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 A qui profiterait le chaos en Algérie ?

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REGARD

 A qui profiterait le chaos en Algérie ?

L’Algérie est désormais au bord du chaos : d’un côté, il y a des millions d’Algériens qui ont marché et qui marcheront encore pour dire non au cinquième mandat, de l’autre il y a un chef de l’Etat grabataire qui a déposé son dossier de candidature pour…un cinquième mandat.

«Les conseillers» du chef de l’Etat ont certainement pesé le pour et le contre et ont dû conclure que le chaos, si chaos il y a, profitera à Abdelaziz Bouteflika, d’où leur ok pour cette candidature unique au monde.

Abdelaziz Bouteflika pourrait être, en effet, l’unique et grand gagnant dans l’affaire, et ce quelle que soit la suite des événements. Si l’élection présidentielle se déroule dans le calme, c’est lui qui l’emportera. Si les marches prennent de l’ampleur et que la situation devient explosive, ce qui est fort possible, Abdelaziz Bouteflika fera sans doute comme son homologue et ami, Omar El-Bachir du Soudan, en déclarant l’état d’urgence pour un an, voire plus.

Ainsi donc, dans tous les cas, Abdelaziz Bouteflika restera difficile à détrôner. Il a d’ailleurs si bien monté son coup qu’il ne risque rien, ou presque. II est en Suisse, et il ne compte pas rentrer de sitôt, du moins pas avant qu’il ne soit sûr et certain que la voie est libre pour le palais d’El Mouradia.

Les autocrates sont comme ça ; ils sont déconnectés de la réalité de leurs pays. Et quand ils s’aperçoivent qu’ils ont tout faux, il est déjà trop tard. Le dernier message d’Abdelaziz Bouteflika aux Algériens ressemble à s’y méprendre à celui de Zine El Abidine Ben Ali aux Tunisiens quelques heures avant sa chute.

En vingt ans de règne, Abdelaziz Bouteflika n’a jamais prononcé les mots corruption, harga et autre présidentielle anticipée. Au crépuscule de sa vie, il en parle, comme s’il n’y est pour rien. Abdelaziz Bouteflika ignore peut-être qu’il est trop âgé pour aller chasser le lion.

Mais aussi paradoxal que cela puisse paraître, il y a encore une chance pour s’en sortir. Il suffit, en effet, au président du conseil constitutionnel, Tayeb Belaiz, d’invalider le dossier de candidature d’Abdelaziz Bouteflika pour éviter le chaos, en attendant l’avènement de la deuxième république et son corollaire, la démocratie.

Auteur
Ahcène Bettahar

 




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