30 mai 2024
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Le RCD dénonce un « gouvernement sans cap ni projection »

Le secrétariat du RCD.
Le secrétariat du RCD.

A l’issue de son secrétariat national, le RCD déplore « la privatisation des institutions de l’État en vue de leur instrumentalisation dans la répression et les dénis des droits ».

La tenue de la réunion mensuelle ordinaire du Secrétariat national du RCD, ce vendredi 17 février 2023 à Alger qui coïncide avec le 34ème anniversaire de sa naissance était une opportunité pour rendre hommage à « toutes celles et tous ceux qui ont, par leurs  sacrifices, fondé cet espace de luttes et de démocratie et aux militantes et militants qui ont contribué à la consolidation de ce socle démocratique et l’ont porté, des années durant, dans la difficulté et l’adversité ».

Dans le communiqué sanctionnant sa réunion, le Secrétariat  national du parti d’Atmane Mazouz salue la mémoire de tous « ceux qui ont donné leurs vies pour que cet idéal collectif survive et parvienne aux générations présentes et futures. »

Faisant la jonction entre ses luttes passées et présentes, l’instance organique  du RCD  rappelle que les trente-quatre ans d’existence du parti fondé le 9 février 1989 sont synonymes « de résistance face à un régime qui manie l’autoritarisme et instrumentalise un dogme intégriste funeste. »

L’instance exécutive se félicite du fait que la persévérance dans la lutte émaillée « de nombreuses tentatives de déstabilisation et de normalisation a définitivement cimenté l’engagement des militants pour le combat pacifique et a préservé le parti, qui demeure à l’avant-garde des luttes politiques et sociales ».

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Faisant l’évaluation de l’étape historique actuelle, marquée par « la relative ouverture politique consécutive aux évènements d’octobre 88 », les membres du Secrétariat national du RCD déplorent « la remise en cause systématique des quelques acquis » arrachés par la révolte populaire d’octobre 88″.

Dans le même sillage, ils relèvent avec amertume que « le pays n’arrive toujours pas à concrétiser une avancée sur le plan de l’exercice démocratique et la garantie de l’effectivité des libertés fondamentales. »

Une situation que le parti impute à « un pouvoir de fait préoccupé par sa survie (et qui) est en passe de privatiser les institutions de l’Etat à travers des stratagèmes dangereux pour notre pays, en vue de leur instrumentalisation dans la répression et les dénis des droits. »

« Militants politiques et associatifs, journalistes, hommes de culture, citoyens…, personne n’échappe à la machine répressive. Ainsi, les convocations aux brigades et commissariats, les intimidations contre les syndicalistes, les interdictions arbitraires de sortie du territoire, les arrestations et les emprisonnements sont la marque de la « nouvelle » Algérie », accuse le RCD.

Le parti estime que « ces agissements, d’un autre âge, ne feront que fragiliser l’Etat et ses institutions et exposera davantage l’Algérie aux bouleversements géopolitiques en cours. »

Pour le Rassemblement pour la culture  et la démocratie « seule la souveraineté populaire, unique socle  de légitimité, source de stabilité et force d’un État souverain est à même  de réaliser l’unité de notre peuple pour prémunir le pays des dangers extérieurs et assurer le développement et le progrès. »

« Un gouvernement sans cap »

La gestion des affaires courantes du pays par le gouvernement n’échappe pas aux critiques du RCD pour qui « cette fragilité institutionnelle traduite par les réactions de conjonctures et à consommation interne, s’ajoutent les errements d’un gouvernement sans cap ni projection. »

Il denonce « une loi de finance scélérate et des décisions intempestives et populistes qui accentuent la détresse des citoyens et plongent leur vie socio-économique dans une spirale infernale faite de pénuries, de flambées de prix des denrées alimentaires, d’interdictions tous azimuts, de manipulations idéologiques et de matraquage médiatique des plus rétrograde. ». Ajoutant: » les maigres ajustements des salaires et pensions ne jouent qu’un rôle d’effet d’annonce. Elles sont loin d’un rattrapage du pouvoir d’achat largement érodé par une inflation ».

Aussi, le RCD dénonce « une  stratégie de mise au pas de la société à travers le musèlement des libertés, en actionnant ses appareils contre les libertés individuelles et collectives, la dissolution opaque de la LADDH et les projets de loi sur le financement des organisations, les syndicats et, bientôt les partis politiques »

Tout en alertant sur la   volonté affichée du pouvoir  » de mettre fin définitivement à tous les contres pouvoirs garants d’un bon fonctionnement démocratique », en prenant l’option pour « l’instauration d’un système politique érigé sur la menace, l’abus, la répression et l’emprisonnement », RCD qui milite  toujours pour « une transition démocratique apaisée », estime « qu’une autre alternative à l’autoritarisme et à la démobilisation des forces vives du pays est possible. Elle passe par l’arrêt de la répression, la libération des détenus d’opinion et l’organisation d’un débat le plus large pour mettre fin à la descente aux enfers des couches sociales les plus fragiles ».

Samia Naït Iqbal

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