24 février 2024
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Le président Kais Saied s’en prend aux syndicats

Kais Saied

Le président tunisien Kais Saied rue dans les brancards. Acculé, isolé, de plus en plus impopulaire, il s’en prend aux syndicats.

Kais Saied n’entend pas ronger son frein. Il s’attaque aux syndicats pour « détourner l’attention » après la forte abstention aux législatives et « l’échec » de sa politique économique et sociale, a relevé, vendredi le chef du syndicat UGTT après l’arrestation d’un responsable de cette influente centrale.

« Le message est clair que l’UGTT est visée », a déclaré Noureddine Taboubi, au début d’une réunion du syndicat portant entre autres sur l’interpellation mardi du responsable UGTT pour la branche autoroutes, Anis Kaabi.

« Le président essaye de détourner l’attention de ce qui s’est passé au 2e tour des législatives et de l’échec cuisant de ses choix économiques et sociaux », a dénoncé le chef de ce syndicat, fort de près d’un million d’adhérents. « L’Etat utilise l’intimidation pour réprimer les opposants », a accusé M. Taboubi.

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Les législatives ont été marquées dimanche – comme au premier tour mi-décembre – par une abstention record de quasi 90%, analysée par l’opposition comme un rejet des réformes lancées par le président Saied après son coup de force du 25 juillet 2021.

M. Saied concentre tous les pouvoirs depuis 18 mois et a révisé la Constitution pour réduire les prérogatives du Parlement et revenir à un système ultra-présidentialiste similaire à celui d’avant la Révolution de 2011 et la chute du dictateur Ben Ali.

Outre les divisions politiques que ce processus a provoquées, le pays a vu son économie se détériorer avec une forte inflation (plus de 10%), une augmentation de la pauvreté et un creusement de la dette.

Suite à un débrayage de deux jours sur les péages autoroutiers, M. Kaabi a été interpellé mardi, juste après un discours du président Saied dénonçant une instrumentalisation du droit de grève « à des fins politiques ».

Le syndicaliste a été placé en détention provisoire jeudi dans l’attente d’un procès fixé au 23 février. Il est poursuivi pour « exploitation de sa qualité de fonctionnaire en vue de porter préjudice à l’administration ». La société publique Tunisie Autoroutes a déposé deux plaintes à son encontre pour les pertes financières provoquées par la grève.

Soulignant que cette grève était parfaitement « légale », l’UGTT a demandé sa « libération immédiate » et fustigé une « violation des droits syndicaux et des conventions internationales » signées par la Tunisie.

Avec AFP