9.9 C
Alger
AccueilA la uneQuand la loi humilie la dignité algérienne !

Quand la loi humilie la dignité algérienne !

Date :

Dans la même catégorie

Lezzayer : tamurt iteččen… deg uksum-is !

Alɣu n udabu n Lezzayer n 7 yennayer 2026...

CAN 2025 : arbitres, palais, FIFA… le football en otage

On nous a vendu une compétition, on a eu...

CAN 2025 : le lion Sinigueli a gagné

Le lecteur ne doit pas être offusqué par ce...

Une coupe d’Afrique, un football à l’arrière-goût amer…

Derrière les projecteurs de la Coupe d’Afrique des nations...

Justice : le dilemme algérien entre peine capitale et moratoire

 Dans une correspondance officielle datée du 10 janvier 2026,...
spot_imgspot_img
- Advertisement -

Il existe en Algérie un trio d’articles pénaux qui n’a rien à envier aux vieilles chaînes de l’esclavage : 148 bis 1, 196 bis, 333 bis 6. 

Certains datent d’hier, d’autres d’avant-hier, mais tous ont été polis, renforcés ou réactivés sous Tebboune pour lui aller comme un costume taillé sur mesure. On pourrait croire à un nouveau groupe de raï. Malheureusement, ce sont des lois.

Trois articles pour faire taire, mais aucun pour faire réfléchir. Trois articles pour punir l’opinion, mais aucun pour protéger la dignité. Trois articles pour fabriquer des suspects, mais jamais des citoyens.

148 bis 1, la diva du Code pénal, punit “l’outrage aux symboles de la Révolution”. Très bien. On aimerait juste savoir qui a décidé que les symboles révolutionnaires étaient si fragiles qu’un micro, une Web TV ou un paragraphe pouvait les faire fondre comme un morceau de beurre sur une poêle chaude. Si la Révolution tient debout, elle n’a pas besoin de béquilles juridiques. Si elle a besoin d’un article pour exister, alors ce n’est plus un symbole : c’est un bibelot.

196 bis, lui, est plus ambitieux. Créé en 2020, c’est l’enfant préféré du pouvoir actuel. Il réprime les “fausses informations”. Sauf que chez nous, la vérité n’est jamais établie par des archives, des commissions indépendantes, des débats contradictoires… Non. Elle est établie par déclaration. Un ministère dit : “Ceci est faux”. Et dès l’instant où il le dit, cela devient vrai. Une logique parfaite pour un univers médiéval où la Terre est plate jusqu’à ce que le vizir décide qu’elle est ronde.

333 bis 6, enfin, l’article boomerang. Lui aussi toiletté récemment pour l’ère numérique. Il s’attaque à ceux qui utilisent les réseaux, les Web TV, les téléphones – comme si l’Algérien qui poste un statut Facebook était plus dangereux qu’un voleur de milliards. Avec cet article, même un soupir numérique devient un crime audiovisuel.

Et les victimes ? Elles sont là.

Les journalistes, les youtubeurs, les chroniqueurs, les internautes, les humoristes, ceux qui écrivent trop, ceux qui parlent trop, ceux qui pensent trop. Les Drareni, les Zeghileche, les administrateurs de pages, les blogueurs, les anonymes, ceux qui se demandent encore comment une phrase est devenue une balle.

Et maintenant, c’est Bouakba.

Bouakba n’est pas un cas isolé : c’est la vitrine. La preuve encore chaude que ces articles ne servent pas à protéger la Révolution, mais à protéger une version de la Révolution. Ils ne servent pas à punir le mensonge, mais à punir la question.

La question qui dérange. La question qui gratte.

La question qui dit : “Où est passé le trésor du FLN ?” Une question vieille de soixante ans, toujours sans réponse, toujours dangereuse. Assez dangereuse pour fermer une Web TV. Assez dangereuse pour mettre un homme devant un tribunal. Assez dangereuse pour faire trembler ceux qui, pourtant, assurent n’avoir rien à cacher.

Quand une République a peur d’une question, ce n’est pas la question qui est malade. C’est la République.

Ce que révèle cette affaire ?

Nous avons aboli l’esclavage. Nous avons aboli le code de l’indigénat. Nous avons arraché l’indépendance. Mais il reste une chaîne, la dernière et la plus insidieuse : celle qui lie les Algériens à la peur de parler.

