12.9 C
Alger
AccueilMise en avantTransport public en Algérie : entre revalorisation tarifaire annoncée et montée des...

Transport public en Algérie : entre revalorisation tarifaire annoncée et montée des tensions sociales

Date :

Dans la même catégorie

Enlèvement de Maduro : le silence troublant d’Alger

La diplomatie algérienne si prompte habituellement à dénoncer les...

Hausse du carburant sans annonce préalable : le gouvernement s’explique

La hausse des prix des carburants, entrée en vigueur...

Nouveaux tarifs des carburants à la pompe : des hausses qui ne passent pas

Le démarrage de l’année 2026 s’est accompagné d’une décision...
spot_imgspot_img
- Advertisement -

Les autorités algériennes s’orientent vers une révision globale des tarifs du transport public de voyageurs, dans un contexte marqué par une crispation sociale persistante. Comme cadeau de bonne année, on a connu mieux.

Malgré les signaux d’apaisement envoyés par l’exécutif et l’ouverture de cycles de concertation avec les partenaires sociaux, la grève observée par les professionnels du transport se poursuit et tend à s’amplifier, avec des répercussions directes sur la mobilité des citoyens et sur les prix des produits de première nécessité.

Vers un élargissement des hausses tarifaires

Après l’accord de principe conclu avec les chauffeurs de taxi, le gouvernement envisage d’étendre la revalorisation des tarifs à l’ensemble des segments du transport public. La Société d’exploitation et de gestion des gares routières d’Algérie (Sogral) a annoncé la tenue, ce mardi 6 janvier, d’une réunion de concertation consacrée à la fixation de nouveaux barèmes.

Contrairement aux ajustements ponctuels précédents, la hausse envisagée concernerait l’ensemble des réseaux : transport urbain, suburbain et liaisons inter-wilayas. Les autorités justifient cette orientation par l’augmentation des coûts d’exploitation, aggravée par la récente révision des prix du carburant, ainsi que par la nécessité de préserver l’équilibre économique d’un secteur sous forte pression. Au final, ce sont les voyageurs qui vont payer cher cette décision gouvernementale.

Le précédent des taxis, un accord encore fragile

Cette dynamique s’inscrit dans le prolongement de l’accord conclu vendredi dernier entre le ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales et le Syndicat national des transporteurs par taxis (SNTT), affilié à l’UGTA. Cet accord, intervenu après plusieurs journées de débrayages à travers différentes wilayas, a porté principalement sur deux engagements :

Une revalorisation officielle des tarifs, destinée à compenser la hausse des charges opérationnelles ;

Une révision annoncée du Code de la route, afin de l’adapter aux contraintes professionnelles des chauffeurs de taxi et des transporteurs de marchandises.

Présenté comme une issue de sortie de crise, cet accord n’a toutefois pas suffi à apaiser l’ensemble des acteurs du secteur, notamment dans le transport collectif de voyageurs, où le mouvement de protestation se poursuit.

Une tension sociale toujours vive

La société est à cran, la tension palpable à tous les niveaux. Malgré les assurances répétées des pouvoirs publics et la multiplication des réunions avec les partenaires sociaux, la situation sur le terrain reste tendue. La grève des transporteurs de voyageurs, observée ces derniers jours, a fortement perturbé la mobilité des usagers. Ce dimanche, de nombreux citoyens ont été surpris par le blocage des moyens de transport, certains n’ayant pas pu rejoindre leurs lieux de travail.

Les répercussions se sont également fait sentir dans le secteur de l’enseignement supérieur. Plusieurs universités ont décidé de reporter les examens, en raison de l’impossibilité pour de nombreux étudiants, résidant dans les agglomérations périphériques des villes universitaires, de se déplacer vers les campus.

L’effet domino sur les prix à la consommation

Parallèlement, les premières conséquences économiques de la hausse des prix du carburant commencent à se matérialiser. Sur certains marchés, le prix du kilogramme de pommes de terre a dépassé le seuil des 100 dinars, alimentant les inquiétudes quant à une propagation de l’inflation vers d’autres produits de large consommation.

Ces signaux renforcent les craintes d’un effet domino, où l’augmentation des coûts de transport se répercute progressivement sur l’ensemble de la chaîne de distribution, pesant davantage sur le pouvoir d’achat des ménages, déjà fragilisé.

Entre gestion de crise et équation sociale

Au-delà de la question tarifaire, l’exécutif semble engagé dans une logique de gestion de crise visant à prévenir une paralysie durable du pays. Les engagements pris, notamment la promesse de réviser le Code de la route et d’introduire des mesures d’accompagnement socio-professionnelles, traduisent une volonté de désamorcer la contestation. Y arrivera-t-il et à quel prix ?

Entre revendications professionnelles et protection des usagers

Reste que l’équation demeure complexe : répondre aux revendications légitimes des professionnels du transport sans accentuer la pression sur les usagers et sur les prix. Dans un contexte économique sensible, la capacité du gouvernement à transformer ces annonces en solutions durables sera déterminante pour contenir la tension sociale et restaurer un climat de confiance.

Une chose est certaine : ces décisions sont un cinglant démenti des promesses et autres assurances lancées par Tebboune lors de son discours devant le parlement à la fin de l’année.

Samia Naït Iqbal

Dans la même catégorie

Enlèvement de Maduro : le silence troublant d’Alger

La diplomatie algérienne si prompte habituellement à dénoncer les...

Hausse du carburant sans annonce préalable : le gouvernement s’explique

La hausse des prix des carburants, entrée en vigueur...

Nouveaux tarifs des carburants à la pompe : des hausses qui ne passent pas

Le démarrage de l’année 2026 s’est accompagné d’une décision...

Dernières actualités

spot_img

LAISSEZ UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici