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Quand certains responsables oublient Yennayer et leurs racines

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Chaque année, à l’aube de Yennayer, les traditions nous conviennent à la célébration des instants décisifs, à l’exercice du geste fraternel, à l’adresse de vœux sincères à ceux qui font battre le cœur de cette Algérie plurielle.

Ces manifestations simples sont le reflet d’une mémoire partagée, d’un hommage à l’histoire et à la culture qui nous ont façonnés et nous imprègnent de leur gravité.

Et pourtant, chaque année, il est fascinant, et quelque peu révélateur, de constater que certains responsables, pourtant en première ligne pour accueillir la nouvelle année, semblent oublier l’essentiel , a savoir , transmettre ces vœux avec solennité, comme ils se précipitent à le faire pour la clôture des calendriers grégorien ou julien.

La frénésie de la visibilité, l’exhibition des clichés et des oraisons calculées semblent suffire, tandis que la simplicité de Yennayer est reléguée, comme si elle n’avait droit ni à la considération ni à la solennité d’un « véritable leader ».

Pour l’année 2026, certains ont été les premiers à scintiller, à revendiquer leurs pseudo-succès, à afficher un enthousiasme ostensiblement calibré pour la nouvelle année.

Et pourtant, lorsque Yennayer s’avance, ces mêmes responsables se volatilisent, laissant l’impression que le calendrier et les symboles leur échappent, comme s’ils n’étaient que des accessoires dans un théâtre dont ils ignorent les règles et la dramaturgie.

Pendant ce temps, le premier responsable du pays, le Président Abdelmadjid Tebboune, prend soin de présenter ses vœux à cette occasion, incarnant par ce geste simple, mais hautement signifiant, la continuité et l’attention aux concitoyens.

Comme l’écrivait Mohammed Dib : « On ne peut vivre heureux sans connaître son pays et ses racines. » Il suffit parfois d’un regard pour discerner un leader qui appréhende la valeur des symboles de ceux qui se contentent de l’éclat fugace de leur fonction.

Si le Président de la République et d’autres éminents responsables n’omettent jamais Yennayer, certains « petits commis » de l’État semblent, en revanche, se croire au-dessus de ces gestes élémentaires, se prenant pour des stratèges ou des arbitres du destin national.

Ils oublient que le véritable leadership se jauge dans les détails, dans la constance et dans l’attention portée à ceux que l’on dirige, et non dans l’exposition solitaire et superficielle.

On pourrait croire que leur absence relève d’une discrétion choisie, d’une retenue méditée ; détrompez-vous mes amis , pour certains, Yennayer serait trop agricole, trop populaire, presque gênant à mentionner.

Comme si cette fête portait en elle une origine qu’ils préfèrent taire, une mémoire trop proche de la terre pour être respectable dans leurs salons climatisés, parmi leurs costumes trop ajustés, tels des bandages de nouveau-né, et leurs manicures impeccables , autant de masques fragiles et artificiels d’une identité reniée, symbole de ce qu’ils croient être la réussite, mais qui n’est en réalité que la quintessence des « gueux ».

Et pourtant, qu’on gratte un peu leur parcours, qu’on interroge les anciens, et l’on retrouve immanquablement le bled, les montagnes, les champs, cette Algérie profonde que nous partageons tous, sans exception, enracinée dans nos mémoires comme dans nos pas.

Ce sont souvent les mêmes qui s’offusquent lorsqu’on évoque des vacances estivales à Jijel , Bgayet ou à Oran, levant un sourcil faussement surpris avant de parler avec un soupçon de condescendance de l’Espagne ou de la France.

Comme si la dignité se mesurait à la distance parcourue plutôt qu’à l’enracinement assumé. Voilà, tristement, la quintessence des nouveaux riches, pour qui l’apparence prime sur l’authenticité.

« Nul ne naît hors sol » comme l’écrivait Tahar Ben Jelloun de la même manière, certains dirigeants oublient que les gestes les plus simples révèlent les valeurs les plus profondes.

Pour ma part, issu de grandes familles de Sétif et de Batna (Aurès), tant paternelles que maternelles on m’a toujours parlé de Yennayer, “l’a3djouza” comme des millions de grande familles algériennes authentiques.

Nous aurions pu fondre dans la ploucaillerie en jouant aux bourgeois, adopter les airs et manières de ceux qui se croient élevés par le paraître et , pourquoi pas faire des manicures .

D’ailleurs, nous avions et avons toujours les moyens intellectuels de le faire alors que pour d’autres, le communiste, c’est celui qui habite la commune, et le capitaliste, celui qui habite la capitale.

Mais non , nous restons et resterons profondément enracinés à notre terroir, liés à nos montagnes, nos champs et nos traditions.

Tandis que d’autres, comme le rappelait ma grand-mère Allah yarhmha les « Lahassine Lagss3 », ces lècheurs de plats, deviennent aujourd’hui des ombres sans racines, obsédés par l’éclat artificiel de leur réussite éphémère.

En vérité, ils ont pour le moment l’air, mais ils n’aurons jamais la chanson.

Bon Yennayer à tous, bonne année.

Nazim Maiza

Nb : Les salons de manucure pour hommes m’excuseront

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