Un peuple qui ne peut pas interroger son histoire est un peuple sous tutelle.

Un peuple qui ne peut pas critiquer ses symboles est un peuple infantilisant.

Un peuple qui peut aller en prison pour une opinion n’est pas un peuple libre.

Il s’agit de la dignité de l’Algérien, pas d’un débat juridique entre experts.

Ces articles ne protègent personne. Ils humilient tout le monde. Ils transforment la justice en douane de la pensée. Ils transforment le citoyen en mine piégée : il suffit qu’il parle pour qu’il explose.

Il faut abolir ces articles.

Pas seulement les 148 bis 1196 bis et 333 bis 6, mais tout le cortège qui les accompagne : 87 bis144144 bis 24695 bis… toute cette machinerie obscure qui transforme la Constitution en décor et l’Algérien en coupable en attente.

Il est temps de jeter ces articles dans la même fosse où l’humanité a déjà jeté l’esclavage, l’indigénat et les humiliations d’un autre âge.

Parce que le combat n’est pas Bouakba. Le combat, c’est le droit d’exister debout, de parler sans calculer, de penser sans demander pardon.

Tant que ces articles survivront, la vérité avancera étranglée, la liberté marchera sous surveillance, et le mensonge roulera en véhicule administratif, gyrophares allumés, carte grise offerte par l’État.

Et surtout, une question demeurera, la plus explosive de toutes : Comment un homme du pouvoir pourrait-il répondre de ses actes, quand la justice n’a qu’une seule direction, vers le peuple, jamais vers le sommet. Et quand même Hamlaoui, récemment éclaboussé, n’a pas eu à en répondre ?

Abolir ces lois n’est pas un luxe. C’est la seule condition pour qu’un jour, enfin, un Algérien – qu’il soit puissant ou invisible – puisse être jugé à armes égales, et que la justice cesse de choisir ses coupables avant même de connaître ses faits.

Zaim Gharnati

Dans la même catégorie

Lezzayer : tamurt iteččen… deg uksum-is !

Alɣu n udabu n Lezzayer n 7 yennayer 2026...

CAN 2025 : arbitres, palais, FIFA… le football en otage

On nous a vendu une compétition, on a eu...

CAN 2025 : le lion Sinigueli a gagné

Le lecteur ne doit pas être offusqué par ce...

Une coupe d’Afrique, un football à l’arrière-goût amer…

Derrière les projecteurs de la Coupe d’Afrique des nations...

Justice : le dilemme algérien entre peine capitale et moratoire

 Dans une correspondance officielle datée du 10 janvier 2026,...

Dernières actualités

spot_img

9 Commentaires

  1. « Un peuple qui ne peut pas interroger son histoire est un peuple… » SOUS DOMINATION NÉOCOLONIALE…UNE des PLUS INCULTES et VIOLENTE!!! incarnée par des caporaux qui palpent la bagatelle de 22 milliards US $ sas aucun contrôle ni SCRUPULE…en LIBRE SERVICE…C’est la marque de fabrique des MAFIAS de par le monde…!
    Pensées aux détenu-e-s d’opinions dans les GEÔLES des caporaux…!!

  2. Je suis d’accord avec cette analyse qui est juste mais j’ajouterai un point à propos de drareni qui a été un moment donné c’est vrai le symbole de la répression il semble qu’il ait « retourné sa veste  » On lui a donné une mission particulière d’interviewer certains « idiots utiles » français qui confondent la guerre de libération nationale et le pouvoir maffieux actuel …

  3. Jamais nous n’avons eu de tels fascistes à la tête de l’Etat et de l’armée, jamais nous n’avons eu de tels malades mentaux à la tête de l’Etat et de l’armée. Même pendant la colonisation, nous étions libres de penser et de nous exprimer. Tebboune et Chengriha ont transformé l’Algérie en cimetière, en prison, en enfer. Il ont mis 63 ans pour en arriver là et le projet était prêt dés l’arrivée de Tebboune à El Mouradia. Le plus grave c’est que cette terreur, cette répression ont fait de nous un peuple artificiel. Sans réelle identité, sans réelle histoire, sans même accès à la vérité. Je ne donne pas cher de notre peau. Le pays va à sa perte : Tebboune et Chengriha s’en foutent, après eux le déluge. Et ceux qui viendront après eux sont pires encore : plus irresponsables encore, plus fascistes encore.

