5 juillet 2022
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Avec Sinopec, Sonatrach ne ferait-elle pas du racolage contractuel ?

Sonatrach

Samedi 28 mai dernier, Sonatrach et la chinoise Sinopec Oil & Gas Limited (SOOGL), ont annoncé la signature d’un contrat de partage de production(PSC) concernant « un périmètre contractuel » situé à Zarzaitine dans le bassin d’Illizi à prés d’une soixantaine de kilomètres d’In Amenas.

Sonatrach a précisé dans ce communiqué que ledit contrat est passé sous l’égide de la nouvelle loi sur les hydrocarbures N°19-13. Cette annonce précise aussi le programme des travaux sur lequel le géant chinois s’est engagé de le faire et consiste à revamper la station existante du Gas Lift, procéder au forage d’une douzaine de nouveaux puits à raccorder  pour « compléter le développement » afin de valoriser les quantités des hydrocarbures en place en « augmentant le coefficient de récupération » de ce gisement.

Reprendre la complétion de six puits et surtout la maintenance des installations de surface existantes, récupérer le gaz torché et réduire les émissions de carbone. Le montant global que devrait débourser la chinoise avant le partage est estimé à 490 millions de dollars pour une récupération d’environ 95 millions de barils d’huile.

1-Jusqu’ici, c’est correct mais le partenaire y est dans ce périmètre depuis 20 ans

Alors ! Pourquoi bénéficie t-il des nouvelles dispositions fiscales de la nouvelle loi 19-13 alors qu’il y est dans l’ancienne 86-14 ? Ensuite, qualifier la relation entre Sonatrach et Sinopec d’historique et sans faille, c’est un peu osé et fallacieux car les deux partenaires se déchirent depuis plus d’une décennie parce que l’amont de Sonatrach juge le géant chinois trop mou et ne respecte pas ses engagements et le partenaire conteste la revalorisation de ses travaux pour un montant dépassant en 2010, les 400 millions de dollars.

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Il est difficile aujourd’hui d’imaginer pour le volume annoncé en partage de production que ce partenaire respecterait cette fois-ci ses engagements ?

Pourquoi cette forte médiatisation de ce contrat pour des réserves prises en compte déjà dans le portefeuille de Sonatrach et en total contradiction avec les objectifs de la loi 19-13 qui selon les engagements de Sonatrach ne devrait pas toucher les projets en développement et surtout servirait d’orienter les investisseurs vers les zones « frontier » qui représentent prés de 60% du domaine minier  Algérien vaste de 1750 000 km2.

2- Qu’en est-il dans les faits ?

Juste pour mémoire, le champ de Zarzaitine est découvert en 1959 avec le forage du ZR-301 puis mis en production en 1964 par la compagnie CREPS (Compagnie de Recherche et d’Exploitation du Pétrole au Sahara), repris par Sonatrach après la nationalisation des hydrocarbures le 24 février 1971. Les équipes de l’amont de Sonatrach l’exploitaient jusqu’au 2002 où le gisement de Zarzaitine, a été le troisième contrat d’association sur un gisement de pétrole brut après celui signé avec Arco (BP) et celui avec Amerada Hess sur le gisement El Gassi.

Il se trouve justement que le 14 octobre 2002, Sonatrach et Sinopec ont signé un contrat de développement du gisement de Zarzaitine à l’issue bien entendu de l’ouverture publique tenue 14 jours auparavant. Le coût du projet a été évalué à 525 millions de dollars supportés à hauteur de 75% par la société chinoise et les 25% restants par Sonatrach. Les travaux y sont presque les mêmes que ceux d’aujourd’hui sauf que la répartition s’est faite comme suit : 156 millions de dollars pour l’injection d’eau afin de drainer plus de réserves de pétrole brut et 369 millions de dollars pour l’injection de gaz. Cet accord note t- on porte sur un programme de forage de quarante et un puits et par cette amélioration du taux de récupération était prévue d’augmenter la production de ce gisement de 50%.

3- Pourquoi  Sinopec a trainé la patte dans ce projet ?

Une visite effectuée par le ministre de l’Energie dimanche 09 novembre 2008, soit près de 6 ans après la signature du contrat, a montré que la chinoise a pris beaucoup de retard d’abord dans l’échéancier d’investissements qui n’était à cette date que de 194 millions de dollars et par voie de conséquence le délai de réalisation des objectifs serait dépassé de très loin, par contre le partage au puits avait déjà commencé pour que Sinopec empoche 117 millions de dollars.

La conclusion de l’amont de Sonatrach ne s’est pas faite attendre : le partenaire a pris du retard mais n’a pas oublié de récupérer  ses investissements malgré les rappels à l’ordre de Sonatrach au partenaire pour accélérer les travaux  d’ailleurs en vain. Les retards constatés de visu sont éloquents : 11 000 m.3 au lieu de 25 000 m3 d’eau. Il a fallu encore un rappel par des avenants pour un nouvel investissement de 143 millions de dollars pour le renouvellement des installations de surface repris aujourd’hui en grandes pompes.

3- Question à 1 million de dollars

Nonobstant une analyse difficile des causes de cette tergiversation de Sinopec sur ce projet, pourquoi un partenaire défaillant hier ne le serait pas aujourd’hui ?

Rabah Reghis

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