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Tebboune, quel devin !

Tebboune

L'utilisation du complot et de l'ennemi imaginaire est l'unique ressort trouvé par le régime pour se justifier.

Tebboune

Tout le monde sait que les présidents en Algérie n’ont de compte à rendre qu’aux généraux qui les ont désignés. Comment Tebboune, devant le panel des généraux qui l’ont désigné, a pu justifier le camouflet affligé au pays après le refus des présidents des sept pays émergents du BRICS d’intégrer l’Algérie ?

Pourtant, le président désigné n’a pas lésiné au niveau des moyens et s’est mis à bourlinguer entre la Russie du tsar Poutine et la Chine de l’empereur Xi Jinping, avec dans la valise des promesses pompeuses d’investissement et même de l’argent, un peu plus d’un milliard de dollars. Pour quel résultat ?

Trainant sa tiroir-caisse un peu partout où il pouvait faire office d’aumônier auprès des pays- frères et fiers dictateurs, Tebboune a su dresser la tête de la nouvelle Algérie, tout en abaissant celle des Algériens. Dans sa tête, il y a ce mur de briques qu’il s’était érigé entre lui et le peuple. Où d’un côté il y a lui et tout ce qu’il a réussi à sauver de l’ancien régime de Bouteflika, et de l’autre côté, le peuple du Hirak prit dans l’étau des prisons pour délit d’opinion et les dures fins de mois.

Même par procuration, Tebboune est incapable de présider aux destinées du pays. Il n’y a que les islamistes qui s’accommodent bien de cette illégitimité présidentielle puisqu’ils gouvernent le pays en propageant l’islamisme partout dans les institutions de l’État, en même temps qu’ils s’approchent, chaque jour, un peu plus du pouvoir. L’islamisme et le régime politico-militaire ne font qu’un seul bloc monolithique qu’il serait vain de croire les soumettre un jour aux règles de la démocratie.

Quatre années après sa désignation comme président de la république, on peut parler de vacances de la fonction présidentielle, puisque, à la lumière du gouffre sans fond dans lequel s’est enfoncé le pays, le népotisme et la corruption sont devenus, de façon structurelle, un mode de gouvernance par excellence, plus particulièrement au sein des institutions économiques les plus névralgiques.

Sinon comment expliquer qu’un pays comme l’Iran, sous embargo économique des plus virulents, son PIB dépasse de loin celui de l’Algérie ? Comment, un pays comme l’Éthiopie, frappé par la guerre avec l’Érythrée, affaiblie par une crise alimentaire des plus dramatiques en 2011, connaît un PIB bien plus florissant que celui de l’Algérie ?

Ne cherchez pas la réponse. C’est dans cette guerre de places, une guerre déclassée au profit de l’argent sale et de la gouvernance par clans interposés que réside le drame de l’Algérie de l’avant-Hirak et celle qui n’existe quasiment plus depuis la présidence de Tebboune.

Mais s’il y a un domaine dans lequel notre devin président continue de s’illustrer, c’est bien celui de l’impertinence dont il fait preuve, à chaque rendez-vous avec une presse à la solde du pouvoir. Il n’hésite pas à sacrifier l’intime au profit du ridicule. Dès qu’il sort sa tête des sables où il l’avait enfouie, il nous parle de son Algérie nouvelle en des termes aussi invraisemblables qu’énigmatiques. C’est ainsi qu’il nous fait savoir qu’il existerait une dialectique entre la pénurie des denrées alimentaires et la probabilité d’un coup d’État.

Quel devin, ce Tebboune ! Surtout que nous assistons, depuis un moment déjà, à un festival de coups d’État en Afrique, notamment au Niger, au Mali, au Burkina Faso, et tout dernièrement au Gabon. Tebboune confirme que le pouvoir en Algérie est comme un arbre généalogique avec une seule racine et plusieurs têtes. Laquelle des têtes tombera prochainement? Seul Tebboune le sait.

Mohand Ouabdelkader

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