Les membres du Conseil de la nation ont rejeté, ce jeudi, treize articles du projet de loi portant criminalisation du colonialisme français en Algérie.
Les dispositions concernées figurent parmi les plus sensibles du texte, notamment celles relatives aux questions de réparation et d’excuses officielles.
Les articles écartés sont les articles 1, 5, 7, 9, 10, 15, 16, 17, 18, 20, 21, 25 et 26. Selon la commission de la défense nationale, ces dispositions ne s’inscrivent pas dans l’orientation politique actuellement retenue par les autorités publiques.
La commission a justifié sa position par la nécessité de se conformer à la ligne nationale définie par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, laquelle privilégie la revendication de la reconnaissance des crimes coloniaux, sans lier cette démarche à des exigences de réparations financières ou de demandes d’excuses formelles.
Conformément aux dispositions de l’article 154, alinéa 6, de la Constitution, les articles faisant l’objet de divergences seront soumis à une commission mixte paritaire composée de représentants de l’Assemblée populaire nationale et du Conseil de la nation. Cette instance aura pour mission de proposer une nouvelle formulation des dispositions contestées.
Le texte révisé devra ensuite être soumis à l’approbation d’une commission paritaire constituée d’élus des deux chambres du Parlement dans les prochains jours, afin de trancher définitivement les points de désaccord entourant ce projet de loi à forte portée mémorielle et politique.
Samia Naït Iqbal


Ontarnous ? Ontarnous kane. C’est déjà ça. On évite au moins le grand numéro de théâtre où l’on exige des excuses comme on réclame un ticket de caisse perdu.
Parce que franchement, forcer quelqu’un à s’excuser… c’est déjà une performance. Mais le faire sans s’excuser soi-même de le forcer, c’est du cirque acrobatique.
Quant à l’indemnisation… alors qu’un accord clair disait que ce n’était pas sur la table… on touchait au vaudeville administratif. Il ne manquait plus que la porte qui claque et le ministre caché dans le placard.
Reste la fameuse « reconnaissance des crimes coloniaux ». Et là, je l’avoue, je tangue encore. On dirait un serveur qui vous apporte l’addition en vous demandant de reconnaître que vous avez mangé, mais surtout pas de payer. Une morale à points, version carte de fidélité.
Et dire qu’il n’y a pas si longtemps, un impétrant — aujourd’hui empêtré jusqu’aux amygdales — avait poussé le zèle encore plus loin, en proclamant que le colonialisme était un crime contre l’humanité.
Déclaration qui avait fait hurler ses compatriotes, persuadés depuis toujours que leur épopée coloniale était la plus grande œuvre humaniste depuis l’invention de la charité chrétienne.
Et pourtant, même ça, ce n’était pas assez. À l’époque, certains en voulaient encore davantage. À peine si on ne lui demandait pas de faire Dunkerque–Tamanrasset en rampant, avec un panneau « pardon » accroché dans le dos. On rallongeait la liste des exigences à mesure qu’il concédait, comme si la repentance était un abonnement premium avec options illimitées.
Et nous voilà aujourd’hui à demander moins que ce qu’il avait déjà offert spontanément. On revient à une version beta allégée, presque diététique, de la mémoire historique.
Ou alors… est‑ce voulu ? Une astuce ? une ruse de guerre , lasse. Un petit tour de passe‑passe diplomatique ? Parce que présenté comme ça, difficile d’imaginer comment Fafa pourrait refuser de s’excuser. On lui déroule presque le tapis rouge. On est tellement aimables qu’on finirait par s’excuser de lui demander de s’excuser.
Il y a peut‑être un gros lézard, oui. Une manœuvre subtile, un calcul discret, un « on demande moins pour obtenir plus ». Une stratégie du sourire : on retire les exigences, on adoucit le ton, on fait mine d’être raisonnables… et on laisse l’autre s’enfermer tout seul dans sa propre logique.
On est tellement gentils que ça en devient presque suspect.