1 octobre 2023
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Cooptation et corruption : les carburants du moteur autoritaire

Autoritarisme et corruption : les deux leviers du régime.

La corruption en Algérie est un problème persistant depuis de nombreuses décennies, et elle est souvent considérée comme étant liée à la nationalisation des hydrocarbures et à l’instauration d’un régime autoritaire fondé sur la cooptation des élites et responsables.

Pour mieux comprendre ce complexe dynamique, il y a eu la nationalisation des hydrocarbures en Algérie. Elle a eu lieu en 1971 et a nécessité un contrôle de l’état-major sur l’industrie pétrolière et gazière du pays. Si cette mesure avait pour objectif de garantir que les ressources naturelles du pays profitent au peuple algérien, elle a également créé un environnement propice à la corruption. La gestion centralisée des ressources a donné au gouvernement un pouvoir considérable pour répartir les contrats, les licences et les bénéfices liés aux hydrocarbures.

En Algérie, les hydrocarbures représentent une part écrasante des revenus nationaux. Les régimes autoritaires ont traditionnellement exercé un contrôle étroit sur l’accès à ces ressources, ce qui leur permet de distribuer des avantages économiques en échange de la loyauté politique.

Les contrats d’exploration, d’exploitation et de distribution des hydrocarbures sont souvent attribués à des individus et des entreprises liées au régime, favorisant ainsi la cooptation et la corruption. En tenant compte nant compte de ces facteurs, il devient clair que la corruption est liée aux ressources financières provenant des hydrocarbures en Algérie. Les revenus abondants issus de cette industrie permettent des opportunités pour les acteurs au pouvoir de maintenir le contrôle total sur le pays.

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Régime autoritaire par la cooptation. La relation entre un régime autoritaire et la pratique de la cooptation comme mode de désignation des responsables vise à prioriser la fidélité au régime plutôt que compétence.

Dans un régime autoritaire, les postes gouvernementaux, administratifs et économiques clés sont souvent attribués à des individus qui sont fidèles envers le régime en place.

La priorité est donnée à la fidélité politique plutôt qu’aux compétences ou à l’expérience professionnelle. Cela peut entraîner la nomination de personnes incompétentes pour des rôles importants, ce qui a un impact négatif sur l’efficacité des institutions. Les décisions prises par ces individus peuvent être biaisées et fondées sur des intérêts personnels plutôt que sur le bien-être de la société.

Les postes clés sont attribués en fonction de la loyauté plutôt que des compétences, cela peut affaiblir les institutions gouvernementales et administratives. Aucune structure étatique n’a de contrôle sur les attributions de postes clés. tout est centralisé au sein du clan au pouvoir.

Les personnes nommées peuvent manquer de connaissances techniques nécessaires pour prendre des décisions éclairées. Cela peut conduire à une mauvaise gestion des ressources, à la corruption et à une incapacité à répondre efficacement aux besoins de la population. La pratique de la cooptation peut encourager la corruption à tous les niveaux de la société. Finalement, on se rend bien compte que le système est verrouillé de l’intérieur par la corruption et la cooptation et de l’extérieur par les partenaires étrangers par la passation de contrats publics juteux.

La cooptation et la corruption sont des éléments intrinsèquement liés à un régime autoritaire. Les élites au pouvoir entretiennent des relations étroites avec des individus et des groupes fidèles en échange de faveurs économiques et de positions de pouvoir. Cela crée un cercle vicieux où la loyauté envers le régime est récompensée par des avantages, ce qui renforce la coopération et le soutien continu au pouvoir en place. Cependant, cette pratique crée des inégalités économiques, mine la confiance dans les institutions et entrave le développement durable du pays.

Les partenaires étrangers, tels que les entreprises internationales, peuvent profiter de l’opacité des procédures de passation de contrats publics en Algérie. Les négociations contractuelles peuvent manquer de transparence et de concurrence réelle, ce qui permet aux entreprises de conclure des accords avantageux pour elles-mêmes, parfois au détriment des intérêts nationaux.

Cette opacité favorise la corruption et permet aux entreprises de s’assurer des contrats à but lucratif. « Ce n’est pas la richesse ou la pauvreté qui posent problème mais l’origine de l’une comme de l’autre. Le problème n’est pas de perdre la partie mais de truquer le jeu. C’est la tricherie qui fait trébucher »

Dr A. Boumezrag

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