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L’extradition de Seifeddine Makhlouf vers la Tunisie : des procédures à coup de Jarnac

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Le Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l’Homme en Tunisie (CRLDHT) a rendu public un communiqué dans lequel il rapporte que « Les autorités algériennes ont pris la décision inattendue de livrer Seifeddine Makhlouf aux autorités tunisiennes, par voie terrestre, dimanche 18 janvier 2026 dans l’après-midi ».

La même source poursuit :

« Maître Seifeddine Makhlouf, avocat, ancien député et président du parti Al Karama, a été condamné à plusieurs reprises par la justice judiciaire et militaire pour les mêmes faits, en violation des principes constitutionnels et conventionnels du droit pénal, dans l’affaire dite de l’aéroport. Il a également fait l’objet d’une poursuite dans une affaire dite du « couloir », où un échange avec une membre du ministère public militaire a servi de base à de lourdes inculpations terroristes. La justice militaire est allée jusqu’à violer l’indépendance du barreau en interdisant à Maître Makhlouf l’exercice de sa profession comme peine complémentaire.

Me Makhlouf a été arrêté en Algérie après avoir quitté clandestinement la Tunisie. Il a été condamné à trois mois de prison ferme par un tribunal algérien, peine qu’il a purgée, puis il a été ensuite placé dans un centre d’hébergement à la disposition du Haut-Commissariat aux réfugiés, où des demandes d’admission auprès de plusieurs pays ont été refusées, notamment par le Qatar et la Turquie, malgré le fait qu’il ait toujours été politiquement proche des régimes de ces pays.

Ces derniers jours, Me Makhlouf s’apprêtait à quitter l’Algérie vers le Royaume-Uni où sa demande de regroupement familial avait été traitée et avait obtenu une réponse favorable, lorsque soudain les autorités algériennes ont brutalement changé d’avis pour le livrer au régime de Kaïs Saïed.

Cette extradition apparaît d’autant plus problématique qu’elle s’est opérée en dehors de toute garantie judiciaire effective, et en contradiction manifeste avec les engagements juridiques de l’Algérie. En effet, la Convention d’entraide tuniso-algérienne du 15 décembre 2021, ratifiée par la partie algérienne par décret présidentiel 26-66 du 04 février 2025, dispose en son article 4 que la demande d’extradition doit être impérativement refusée si l’extradition constitue une violation des principes internationaux des droits de l’homme, notamment ceux énoncés dans le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (alinéa 1 d), ou si les crimes sont qualifiés de politiques ou en relation avec des crimes politiques (alinéa 1 e). L’extradition peut également être refusée s’il existe des éléments pouvant amener à croire que le procès ou la sentence est fondé(e) sur l’opinion politique de l’intéressé (alinéa 2 a).

Le CRLDHT :

Dénonce ces viles manœuvres des autorités algériennes, puisque l’extradition était hors du cadre légal.

Déplore l’absence de toute voie de recours judiciaire contre la décision extrajudiciaire d’extradition, ce qui prive la personne livrée de toutes les garanties qu’offrent la convention, la Constitution et les lois algériennes.

S’indigne et condamne les attitudes des autorités qataries et turques en réponse à la demande humanitaire formulée pour Me Makhlouf.
Appelle à la libération provisoire immédiate de Me Seifeddine Makhlouf et au respect de ses droits à un procès équitable.

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