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dimanche 31 août 2025
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L’identité en prise de recul

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Je ne vais certainement pas vous entretenir du Qui suis-je ?, la grande question philosophique induite par la célèbre injonction de Socrate, Connais-toi toi-même. D’abord, je risque de perdre le lecteur dès cette première phrase qui a envie d’autres évasions en ce matin qu’un cours de philosophie. Mais aussi parce que j’en serais incapable. 

Mais plus légèrement, je m’en sortirai par une voie anecdotique plus adaptée au jeu d’une chronique. Je me lancerai dans ce questionnement identitaire par l’introuvable certitude des gens à connaître où se trouve votre ville de jeunesse, celle qui vous a vu grandir, se former et acquérir une personnalité.

On détournera le risque de l’ennui philosophique mais en le suggérant. J’aurais pu partir de la ville de naissance mais j’en serais incapable d’y trouver la formation de la personnalité pour l’avoir quittée à trois ans.

Toute ma jeunesse je répondais que j’habitais Cité Protin. Et toute ma jeunesse je voyais bien l’expectative inscrite sur le visage de la personne qui m’a questionnée. Les plus habiles faisaient semblant de connaitre le lieu mais les plus prompts à gêner les autres insistaient pour savoir où cela se trouvait.

Alors vous étiez obligé de définir votre lieu de vie, celui qui ne crée pas votre identité mais en donne quelques pistes marginales. Ce détournement consistait à baliser le lieu comme on balise l’emplacement d’un pays en nommant ceux qui l’entourent par leurs frontières. 

Inévitablement, je devais préciser le plus souvent que c’était à côté de Cité Petit, parfois de Choupot ou encore d’Eckmühl. Cette dernière localisation me permettait une plus grande légitimité d’origine puisque je traversais la ligne du A pour me rendre à l’école de la petite enfance. 

Mais oui, je peux y puiser une racine par la notion de continuité territoriale. Mais éloignons-nous un peu plus et répondant à la question d’un Algérois qui demande dans quel quartier nous venons. Vous imaginez-vous cette fois-ci ce qu’est une plus grande expectative dans le visage que celle d’un Oranais lorsque je lui dis Cité Protin.

Mais prenons un peu plus de recul et nous voilà en France pour les études supérieures. Là, il est plus naturel de répondre par Oran pour le lieu de la formation de votre identité. La seule réponse que me donnent les plus intéressés par la littérature est, Ah oui, la ville de Camus.

Vous devez alors tout au long de la suite de l’itinéraire supporter cette référence qui, si elle est honorable, finit par devenir insupportable. C’est comme si vous disiez que vous vous avez grandi à New-York et qu’on vous répondait, Ah, la statue de la liberté !

Heureusement que dans la vie vous ne rencontrez pas que des gens instruits et que la seule expression du visage de celui qui ne connaît pas la ville. Cette réponse au moins, vous la connaissez pour en avoir l’habitude.

Prenons encore plus de recul et imaginons l’expectative d’une brave personne qui habite le Wisconsin. Il faudrait être aventureux pour éviter cette…, devinez quoi ? Bien sûr l’expectative du regard au prononcé du nom de la ville.

Alors, vous répondez ce qui est le plus simple, je viens d’Algérie. Mais ce n’est pas fini car dans ce grand pays où une grande partie de la population ne connaît pas la géographie mondiale, il faut encore plus augmenter la focale et se contenter de dire que vous venez d’Afrique du Nord.

Et ce n’est même pas sûr que vous arriverez à éviter cette expectative qui vous poursuivra jusqu’à la tombe. Dans votre dernier retranchement, lorsque la situation est désespérée, vous n’êtes pas à la dimension supérieure, l’Afrique.

Boumediene Sid Lakhdar

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2 Commentaires

  1. Il Professore nous fait son Proust déçu. à la Camus. Normal, il n’a pas le courage d’y retourner tout seul. N’est pas Sansal qui veut.

    « Camus Oranais ? J’hallucine. Hé Mandovi, fi 3ahd elkouloun, c’est-y pas à l’est ? Du côté d’Annaba ? Ça eut été que vous lui auriez rétorqué.…
    Un mec qui vous répond : « La ville de Camus ». C’est comme s’il vous disait Guezgata ? En Italie ? Ou alors c’est qu’il n’a pas lu L’Étranger. Ou qu’il ne connaît pas Cheb Khaled.
    Pour rappel, Camus a foutu la Peste à Oran, mais seulement après avoir évacué tous les Arabes, parce qu’ils ne la « méritaient pas ».
    Mais que dire d’un mec qui n’a même pas lu Sansal ? Et qui a renié Kamel Daoud cent fois ?
    De là à lui reprocher ses approximations, je n’irai pas jusque-là. Même s’il y a comme un parjure dans cet article, qui sonne comme une apostasie. Ô combien d’odes n’a-t-il pas écrites pour son Oran, son zbel particulier. Et le voilà qui nous fait douter que ce serait peut-être pas du Dior ou du Chanel.
    Mais voilà, Il Proffesore ses effusions sentent plus le formol que la nostalgie. IL croit nous offrir une chronique « proustienne », et il nous sert une soupe réchauffée refroidie, assaisonnée Camus — comme si Oran n’existait que dans l’ombre d’un écrivain français qui, au passage, a soigneusement effacé les indigènes de ses pages. C’est pratique : ça permet de parler d’« identité » sans jamais se mouiller.
    Pourtant Oran n’est pas une madeleine : c’est un tadjine d’olives, Une ville qui pique, qui brûle, qui fait pleurer — mais il nous l’a transformée en en boîte de chikoula Monchwari ou Ferrero. À force de l’embaumer de références convenues, vous la défigurez plus sûrement qu’un urbaniste en mal de béton.
    Mais bof ! La nostalgie avec l’âge, C’est comme du vinaigre oublié au magasin des accessoires. Il Professore revisite son Oran en catimini. C’est son Oran racontée aux nuls. Mais qu’il ne s’étonne pas si un Oranais, un vrai cette fois, qui ,lui, y a grandi lève ses yeux au ciel, outré. Parce qu’Oran, la vraie, n’est ni Dior ni Chanel : Oran auojurd’hui c’est une odeur de sardines grillées, de mazout, de poussière et de raï à fond — et si vous ne la sentez pas, c’est que vous êtes resté coincé dans votre salon de lecture climatisé.

  2. WIN IMI ƐṚṚQEN IVARDEN, AD ITT NADI TAZNIQT

    TAMAGIT MACI D TIƔREMT, NEƔ D TADDART .
    FIḤEL AFELSEF NEƔ AXELLEḌ N WAWAL

    TAMAGIT D INSAYEN D IDLES N UGDUD
    YEN N IRLANDAS NEƔ N ECOSSAIS ID ILULEN DI MARIKAN WAṚǦIN AK YINI NEK N NEW YORK,
    AK YINI NEK TARDA N INU D IRLANDAIS NEƔ D ECOSSAIS ZDAT AK YINI NEK D AMIRIKANI.

    D IMDANEN UR NESƐI TAGAMIT NEƔ IMI TṚUḤ IG TT CCUDEN IMAN NNSEN AR TMAGIT N WIYAḌ .

    WID IƐAN TAMAGIT TT VANEN S LEQDC NNSEN AF UMEZRUY AKKEN AD ṚṢṢIN TADRA NNSEN.

    YAL AMDAN DEG UMḌAL ILULED DI TADDART NEƔ DI TIƔREMT, MACA TAMAGIT INES YUFFA ITTIDS ƔUṚ IMAWLEN IS . D IẒUṚAN N IMRAWEN.

    AXXAM ILAQ AS LSAS AKKEN AD IVVED.
    AKKEN AMEZRUY LAQET AS TARDA D TAMAGIT
    AKKEN AD DDUMEN IẒUṚAN IS.

    TADDART D TIƔREMT TT IDIRENT S TMAGIT N UGDUD N IMRAWEN.

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