On ne sait pas trop si l’absence d’œufs sur les étals des supermarchés est liée au mouvement des agriculteurs ou pas. Toujours est-il que le manque de cet aliment crucial n’est pas sans rappeler la décennie 1980 en Algérie.
Période pendant laquelle, il fallait se lever tôt pour avoir le privilège d’une plaquette de trente œufs et sortir heureux (clin d’œil à Slim et son célèbre croquis montrant un client sortant d’un Souk El fellah, le graal dans les bras, sourire béant. La légende suit sous la forme d’un personnage truculent : un Algérien heureux. Sacré Slim !) Qui a dit que la France n’avait pas quarante années de retard sur nous ?
Voilà amis Français où mène la politique de l’arrogance et des politiciens qui ne se soucient que de leur propre confort. Gageons que nos députés et ministres ont le privilège d’un petit déjeuner bien achalandé d’œufs au plat et de bon bacon (Mmm). Ce fut le cas chez nous aussi. Chaque fois qu’une pénurie se profilait á l’horizon de nos petites courses, nos officiers furent bien servis, et leurs magasins regorgeaient de produits dont le citoyen ne fait que rêver.
Si cela continue ainsi, il est à parier que d’autres pénuries de produits de première nécessité ne tarderont pas suivre : beurre, fromages, huile, etc. (ah mon pauvre frenchie ! Non seulement tu n’auras plus d’œufs mais il te manquera l’ingrédient nécessaire pour leur cuisson.) C’est terrible, n’est-ce pas ? C’est ce genre de pénuries qui nous avait éreinté dans la décennie 1980 pour aboutir, en 1988 à la révolte des jeunes.
Je vais vous raconter une anecdote. Un matin, nous avions réunion de laboratoire á 10h. Comme j’habitais à quelques centaines de mètres de mon lieu de travail, à 9h 45, je dodelinais encore dans ma cité avec femme et enfant quand j’aperçois un monsieur avec une plaquette d’oeufs dans les bras. Pas la peine de sortir de Saint Cyr pour deviner qu’il sortait du Souk El fellah du coin.
Malgré les protestations de ma femme, je courre dans l’espoir de sortir “heureux” moi aussi. L’œil rivé sur ma montre, je pénètre rapidement dans cette caverne d’Ali baba, ma femme derrière moi pour me mettre en garde de ne pas rater ma réunion. J’avoue que j’ai eu un moment de flottement, quand devant moi se dessinait le profil de mon chef de Labo. Regarde qui est là, dis-je à mon épouse pour la rassurer et qu’elle arrête de gesticuler. C’est ainsi que pendant quelques jours, nous formions une famille “heureuse”. D’ailleurs qui sait. C’est peut-être le moyen qu’ont trouvé vos gouvernants : celui de vous faire goûter au bonheur simple pour oublier vos malheurs…hehehe ! Pourvu qu’il n’y ai pas de rupture d’huile ou de margarine pendant le ramadan. Les musulmans vont tous peter un câble, Mélenchon avec eux, accusant Macron de vouloir affamer les croyants.
À y regarder de près, il ne serait pas étonnant que ce système de gouvernance par pénuries ait été soufflé à l’oreille de Macron par Tebboune himself. Cela doit faire partie d’un package visant une bonne réconciliation ! Allez savoir !
Ceci dit, il faut savoir utiliser le téléphone arabe chers amis. Unique moyen de repérer les magasins qui offrent encore des œufs sur leurs rayons. Pour rappel, le téléphone arabe est une sorte de bouche à oreille qui se propage au rythme des pénuries !
En tous cas si d’aucuns repèrent une chaîne de supermarchés qui n’est pas touchée par ce manque d’œufs, prière de nous le faire savoir. En Algérie, pendant les années Chadli, nous faisions souvent des dizaines de kms pour une trentaine d’œufs ! Quel bonheur de rentrer chez soi, un peu de pitance assurée pour quelques jours !
Kacem Madani


Je cite:
« C’est ce genre de pénuries qui nous avait éreinté dans la décennie 1980 pour aboutir, en 1988 à la révolte des jeunes. »
Je riposte: Ca c’est l revolte a l’Oranaise et environs, a l’AlgeroiseRIENNE, mais pas au Pays, c.a.d. en Kabylie. Les oeufs se ramassent frais a Tabhirt. Ca dit plus que ca dit, tout de meme, les ecrits.