4 décembre 2022
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Affaire Brahim Laalami : l’Espagne en infraction ?

TRIBUNE

Affaire Brahim Laalami : l’Espagne en infraction ?

Brahim Laalami, figure emblématique du hirak, arrêté et condamné plusieurs fois à des peines de prison ferme pour son engagement dans le hirak, a été « gracié » par le chef de l’État avec une dizaine d’autres détenus le 15 février 2021.

À cause de son rôle d’animateur connu du hirak, notamment dans la région de Bordj Bou Arréridj (240 km à l’Est d’Alger), ses prises de position et son intense activité au sein de ce mouvement citoyen, sa famille est soumise à un harcèlement sans relâche par les services de sécurité à tel point que tous ses frères, Moussa, Yasser et Mohamed, ce dernier est mineur, sont à leur tour arrêtés.

Après l’immense espoir suscité par le hirak pour lequel il s’est pleinement investi, Brahim a sombré dans le désespoir et la désillusion, comme des milliers de jeunes Algériens, contraints à l’exil à cause de l’impasse dans laquelle s’enfonce le pays, fuyant la répression et le mal-vivre. Avec un groupe de harragas, il a tenté de traverser clandestinement sans succès la Méditerranée sur une embarcation de fortune pour rejoindre l’Espagne.

Tout porte à penser qu’il aurait été arrêté avec une quinzaine d’autres harragas par les garde-côtes espagnols le 28 juin dernier. Aussitôt intercepté, il a été remis, selon certaines sources, aux autorités algériennes, alors qu’il a des raisons d’autant plus sérieuses de craindre d’être persécuté qu’il a déjà fait l’objet de poursuites judiciaires et de condamnations à des peines d’emprisonnement et amendes pour son engagement précoce et plénier dans le hirak.

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Les raisons qui ont contraint Brahim Laalmi à tenter de fuir son pays pour se réfugier en Europe ne reposent pas sur de simples présomptions ou craintes de persécutions. Mais sur des persécutions avérées et les auteurs en sont connus et identifiés, il s’agit des agents et d’institutions étatiques, il est donc privé de protection par l’État.

D’ailleurs dès son renvoi en Algérie, il a été présenté d’abord devant le tribunal d’Aïn Témouchent dans l’Oranie le 3 juillet 2021, et condamné à trois mois de prison avec sursis pour sortie illégale du territoire. Puis devant le tribunal de Bordj Bou Arreridj qui l’a condamné de nouveau pour d’autres affaires à une peine de prison ferme de deux fois deux ans assortie d’amendes.

Ne souffrant d’aucune ambiguïté, son cas et la protection qu’il requiert, relèvent sans nul doute de la convention de Genève. Par conséquent, si l’information de sa remise par les garde-côtes espagnols à leurs homologues algériens est confirmée, les autorités espagnoles, par cette mesure d’éloignement arbitraire, sont d’autant plus en infraction à la législation sur les étrangers que l’Espagne a ratifié depuis 1978 la convention de Genève sur les réfugiés de juillet 1951 et le protocole de 1967.

De même qu’elles ont enfreint les directives européennes de protection des demandeurs d’asile, notamment la directive « qualification » du Parlement et du Conseil européens du 13 décembre 2011 relative aux conditions d’octroi de la protection aux ressortissants des pays tiers et la directive du 26 juin 2013 concernant les procédures communes d’octroi et de retrait de la protection.

En agissant de la sorte, l’Espagne soutient et se rend complice du régime algérien autoritaire qui a fait de la violation des droits élémentaires des Algériens une pratique courante.

Depuis plus de deux ans de mobilisation pacifique, les Algériens ne cessent d’exiger son démantèlement et la mise en place d’un État démocratique bâti sur les principes d’un État de droit. Seul à même de garantir la stabilité de l’Algérie et l’endiguement du phénomène des harragas qui posent pied chaque année par milliers sur les côtes espagnoles.

Parce qu’il est oppresseur et incapable d’assurer les conditions d’une vie meilleure à la jeunesse, ce régime honni est source d’instabilité et de fuite massive des Algériens vers l’Europe.

Le Collectif hirak de Lyon

Vendredi 30 juillet 2021

 




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