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Nicaragua : après la chute de Maduro, Ortega procède à des dizaines d’arrestations puis se ravise

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Après l’enlèvement du couple présidentiel vénézuélien par les États-Unis, Rosario Murillo et Daniel Ortega, qui dirigent le Nicaragua d’une main de fer, sont en « état d’alerte ». Au moins 60 personnes ont été arrêtées dans le pays pour s’être réjouies de la capture de Cilia Flores et Nicolas Maduro. Le gouvernement a annoncé ce samedi 10 janvier des libérations.

En Amérique centrale, le couple d’autocrates Ortega-Murillo s’est montré discret après la chute de ses amis à Caracas. Mais il semblerait que les co-présidents du Nicaragua aient peu goûté la satisfaction affichée chez eux par certains. Selon l’organisation de défense des droits humains Monitoreo Azul y Blanco, « au moins 60 arrestations arbitraires » de personnes coupables d’avoir célébré l’enlèvement de M. Maduro sur Internet ou en privé se sont produites après le 3 janvier dans le pays.

Peur-panique à Managua

Avant ce samedi, 49 personnes restaient détenues « sans information sur leur statut légal », neuf personnes avaient été libérées après leur arrestation, et trois personnes se trouvaient encore en détention provisoire, de même source. « Cette nouvelle vague répressive s’exécute sans mandat judiciaire et se base uniquement sur l’expression d’opinions : commentaires sur les réseaux, célébrations privées », ou ne pas avoir fait sienne la propagande, toujours selon l’ONG.

Dès vendredi, la mission diplomatique américaine à Managua a fait le constat qu’au moment où le gouvernement intérimaire du Venezuela faisait « un pas important vers la paix en libérant un grand nombre de prisonniers politiques », face à la pression très forte exercée par Washington, au Nicaragua, « plus de 60 personnes [étaient] toujours injustement détenues ou portées disparues, parmi lesquelles des pasteurs, des travailleurs religieux, des malades et des personnes âgées ».

Le gouvernement du Nicaragua a finalement annoncé, samedi 10 janvier, la libération de « dizaines de personnes » « rentrées chez elles », sans pour autant préciser leur identité ou les motifs de leur détention. Via le site internet officiel 19 Digital, le pouvoir a simplement présenté ces libérations comme « le symbole » de son « engagement indéfectible en faveur du dialogue, de la paix et du droit de chacun à une coexistence familiale et communautaire respectueuse et sereine ».

Deux régimes de gauche aux dérives concomitantes dans le temps

Pour le média en ligne Confidencial animé depuis l’étranger, ces arrestations effectuées par « le bras répressif du régime » ont eu lieu dans le cadre d’un « état d’alerte » ordonné par la compagne de l’ancien guérillero, Mme Murillo, devenue co-présidente l’an passé. L’état d’alerte nicaraguayen concernerait « toutes les structures territoriales du Front sandiniste, à la suite d’un huis clos qui a eu lieu dans l’après-midi du 3 janvier 2026 à El Carmen, en l’absence de Daniel Ortega ».

Les menaces récentes de Donald Trump à l’encontre du régime castriste de Cuba ne sont pas de nature à apaiser la paranoïa des deux dirigeants sandinistes, idéologiquement construits sur le souvenir de l’interventionnisme américain à l’époque d’Augusto Calderon Sandino, inspirateur de leur révolution de 1979, lui-même assassiné en 1934. Battu dans les urnes à la fin de la guerre civile, en 1990, M. Ortega avait remporté la présidentielle en 2007, avant la dérive du régime.

Le Nicaragua est 172e sur 180 au classement de la liberté de la presse de l’ONG Reporters sans frontières, derrière la Russie, Cuba ou l’Égypte. Depuis la violente répression des manifestations étudiantes de 2018 par le président Ortega, une chape de plomb s’est abattue sur les journalistes dans ce pays. Victimes de la brutalité du pouvoir, ils sont empêchés de travailler, emprisonnés, voire déchus de leur nationalité. La plupart n’ont eu d’autre choix que de s’exiler.

Comme le rappelle l’Agence France-Presse, le Nicaragua occupe une place de choix dans la fresque de l’impérialisme en Amérique latine. En 1979, quand les sandinistes renversent Anastasio Somoza, le président des États-Unis Ronald Reagan, inquiet de l’alignement de Managua sur La Havane et l’URSS, autorise secrètement la CIA à apporter une aide de 20 millions de dollars aux Contras, les contre-révolutionnaires du pays, financée partiellement par la vente illégale d’armes à l’Iran.

Le régime fait partie des cibles principales de M. Trump. En décembre, son administration a annoncé de nouveaux droits de douane sur certains produits du Nicaragua à partir de 2027 en raison, selon Washington, de violations des droits du travail et des droits humains créant une « concurrence déloyale ». Les taxes devaient être introduites progressivement sur deux ans, à hauteur de 10% à partir de janvier 2027, puis de 15% au début de 2028, en plus des 18% déjà décrétés il y a des mois.

Des couples présidentiels aux trajectoires semblables

En août, alors que le dispositif de Washington pour attraper Nicolas Maduro commençait à se mettre en place au large du Venezuela, un avion Airbus A340 de la compagnie nationale Conviasa a fait plusieurs allers-retours à Managua. Or, c’est cet appareil qui avait acheminé le président vénézuélien en Russie, en mai. Des observateurs se sont ainsi demandé, à l’époque, si ce dernier ne préparait pas tout simplement son départ dans ce pays, ou la mise à l’abri de ses biens.

En 2018, lors d’une parade militaire, le président vénézuélien avait dû interrompre un discours après une détonation. Le lendemain à Managua, le Front sandiniste de libération nationale (FSLN) avait organisé un évènement public pour exprimer sa solidarité envers le dirigeant du Venezuela, qui a beaucoup aidé financièrement son homologue après son retour au pouvoir, en soutenant par exemple la rénovation du centre-ville, ou par l’intermédiaire du généreux programme Petrocaribe.

Au-delà de leur proximité idéologique et financière, ou de leur rapport à Cuba, les deux régimes de gauche hostiles à Washington ont un autre point commun, à savoir la place prédominante occupée par la première dame. Mme Murillo, auparavant vice-présidente de son mari, est un peu plus âgée que Cilia Flores, elle-même fervente chaviste, notamment présidente de l’Assemblée nationale entre 2006 et 2011, lorsque son mari était ministre des Affaires étrangères. 

Le 10 décembre dernier, lorsque les États-Unis avaient saisi dans les Caraïbes un navire transportant du pétrole vénézuélien à destination de La Havane, le gouvernement de l’île avait dénoncé l’« impact direct » que cela aurait sur son système énergétique. Les pays membres de l’Alliance bolivarienne pour les Amériques (Alba), orientés à gauche, avaient alors approuvé la création d’un plan d’aide énergétique. La proposition émanait de M. Maduro, soutenu par le Nicaragua.

Avec RFI

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