19 juillet 2024
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Condamnation d’El Kadi Ihsane : la défense fera appel

El Kadi Ihsane
Le procès d’El Kadi Ihsane est celui de la presse libre

Le patron de presse algérien Ihsane El Kadi, poursuivi pour « financement étranger de son entreprise », a été condamné dimanche à cinq années de prison dont trois ferme, a annoncé le tribunal de Sidi M’Hamed à Alger qui a rendu son verdict en présence de l’accusé.

Le parquet avait requis cinq ans de prison ferme, assortis d’une interdiction d’exercer pour la même durée à l’encontre du dirigeant d’un des derniers groupes de presse indépendants d’Algérie, qui comprend Radio M et le site d’information Maghreb Emergent.

Le tribunal a également prononcé la dissolution de la société Interface Médias, éditrice des deux médias dirigés par M. El Kadi, la confiscation de tous ses biens saisis, et dix millions de dinars d’amende (plus de 68 000 euros) contre son entreprise.

La société a été condamnée également à dédommager l’Autorité de régulation de l’audiovisuel (ARAV ) à hauteur de un million de dinars (6 800 euros).

A titre personnel, il a écopé d’une amende de 700 000 dinars (environ 4 800 euros).

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« Nous allons faire appel de ce jugement dans les délais requis, selon l’accord préalable avec notre client », a indiqué Me Abdelghani Badi, un des avocats de la défense qui a boycotté l’audience.

Emprisonné depuis le 29 décembre, M. El Kadi, était accusé de « financement étranger de son entreprise », au titre de l’article 95 bis du code pénal.

Ce texte prévoit une peine de prison de cinq à sept ans pour « quiconque reçoit des fonds, un don ou un avantage… pour accomplir ou inciter à accomplir des actes susceptibles de porter atteinte à la sécurité de l’Etat, à la stabilité et au fonctionnement normal de ses institutions, à l’unité nationale, à l’intégrité territoriale. »

M. El Kadi est soupçonné « d’avoir reçu des sommes d’argent et des privilèges de la part de personnes et d’organisations dans le pays et à l’étranger afin de se livrer à des activités susceptibles de porter atteinte à la sûreté de l’Etat et sa stabilité », avait alors indiqué la Cour d’Alger.

Début janvier, 16 patrons de presse de divers pays, dont le prix Nobel de la paix Dmitri Mouratov, réunis par RSF, avaient appelé à sa libération et à lever les entraves « inadmissibles » visant ses médias.

M. El Kadi avait été placé en détention provisoire le 29 décembre dans le cadre d’une enquête pour collecte illégale de fonds et atteinte présumée à la sûreté de l’Etat, après quatre jours de garde à vue.

Au lendemain de son interpellation, le siège de l’agence Interface Médias avait été mis sous scellés et le matériel saisi.

L’arrestation de M. El Kadi et la mise sous scellés des bureaux des médias qu’il dirige ont suscité une vague de solidarité parmi ses collègues et les militants des droits humains en Algérie et en Europe.

Une pétition lancée par l’organisation Reporters sans frontières pour obtenir sa libération a recueilli plus de 10 000 signatures.

Un autre journaliste, Mustapha Bendjamaa, rédacteur en chef de l’hebdomadaire régional, Le provincial, est en détention depuis le 8 février dernier. Il a été arrêté et placé sous mandat de dépôt dans le cadre de la fuite en France de la militante Amira Bouraoui.

LM./AFP

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