historiens: une initiative futile ou un levier politique ?

Par ailleurs, il s’interroge sur l’utilité du comité d’historiens mis en place pour traiter des questions mémorielles entre la France et l’Algérie. Il craint que cette initiative ne soit qu’un prétexte pour raviver des blessures du passé sans apporter de réelles solutions. Plus encore, il pointe du doigt le fait que la discussion entre les présidents ait été confiée à des individus dont l’impartialité est discutable, voire condamnés pour trahison.

Une presse algérienne en perte de repères

Au-delà de cette affaire précise, Gharmoul critique plus largement l’attitude de certains médias algériens qui, selon lui, ont renoncé à leur mission d’information pour servir des intérêts étroits. Il fustige l’absence d’objectivité, la connivence avec les cercles du pouvoir et la tendance à déformer la réalité pour préserver des privilèges.

Un appel à la rigueur et à l’intégrité

Le coup de gueule d’Abdelaziz Gharmoul est un rappel essentiel du rôle fondamental de la presse dans une société démocratique. Il exhorte les journalistes à plus de rigueur, de professionnalisme et d’indépendance afin que l’information ne soit plus un instrument de soumission, mais un outil d’émancipation et de souveraineté nationale.

Samia Naït Iqbal

(*) Abdelaziz Gharmoul est un journaliste. écrivain algérien connu pour son ancrage politique progressiste. 

Sa carrière journalistique débute à la revue El Wihda (L’Unité) de l’Union nationale de la jeunesse algérienne (UNJA), puis il rejoint le quotidien Achaâb en 1987. Parallèlement, il collabore avec des revues arabes basées à Paris et à Londres. En 1991, il participe à la fondation du quotidien El Khabar, où il occupe le poste de rédacteur en chef jusqu’en 1992. 

En tant qu’écrivain, Gharmoul a été récompensé par le Prix national de la nouvelle décerné par le ministère de l’Information en 1978 pour son œuvre « Nedjma ». Il a également reçu le Prix national de l’opérette en 1982, lors de la célébration du 20ᵉ anniversaire de l’indépendance de l’Algérie. 

Abdelaziz Ghermoul a également joué un rôle actif sur la scène politique. En 2012, il a fondé le Mouvement des Nationalistes Libres (MNL), un parti politique visant à proposer des alternatives aux défis auxquels l’Algérie était confrontée. Lors du congrès constitutif du MNL, Ghermoul a présenté un « programme d’urgence » couvrant divers secteurs, soulignant la nécessité d’un changement profond et structuré dans le pays. Il a plaidé pour la reconstruction de l’Algérie en s’appuyant sur son identité nationale, englobant l’Islam, l’Arabité et l’Amazighité.

8 Commentaires

  1. « Il a plaidé pour la reconstruction de l’Algérie en s’appuyant sur son identité nationale, englobant l’Islam, l’Arabité et l’Amazighité ».
    Tout est dit, avanci l’arrière sivoupli!

  2. Je cite : ´ il plaide pour le reconstruction de l’Algerie en s’appuyant sur son identité nationale englobant l’Islam, l’arabité et l’amazigh ôté’. Rien que ça! Ou est son l’objectivité à laquelle il appelle en violant jusqu’au fondement de l’historicité du pays en soulignant cet ordre: 1- islam, 2-arabité et … enfin 3- amazighité? L’histoire à l’envers et là, l’amazighité est citée à contre cœur pour … caresser dans le sens du poil qui de droit pour ses … privilèges comme les journaleux qu’il condamne ( un chat retombe tjrs sur ses pieds). Enfin, depuis quand une religion constitue une identité? Il donne des leçons dont il s’affranchît – un curée quoi!

    • @Sali
      « Enfin, depuis quand une religion constitue une identité? » C’est exactement la question que je me suis posée. Par ailleurs, je ne sais pas où était M. Gharmoul pendant toutes ces années mais la presse algérienne n’a pas attendu la présente crise franco-algérienne pour faire étalage de toute sa servilité crasse envers les dirigeants du pays et à leur tête le duo Tebboune-Changriha. Aussi, je m’interroge sur la cause exacte de ce ras-le-bol de M. Gharmoul? Le poisson d’avril, c’était hier, non?