  4. Une des plus belles publications de LMA. Merci Mr Gharnati. Je me demande ce que serait la reaction des nervis du regime si on leur presentait un tel constat comme celui d’un autre pays. TabTosa serait offusque’ et le crierait sur tous les toits. Quand leurs interlocuteurs etrangers les interpellent avec la plus douce des diplomaties, dans l’espoir de reveiller une conscience a l’echelle de leurs prettentions blabla-euses, ils ont toujours la meme reponse « le Peuple a trop souffert du colonialisme et son education prend du temps. » – Et ca leur (interlocuteurs) rappele l’histoire du pere foutard… A leurs fake-freres d’orient, c’est sans aucun doute « la Jahilia » qu’ils combattent – C’est la debauche occidentale, francaise en 1er ! Et c’est pour ca que je ne rate aucune occasion de leur rendre , ne seraity-ce qu’un peu de leur monnaie bien merite’e – meme s’ils meritent bien plus. Sans deconner, ils meritent bien, au moins, le jackpot de Mamar des egouts de Tripoli. Eux, meritent bien ‘wed al-harrach, puisqu’ils s’y deja installe’s.

  5. C’est cela l’esprit des lois dans ces latitudes là: laver les coupables de leurs responsabilités et mettre la note sur le dos des victimes.
    Et que diriez-vous de la toute dernière loi dont je ne ne sais le numéro destinée à disculper le pouvoir de son échec total à protéger les forêts et la nature contre les feux répétitifs en accusant les patriotes kabyles d’y avoir mis le feu ?
    Critiquer certaines lois comme étant répressives, c’est oublier que ce pouvoir, depuis 62 ne repose que sur ça, c’est oublier que le principe fondateur de l’Algérie même est de sévir par tous les moyens, et la loi en est un.
    Il est vrai que tout le monde ne pouvait pas le ressentir de la même façon. Quand ils ont assassiné le commandant Chaabani pour avoir défendu son Sud, tous le monde s’est couché, berbérophones et dardjophones compris. La raison est simple: on ne se sentaient pas concernés. Au fond c’est normal: hormis l’époque coloniale, on n’a jamais vécu sous les mêmes lois ou les mêmes autorités. Ce détail, seuls les nouveaux seigneurs issus des fanges l’ont vite compris. Et ils n’ont pas perdu de temps pour le mettre en pratique. Quelques mois plu tard seulement, c’est au tour du peuple Kabyle, trop organisé à leur yeux, de subir son deuxième 1871. Et son martyr n’a pas cessé depuis. Et quand les algériens se sont rendu compte enfin en 2019 que c’est en leur nom que le genou dé culturel et religieux se commettaient en Kabylie, c’était déjà trop tard. Ils ont été tellement bercés dans les doux nuages du nationalisme impérialiste arabe distillé par l’école, la mosquée, la télé et le gendarme du coin que certains se réjouissaient même de vivre un djihâd en direct. Demandez à Moqri et compagnie.
    Le mal est fait et l’utopie a peu vécu.

  6. Vous pouvez abroger tous les articles ; ça ne résoudra pas le problème qui est l’inexistence d’un ETAT.
    Tous réside dans la formation d’hommes dotés d’une conscience et non pas juste une hypothétique croyance.
    SANS juges intègres pas de justice même avec le meilleur code pénal au monde.

  7. Bravo!!!! Excellent article où vous dites tout haut tout ce que le peuple algérien aimant son pays pense tout bas. Où sont cachés nos hommes qui pourraient avoir l’intelligence de rectifier ces erreurs pacifiquement???

  8. Avec ces scélérates lois, il faut rajouter la cerise de la … concorde qui absout les bourreaux et condamnent les victimes de crainte qu’ILS soient atteints :
    Article 46: est puni de prison de 3 à 5 ans et de 250 000 a 500 000 DA tout citoyen qui par déclaration écrite ou autre acte utilise ou instrumentalise les blessures de la tragédie noire (comprendre: qui ose en parler car cela porte atteinte à la DIGNITÉ des bourreaux).
    Les poursuites pénales sont engagées d’office par le ministère public.
    En cas de récidive, les peines seront doublées !
    En clair, ILS se protègent eux même puisqu’ILS sont l’autre face de la pièce.
    A mediter

LAISSEZ UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici