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Marseille 2026 : le spectre d’un duel entre la gauche municipale et l’extrême droite

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À un peu plus de deux mois du premier tour des élections municipales, Marseille entre dans une phase politique décisive. Un sondage Ipsos/BVA publié le 12 janvier 2026 pour La Marseillaise installe un véritable coude-à-coude entre le maire sortant Benoît Payan (union de la gauche hors LFI) et le député Franck Allisio (Rassemblement national), tous deux crédités de 30 % des intentions de vote.

Derrière ce duo de tête, Martine Vassal (droite/centre) est reléguée à 23 %, tandis que Sébastien Delogu (La France insoumise) plafonne à 14 %. Les autres candidatures restent anecdotiques, confirmant une dynamique de bipolarisation du scrutin.

Une photographie avant l’entrée en campagne de Payan

Élément central de lecture : l’enquête Ipsos/BVA a été menée du 2 au 8 janvier, donc avant l’annonce officielle de candidature de Benoît Payan, intervenue les 10 et 11 janvier. Autrement dit, les chiffres actuels ne prennent pas encore en compte l’effet politique, médiatique et organisationnel de cette entrée en campagne. Celle-ci pourrait provoquer des recompositions dans l’électorat de gauche, notamment chez les abstentionnistes et les électeurs hésitant entre le Printemps marseillais et LFI.

Cette stabilité du maire sortant est néanmoins remarquable. Malgré les attaques de ses oppositions, y compris à gauche, Payan conserve le même socle que dans les précédentes enquêtes. En décembre 2025, un sondage Ifop pour La Provence le créditait déjà de 30 %, contre 27 % pour Allisio et 26 % pour Vassal. En l’espace d’un mois, la dynamique est claire : le RN progresse, la droite traditionnelle recule, tandis que la gauche municipale résiste.

La percée du RN, symptôme d’un basculement

La progression de Franck Allisio est désormais confirmée par plusieurs médias nationaux et régionaux (La Provence, Le Figaro, actu.fr…). Elle témoigne d’une normalisation électorale du RN à Marseille, dans une ville longtemps considérée comme rétive à l’extrême droite à l’échelle municipale.

Le nouveau mode de scrutin — circonscription unique à l’échelle de la ville — amplifie ce phénomène. Il favorise les forces disposant d’une forte visibilité et d’un socle électoral homogène, au détriment des équilibres sectoriels qui avaient longtemps structuré la vie politique marseillaise. Dans ce cadre, l’hypothèse d’un second tour Payan–Allisio devient non seulement plausible, mais de plus en plus probable.

Vassal en difficulté, Delogu sans dynamique

La situation est plus délicate pour Martine Vassal. Malgré une campagne lancée très tôt, et une stratégie axée sur la sécurité, elle semble coincée entre une droite nationale affaiblie et un RN qui capte l’électorat autoritaire et protestataire. Sa chute de 26 % à 23 % en un mois illustre cette érosion politique.

À gauche, Sébastien Delogu ne parvient pas à transformer sa notoriété nationale en dynamique locale. À 14 %, il pèse suffisamment pour compliquer l’équation de Payan, mais pas assez pour incarner une alternative crédible.

Une bataille décisive pour Marseille

Marseille se retrouve ainsi au cœur d’un affrontement politique majeur : d’un côté, une gauche municipale cherchant à stabiliser une ville fracturée ; de l’autre, une extrême droite qui vise une prise de pouvoir symbolique dans la deuxième ville de France.

Au-delà des chiffres, ce scrutin dira si Marseille reste une métropole ouverte, méditerranéenne et plurielle, ou si elle devient l’un des laboratoires urbains du projet national du Rassemblement national.

Mourad Benyahia

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