14 avril 2024
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Ce qu’il a refusé hier, Bouteflika l’accepte aujourd’hui (I)

DEBAT

Ce qu’il a refusé hier, Bouteflika l’accepte aujourd’hui (I)

Bien avant sa première investiture en 1999, Abdelaziz Bouteflika a refusé en 1994 de répondre à l’appel de l’armée pour prendre la destinée du pays si l’on croit certaines indiscrétions et l’enquête qui lui a été consacrée par le magazine « Jeune Afrique » (01) le 4 août 2015, deux ans après son AVC.

Il est selon cet organe africain d’information «le seul politicien dans toute l’Afrique et le monde arabe à avoir entretenu des liens durables et étroits avec une ancienne puissance coloniale ». « Il ne cache pas son admiration pour De Gaulle et à chaque occasion, il cite Pierre Mendès-France».

A son arrivée en 1999 au pouvoir, le système politique reposait sur la base d’un consensus entre trois pôles de pouvoir : l’état-major des armées, les services de renseignement, la haute-bureaucratie d’Etat, formée par les nouveaux riches. Une fois au pouvoir, il a  cassé cette configuration politique, refusant d’être « un trois-quarts de président ».

Pour ne partager le pouvoir avec aucune de ces ailes, il a fait valoir ses prérogatives constitutionnelles, de chef suprême des forces armées pour restructurer les services du redoutable DRS en l’emputant du service de la communication, de la Direction de la sécurité de l’armée et de la police judiciaire.

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Les enquêtes judiciaires et les fameux dossiers sur les uns et sur les autres sont désormais entre les mains d’un homme de confiance, devenu vice-ministre de la Défense. Ce réaménagement s’est effectué avec une telle souplesse que même les principaux concernés reconnaissent l’avoir appris comme tous les Algériens par la presse.

En d’autres termes, il n’y a eu aucune résistance de la part de l’armée et ceci discrédite la thèse de la lutte de deux clans au pouvoir qu’ont développée certains analystes. Ce qui ressort de ces deux exemples : c’est quelqu’un qui n’aime pas être dirigé et ne veut pas s’imposer à un peuple qui ne le soutient pas. Il le dit lui-même à chaque occasion qui se présente : «Si je n’ai pas le soutien franc et massif de la population, je considère qu’elle est contente de sa médiocrité, alors je rentre chez moi ».  

Aujourd’hui, la situation a changé et il n’a pas 20 ans pour qu’un AVC évolue dans un sens positif comme il le reconnaît lui-même dans sa lettre à la nation. A la lecture minutieuse de cette dernière, combien même elle serait écrite par quelqu’un d’autre, son empreinte y présente si l’on recoupe ses discours et ses entretiens lorsqu’il était en forme. Ce n’est pas important de se casser la tête sur la source de sa rédaction car les plus grands leaders du monde dans les démocraties les plus mûres disposent des plumes pour rédiger leurs discours, donc cela n’est pas nouveau pour qu’on s’y attache outre mesure.

Par contre, l’analyse de son contenu reste désormais riche d’enseignements lorsqu’on le compare avec le parcours politique d’Abdelaziz Bouteflika.

Comment déduire que Bouteflika n’a pas voulu d’un cinquième mandat ? Pourquoi, par un cinquième mandat Bouteflika ne rendra pas service à la nation, comme on le lui laisse croire ? A suivre 

R. R.

Renvoi :

(01)- (01) Lire les détails dans ce dossier: https://www.jeuneafrique.com/mag/252791/politique/algerie-bouteflika-et-la-france/

 

Auteur
Rabah Reghis

 




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