23 mai 2024
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Arabité, islamité, amazighité : le tryptique erroné

Place de la République

D’aucuns s’étonnent de la furie du pouvoir algérien – qui ne rate pas une occasion de monter au créneau dès que des voix s’élèvent pour dénoncer des dérives autoritaires qui ne sont plus à démontrer – oubliant que la raison d’être de tout gouvernement est de tout faire pour formater le peuple à son image !

Tel formatage a commencé bien avant le fameux « nous sommes arabes » éructé trois fois par Ben Bella, comme pour mieux enfoncer dans la caboche des récalcitrants que le statut d’indigènes qui nous avait été collé par nos précédents colons ne bougerait pas du moindre iota.

Avec tout un arsenal de décrets et d’articles constitutionnels, notre arabité fut actée ! L’arabisation de l’École a fini d’achever la marche forcée vers le triptyque « arabité, islamité, amazighité », reléguant ainsi notre composante génétique au dernier poinçon de notre identité !

Or, depuis 1962, qui peut prétendre que sa propre mère n’ai jamais compris un traitre mot de ces discours rébarbatifs débités en arabe nucléaire que personne ne saisit, donnant ainsi raison à la formule de Karim Akouche : « Si la langue de tes gouvernants n’est pas celle de ta mère, sache que tu es colonisé » ?

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Ne parlons pas de ces versets coraniques débités à tire larigot par tous les imams du pays, et que personne ne saisit, même parmi l’écrasante majorité des arabophones !

À propos de matrice de transfert linguistique entre gouvernants et gouvernés, les maîtres d’Alger n’appliquent-ils pas depuis 1962, la même recette que les colons de 1830 ? Quoique, nos anciens colons utilisaient parfois des interprètes quand il s’agissait de s’adresser aux « indigènes » pour des problèmes qui les concernaient directement.

En termes de communication, nos nouveaux colons ont donc fait un sacré bond en arrière. Et ils ne sont pas disposés à faire preuve de raison et changer de cap !

Il n’est pourtant pas difficile d’adhérer au fait que pour remettre de l’ordre dans ce cafouillis d’erreurs historiques, le triptyque qui convient le mieux à une république moderne qui ne s’ignore pas est : « amazighité, arabité, laïcité » !

Mais il est utopique de faire admettre telle disposition des choses, qui reflètent pourtant une réalité évidente que personne ne peut contester, aux maîtres d’Alger !

Quant à nous, rien ne nous empêche de rêver ! Et après tout, le rêve nourrit l’espoir et l’espoir fait vivre !

Kacem Madani

2 Commentaires

  1. @Kacem Madani
    J’aimerais vous raconter, à cet édard, une annecdote croustillante. Ahmed Taleb Ibrahimi m’expliquait doctement, un jour, la théorie d’un spécialite du développement cognitif de l’enfant, selon laquelle, un enfant dont l’éducation primaire aurait été faite dans une langue autre que sa langue maternelle, subissait un sérieux handicap dans son développement cognitif. Voulant, probablement, justifier ainsi, scientifiquement, la nécessité de l’arabisation de l’enseignement primaire dans notre pays. Il ne se rendait pas compte, ce faisant, qu’il condamnait allégrement des millions d’enfants berberophones à subir ce meme prétendu handicap!

  2. Disons qu’en sacrifiant notre part de latinité, nous boitons. Il fallait que nous nous attendions à tout.
    Lorsque aux XIIe siècle El Mowahindine massacraient les communautés chrétiennes encore latinophones, des berbères des villes notamment de Tlemcen, de Vgayet et de Carthage, les voisins berbères islamisés regardaient cela comme de loin. Peut-être même que certains ont applaudi … comme applaudissent certains aujourd’hui lorsqu’on les tyrans écrasent du berbère, du Kabyle au nom de l’islam et de l’arabité.
    En dehors de la langue, et encore – enlevons tout le vocabulaire agraire, de la botanique, de l’ornithologie, de certains aspects domestiques et même du corps humain, … issu du latin – Et vous peinerez à définir ce que c’est la berbérité toute seule.
    Mettez de coté la parenté en tant qu’unité architecturale du village berbère avec la cité ou le municipe romain et vous supprimerez le seul exemple de comparaison au monde ancien dans ce domaine.
    Faites abstraction des villages de l’Europe du Sud et vous ne trouverez rien au monde ressemblent de près ou de loin au village berbère des régions méditerranéennes en terme de ressemblance, de rendu, pictural et de matériaux de construction.
    Mettez de coté le paysan guerrier du temps de la république romaine, le soldat grec de la haute époque classique. et vous ne comprendrez rien à la tradition guerrière kabyle. Vous ne comprendrez rien aux paysans kabyles qui troquent la charrue pour le fusil ou le génois (ajenwi) pour faire face aux arabes, aux turcs, aux français, au aarcs ou villages voisins.
    Oubliez la religion domestique, la religion des ancêtres romains et vous ne comprendrez rien à la religion berbère des ancêtres … et vous vous retrouverez pieds et poings liés dans un face mortel perdu d’avance avec l’islam… et vous perdrez votre âme !
    Fermez les yeux sur les références à la sacralité de la terre chez le romains et vous prendrez les kabyles qui se querelles pour une motte de terre pour des fous … et vous ne comprendrez rien à Maatoub qui parlait de « Ur tettnuz ur trehhen ».
    Idem pour la demeure familiale.
    Idem pour l’importance religieuse de la sauvegarde de la lignée, de la famille.
    Etc.
    Nous sommes en bonne partie des latins qui s’ignorent. Nous nous somme auto-mutilés durant des siècles avec l’assista,ce assidue des imams.
    Nous préférons encore nous référer à la démocratie frelatées arrivés dans les containers marchands que de nous ressourcer dans la démocraties que nous partagions avec la cité grecque et celle romane.
    Nous sommes en partie latins même dans nos archaïsmes. Nous nous pouvons les dépasser faute de souveraineté. Archaïsmes que renforce l’islam pour s’infiltrer, pactisant dans une sorte d’une union sacrée de tout ce qui est rétrogrades en nous.
    Incapables de savoir qui nous sommes, qui nous ressemblent (il est vrai que le dernier colonialisme n’a pas aidé), nous nous sommes livrés aux sornettes des islamistes et de l’école qui nous racontent que l’islam nous libéré de l’esclavage romain, de nous mêmes en faite … c’est dire que nous méritons ce qui nous arrive.
    L’Espagne et le Portugal ne se seraient jamais libérés s’ils s’étaient enfermés dans une sorte « ibérisme » suffisant comme nous le faisons avec notre berbérisme exclusif. Une date, un nom de l’histoire suffisent; ils font l’affaire, nous dispensent de voir au delà de la colline.

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