Amine Kessaci, militant écologiste marseillais et fondateur de l’association Conscience, a annoncé son ralliement à la liste du Printemps marseillais, conduite par le maire sortant Benoît Payan, en vue des élections municipales des 15 et 22 mars 2026.
À 22 ans, Kessaci est devenu l’une des figures les plus médiatisées de la lutte contre les réseaux de drogue à Marseille. Son engagement est né d’un drame intime : le meurtre de ses deux frères, Brahim et Mehdi, tués dans des affaires liées au narcotrafic. Ces pertes ont transformé sa douleur personnelle en cause collective. Avec Conscience, il accompagne des familles victimes de la violence des quartiers populaires, faisant de chaque disparition un combat pour la reconnaissance et la justice.
Dans sa déclaration, Kessaci a expliqué que rejoindre le Printemps marseillais n’était pas un choix politique ordinaire : « Je veux m’assurer que mon combat ne reste pas symbolique. Aux côtés du maire, je peux transformer notre action sur le terrain en véritables réponses pour Marseille ».
Ce ralliement intervient dans une campagne municipale où la sécurité et le narcotrafic dominent le débat, notamment après l’assassinat de Mehdi Kessaci en novembre dernier, qui avait provoqué une mobilisation citoyenne massive. Pour le camp de Benoît Payan, l’arrivée d’Amine Kessaci est aussi une manière de répondre aux critiques d’inaction dans les quartiers les plus touchés, tout en élargissant leur base électorale.
Mais l’intégration d’une figure comme Kessaci ne va pas sans tensions : certains soulignent le défi de concilier promesses de fermeté et projets sociaux dans une ville où les réponses purement sécuritaires ont jusqu’ici montré leurs limites.
L’histoire personnelle de Kessaci, sa détermination et son ancrage dans les quartiers populaires font de ce ralliement un signal fort, un pont entre militantisme citoyen et action politique, qui pourrait peser dans le scrutin et influencer l’avenir de Marseille.
Mourad Benyahia

