4 février 2023
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Les non-dits d’Emmanuel Macron sur l’Algérie

Macron Tebboune

Si parler c’est mourir un peu, se taire c’est mourir beaucoup ! Parlons peu mais parlons vrai ! La France devra, un jour ou l’autre, faire preuve de discernement et formuler des excuses directes au peuple algérien. L’Allemagne ne l’avait-elle pas fait envers la Pologne ?

Cependant, si elle venait à le faire pendant que ces vieux caciques du FLN sont au pouvoir, cela serait un coup de couteau porté au dos des Algériens et une forfaiture de plus envers la mémoire des héros de la révolution !

Depuis De Gaulle, les relations entre la France officielle et l’Algérie sont entourées d’un flou abyssal. Et on ne peut pas parler des relations franco-algériennes sans remonter au général.

De Gaulle a beau servir de référence pour les siens, pour son peuple, et pour tous les présidents qui l’ont suivi, sur nombre de valeurs « Gaulliennes » ; il n’en demeure pas moins que cette grande stature de l’histoire contemporaine avait une certaine idée de la France, donc des Français, que son ego démesuré plaçait dans une position obsessionnelle « d’êtres supérieurs », même s’il lui arrivait parfois de les traiter de veaux.

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De Gaulle a accordé l’indépendance de l’Algérie pour une raison simple (peut-être bien simpliste) : ne pas l’accorder signifiait accepter l’idée d’une Algérie rattachée à la France. Dans cette perspective d’une Algérie française, les Algériens jouiraient des mêmes droits que leurs compatriotes Français de souche. Mais, pour De Gaulle, cela représentait une ineptie, une évolution contre-nature, puisque le risque à long terme était une dilution totale du Grand peuple Gaulois dans un moule arabo-islamique à la démographie galopante.

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De Gaulle et tous ses successeurs n’ont jamais voulu et ne voudront pas, non plus, d’une Algérie moderne, avec le risque non négligeable que l’élève se situe, un jour, en position d’égal du maître, avec toutes les conséquences que cela laisse subodorer. Ils savent très bien que tous les présidents qui se sont succédé à la tête de l’Algérie ne sont que de petites fripouilles (mis à part notre regretté Boudiaf) qui n’ont aucune carrure pour lancer l’Algérie sur les rails de la modernité.

La France officielle ne veut pas non plus d’une Algérie aux allures afghanes qui viendrait perturber une quiétude déjà bien mise à mal par une islamisation effrénée des banlieues devenues, pour certaines, de véritables « no man’s land ».

Pour les officiels français, la démocratie en Algérie est une menace pour leur ego d’anciens maîtres, alors que l’islamisme pur et dur comporte des risques de propagation rapide dans les communautés musulmanes, de plus en plus nombreuses et, paradoxe incompréhensible, de plus en plus repliées sur elles-mêmes.

La repentance est une condition nécessaire à la construction de la méditerranée, mais cette repentance ne peut se faire tant que les vieux caciques du FLN sont encore au pouvoir, car ils ne se gêneraient nullement pour l’exhiber comme trophée d’une gloire volée et d’une valeur ajoutée à l’indépendance confisquée et ainsi continuer à asseoir une illégitimité qui n’a que trop duré.

La construction d’une Méditerranée fraternelle est tributaire d’un chantier unique, celui de l’éducation. Ce dernier est, nous le savons tous, totalement sinistré en Algérie mais, qu’on ne s’y méprenne pas, bien vacillant en France aussi.

Tout dessein sérieux qui vise la construction d’une histoire apaisée, désintéressée et obligeante, doit reposer sur trois conditions nécessaires et certainement suffisantes :

1- Arrêter le mensonge, d’un côté comme de l’autre ! Toutes ces raisons d’état qui ont transformé le drame Franco-algérien en fonds de commerce et en tremplins pour la course au pouvoir, de part et d’autre de la méditerranée. À cet égard, rappelons-nous des images d’un François Hollande exubérant et glorifiant l’alacrité et la capacité de jugement d’un Bouteflika malade, hagard et démuni. De tels comportements relèvent d’une insoutenable légèreté au sommet.

2- Avoir le même regard sur toutes les victimes des drames de la décolonisation ! Il n’y a pas de victime coupable d’un côté et de victime innocente de l’autre. Toutes les victimes civiles sont innocentes, aussi bien côté algérien que côté pieds-noirs.

3- Laisser l’histoire se confectionner par des historiens ! Et cela ne peut se faire tant que les tuteurs autoproclamés de l’Algérie ne cessent pas de brandir et d’exiger la repentance, dans le but unique de mieux s’agripper à un pouvoir illégitime, confisqué par une armée des frontières qui s’est ruée sur une Algérie anéantie par sept ans d’hostilités et abandonnée de tous depuis plus d’un demi-siècle.

La visite de Macron en Algérie peut en cacher une autre !

Les nouvelles générations ne sont pas concernées par la guerre. De ce fait, l’apaisement est possible. Mais il est peut-être temps que la France cesse de cautionner un régime politico-militaire qui ne fait que malmener le peuple en emprisonnant des innocents pour de simples délits d’opinion.

En conclusion, demander pardon au peuple algérien quand il sera maître de sa destinée, oui, mais le demander à ces clans qui ont ruiné le pays, non ! Qui sait, c’est peut-être là que résident les non-dits d’Emmanuel Macron ?

Kacem Madani

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