  3. Sali: « Enfin, depuis quand une religion constitue une identité? ».
    Ils n’ont jamais compris quoi que ce soit ni a la religion ni a l’identité.
    Comme un troupeau de moutons, ils suivent et répetent comme des perroquets tout ce qui est devenu la mode du moment.
    Quand quelqu’un n’a rien a faire dans la vie et ne sait absolument rien faire en dehors de parlotter, il improvise sa journée en fonction de ce qu’il entend jaser dans la rue.
    Ils sont en train de mélanger les serviettes et les torchons sans se rendre compte.
    Islam ceci, islam cela, comme si le pays n’est pas asphyxié par les mosquées et les nouvelles tenues etrangeres jamais vues auparavant. En parralele, le business des tenues islamiques est en croissance verticale.
    Parler de l’islam est devenu une mode au point a croire que c’est la solution a tous leurs problemes.
    Depuis qu’ils ont commencé a se « pencher » sur la religion avec leur discours fleuves dans les mosquées, qu’on t-ilsau fait changé ?
    Le crime est multiplié par mille, le mensonge est devenu une finesse et l’a peut pres est le mot du jour.
    Apres des décennies de parlottes, ils ne savent pas encore maitriser les égouts mais ils continuent a nous parler de paradis, de haram et de halal et de tout le khorti des khorotos alors que la source de cet islam a pris des années lumiere d’avance dasn tous les domaines.
    Continuez a perdre votre temps a votre guise et n’hesitez pas a regresser encore davanatge et rendre vos tombes encore plus profondes avec vos propres mains.
    Bonne chance les khorotos.

  4. Il construit tout son discours sur faille géologique : «rôle fondamental de la presse dans une société démocratique».
    Il y a en effet la presse. Elle est arabisée à coup de harcèlements administratifs et judiciaires a l’encontre des organes francophones. Ces derniers, étranglés économiquement par l’ANEP, récompenseur officiel de tous les obséquieux à coups d’encarts publicitaires et ostraciseur de tout journal professionnel, ont fermé les un après les autres.
    Après, comme énoncé, une presse à la hauteur de son rôle, ne peut prospérer que dans une société démocratique.

  5. L’État est avant tout un organisme de régulation qui ne pouvait pas être parti prenante pour une quelconque religion ou langue, le régime issue après 1962 a sa tête le parti unique abuse de l’état !

  6. Sa carrière journalistique débute à la revue El Wihda (L’Unité) de l’Union nationale de la jeunesse algérienne (UNJA), puis il rejoint le quotidien Achaâb en 1987. Parallèlement, il collabore avec des revues arabes basées à Paris et à Londres. En 1991, il participe à la fondation du quotidien El Khabar, où il occupe le poste de rédacteur en chef jusqu’en 1992.

    WHAT ELSE ?

  7. Tafet / l’état est un organisme qui ne peut pas être parti prenante pour une religion ou langue /
    Les faits démontrent le contraire, la diffusion de l’islam est encouragé par l’état/parti unique.
    Entre 1962 et 1972, avant l’arabisation, 4474 mosquées ont été construites, dont 183 églises transformées !
    En 2020, il y avait 18447 mosquées. Depuis, un minimum de 100 nouvelles mosquées sont construites chaque année /

    Selon le ministre des affaires religieuses Belmehdi # les constructions de mosquées sont la preuve de la bonté des algériens et de leur attachement a leur pays et a leur religion #
    En conséquence, l’islamisation de la société est toujours en marche avec a sa tête de plus en plus de fonctionnaires payés par l’état : les imams !
    Ce journaliste veut un changement profond et structuré du pays en prenant en compte l’islam, l’arabite !
    Mais pour un changement profond de la société algérienne, il faut mettre en cause l’islam et l’arabe ! Qu’est ce qu’a apporté cette religion et cette langue moyen-orientale ? La soumission et une seule facon de pensee (en troupeau) !

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