29 septembre 2022
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Attention aux tensions sociales !!!

Abderrahmane Mebtoul

Attention aux tensions sociales !!!

Le rapport de la Banque d’Algérie de ce mois de février souligne que le taux de croissance a été seulement 2,2% en 2017 (contre 3,3% en 2016), couvrant à peine le taux de croissance démographique. La population algérienne a dépassé, selon l’ONS, 41 millions d’habitants en janvier 2017, la population active étant estimée à environ 11 millions et la demande additionnelle d’emploi en plus du stock de chômage actuel surestimée incluant les emplois rente non prédictifs ou à productivité très faible varie entre 300.000/350.000 demandes/an. Or le taux d’emploi est fonction du taux de croissance et des structures des taux de productivité, avec un changement notable dans le profil de la structure du taux de croissance avec l’avènement de la quatrième révoltons économique reposant sur l’économie de la connaissance. Ce qui, fait extrapoler selon le au FMI un taux de chômage de 13,2% en 2018. Car on ne crée pas de l’emploi par décret ou avec des sureffectifs dans l’administration : ce sont les entreprises publiques ou privées concurrentielles en termes de coût/qualité dans le cadre des valeurs internationales qui sont génératrices de création de valeur ajoutée.

Toujours pour la Banque d’Algérie dans sa note de conjoncture en date du 12 février 2018, sur les indicateurs économiques et financiers «la masse monétaire fiduciaire circulant dans l’économie jusqu’au 31 décembre 2017 était de 4780 milliards de dinars avec environ 2000 milliards de dinars thésaurisés chez les privés et/ou opérateurs économiques » soit environ 42%.

Pour éviter la confusion dans l‘analyse de la masse monétaire au niveau de la sphère informelle, l’on doit différencier la part normale que détiennent les ménages à usages personnels, du montant stocké à des fins spéculatives montrant que les différentes opérations entre 2008-2017 obligation de chèques pour 50.000 dinars, puis de 500.000 dinars et récemment l’emprunt obligataires ont été inopérantes , voire un échec n’ayant pas tenu compte de la culture de la société.

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Aussi, face à la situation actuelle caractérisée par des tensions sociales, la solution de facilité de certains de nos bureaucrates est de vouloir impliquer directement les forces de sécurité. Le gouvernement seul responsable de la gestion, doit être attentif à la fois aux nouvelles mutations sociales avec des intermédiations crédibles, loin du partage de la rente, au taux d’inflation réel corrigé des subventions et de l’injection de l’impact des 17 milliards de dollars en 2018 du financement non conventionnel et du taux de chômage corrigé des emplois rente et de sureffectifs. C’est que les économistes et les politiques, doivent reconnaître leurs limites ayant besoin de connaître les mouvements historiques, anthropologique et sociologique des forces politiques, économiques et sociales, souvent influencées par des acteurs externes, donc de connaître le fonctionnement de la société toujours en mouvement. L’objectif stratégique 2018/2025/2030 sera de dépasser le statu-quo actuel, la confusion qui prévaut entre les déclarations des différents responsables, pour éviter l’épuisement progressif des réserves de change, donnant un répit de trois ans.

Cacophonie en haut lieu

Actuellement, existe une véritable cacophonie concernant la politique économique comme en témoignent les déclarations contradictoires au plus haut sommet de l’Etat sur les subventions. Egalement absence d’une véritable politique industrielle ou par exemple pour le montage de voitures ou pour seulement moins de cinq constructeurs une valeur d’importations d’inputs purs près de 2 milliards de dollars en 2017 selon les statistiques douanières.

Avec une vitesse de croisière de 50.000 unités an (les normes internationales étant de 100.000/150.000 unités/an pour réduire les coûts) et en cas d’un taux d’intégration de 15/20% avec 20 constructeurs nous aurons un valeur d’importation qui dépassera largement 7/8 milliards de dollars par an, accélérant l’épuisement des réserves d change Faire peur et donner un tableau totalement noir de la situation de l’Algérie, ce sont des méthodes de gouvernance dépassées des bureaucrates en panne d’imagination des années 1970/1980. Nous sommes en 2018 et il faut dialoguer avec de nouvelles méthodes de concertation. Car la situation n’est pas celle des années 1990/1994 ou du chaos, qui a conduit au FMI. Elle peut être maîtrisable, sous réserve d’une planification stratégique, d’une plus grande rigueur budgétaire et d’une lutte contre le gaspillage et la corruption renvoyant à un nouveau mode de gouvernance, en fait à la moralité et à la crédibilité pour mobiliser la population. Aussi face aux tensions budgétaires et sociales, la seule solution, sont le dialogue productif et un débat national sur la future trajectoire de la politique socio-économique.

 

Auteur
Dr Abderrahmane Mebtoul

 




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