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Nouveau code de la route : Saïd Saayoud et la tentation répressive

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​Tel un praticien refusant de voir son patient succomber, mais s’obstinant à multiplier les traitements de choc, le ministre Saïd Sayoud semble avoir choisi la voie de l’acharnement punitif. Face au fléau du « terrorisme routier », la seule prescription gouvernementale tient désormais en une formule : la douleur financière et la privation de liberté.

​Devant les membres du Conseil de la nation, le ministre de l’Intérieur et des Transports, Saïd Sayoud, s’est présenté « droit dans ses bottes », tel un chirurgien insensible aux plaintes du corps social. Face aux critiques des transporteurs, qui voient dans ce nouveau Code de la route une condamnation à mort de leur profession, Saïd Saayoud a réitéré son diagnostic : si le mal persiste, c’est que la dose de répression n’était pas assez forte.

Un remède de cheval pour une pathologie complexe

​En durcissant les sanctions jusqu’à l’extrême — avec des peines pouvant atteindre 20 ans de réclusion et des amendes de 2 000 000 DA — le ministre ne se contente plus de soigner les comportements, il cherche à traumatiser pour dissuader. Cette approche, que d’aucuns qualifient d’« acharnement », pose une question éthique et pratique : peut-on guérir l’insécurité routière uniquement par la peur de la sanction ?

​« Celui qui respecte la loi n’aura rien à craindre », martèle le ministre, ignorant que dans ce climat de tension, la loi n’est plus perçue comme un cadre protecteur, mais comme un couperet prêt à tomber à la moindre défaillance.

​Les effets secondaires d’un traitement de choc

​L’élargissement de la responsabilité pénale à l’ensemble de la chaîne (agences de contrôle, écoles de conduite, maintenance routière) ressemble à une tentative désespérée de traiter tous les organes à la fois. Mais en frappant indistinctement dans le « porte-monnaie », l’État risque de provoquer une paralysie du secteur des transports, effet secondaire majeur d’une politique qui refuse d’intégrer la pédagogie ou l’amélioration des infrastructures dans son protocole de soin.

​Inflexible, Saïd Sayoud n’a pas changé d’un iota sa feuille de route. Pour le gouvernement, la survie du patient passe par une médication amère, quitte à frôler l’overdose législative.

Le verdict final appartient désormais aux sénateurs, qui se pencheront sur le texte le 15 janvier prochain. Reste à savoir s’ils valideront ce traitement de choc ou s’ils tenteront d’adoucir une prescription jugée par beaucoup comme une thérapie de l’extrême. 

Samia Naït Iqbal

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4 Commentaires

  1. Tout est fait pour détruire l’Algérie et son économie. Pénurie de pièces détachées, état des routes aussi lamentable que l’Etat de l’Etat lui même… C’est impossible de respecter le code de la route… La sécurité routére est un prétexte : ce code de la route vise seulement à renforcer les pouvoirs de l’appareil sécuritaire et la répression qui s’abat sur le peuple. C’est un outil de controle et de repression supplémentaire, c’est une brique de plus dans l’édifice de la tyrannie qu’ont construit Tebboune et les généraux. Il y a un an, j’avais peur de sanctions économiques internationales. Aujourd’hui, cette peur est partie : Tebboune, Sayoud, Rezig et Chengriha ont déjà crée une situation où on a l’impression d’être sous embargo

  2. « … le ministre Saïd Sayoud semble avoir choisi la voie de l’acharnement punitif. » Il n’a rien choisi du tout. L’acharnement punitif c’est le seul mode de gouvernance (si on peut appeler ça de gouvernance) qu’il maîtrise. On a eu déjà un avant goût de sa spécialité en la matière du temps où il était wali d’Oran et de la façon « respectueuse et responsable » avec laquelle il a traité un malheureux vendeur d’oeufs ambulant qui essayait tant bien que mal à nourrir sa famille. Pour vous dire, Monsieur (Madame), que chez ces gens-là, on ne sait rien d’autre que s’acharner!

  3. Cet énergumène a avoué lui -même qu’il roulait à 120- 140 km/h et évité de justesse un dos d´âne, sûrement pas sur une autoroute ou nationale. La prison et les lourdes amende sont faites pour les autres, bien sûr!
    rouhi ya bladi à vau l´eau. Un analphabète trilingue, ministre de l´Interieur /du transport et des tbal3it.

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